US Open : Zverev sur ses ambitions, « Je croyais que c’était possible, peu d’entre vous y croyaient »

Six ans après avoir laissé échapper le titre à l’US Open face à Dominic Thiem, Alexander Zverev va retrouver la finale à New York. Vainqueur de Karen Khachanov en trois sets (6-3, 7-6[7], 7-6[6]), l’Allemand a reconnu que la défaite de 2020 lui avait longtemps laissé des traces et fait douter de sa capacité à remporter un Grand Chelem.
Alexander Zverev s'est qualifié pour la finale de l'US Open 2026 (Garrett Ellwood/USTA via Getty Images) Alexander Zverev s'est qualifié pour la finale de l'US Open 2026 (Garrett Ellwood/USTA via Getty Images)
Alexander Zverev s'est qualifié pour la finale de l'US Open 2026 (Garrett Ellwood/USTA via Getty Images)

Alexander Zverev n’est plus qu’à une victoire d’un deuxième titre du Grand Chelem. Après Roland-Garros, remporté cette saison, et Wimbledon, où il s’était incliné en finale, l’Allemand disputera dimanche sa troisième finale majeure de l’année.

Pour y parvenir, le n°2 mondial a dominé Karen Khachanov en 2h56. Une victoire en trois manches qui ne raconte pourtant pas totalement la difficulté de la rencontre, les deux derniers sets ayant été décidés au jeu décisif.

« Tout sauf une victoire facile »

Alexander Zverev a lui-même insisté sur ce paradoxe quelques minutes après sa qualification.

« Une victoire en trois sets, mais tout sauf une victoire facile, d’une certaine manière. Il a incroyablement bien joué et incroyablement bien combattu dans les deuxième et troisième sets. »

Khachanov a notamment poussé l’Allemand dans ses retranchements lors des deux tie-breaks. Dans le deuxième, Zverev a dû remonter un retard de 3-5 avant de conclure sur un échange de 34 frappes. Dans le troisième, il s’est retrouvé mené 4-1 puis a sauvé deux balles de set à 4-6.

« Je pense qu’il est plus qu’évident qu’ils auraient pu basculer dans les deux sens. J’ai simplement joué quelques points mieux ici et là et je suis heureux de cette victoire. »

Zverev était passé à seulement deux points de l’élimination dès son premier tour avant d’avoir encore besoin de cinq manches au deuxième. Depuis, il n’a plus perdu le moindre set.

Une transformation qu’il juge lui-même spectaculaire.

« Je pense que l’amélioration a été assez spectaculaire pour moi, et c’est une très bonne chose parce que j’ai vraiment commencé le tournoi en étant déterminé, mais je me disais : “Eh bien, cela ne sert à rien parce que je ne vais rien faire ici.” Et me voilà assis ici à préparer la finale de dimanche. »

Le contraste lui rappelle presque son parcours jusqu’en finale de l’US Open 2020, à une différence près.

« Quand j’ai atteint la finale ici en 2020, je ne jouais pas bien, mais je n’ai pas bien joué pendant tout le tournoi. Cela n’a jamais changé, assez drôle. Et j’ai atteint la finale et j’étais à deux points de gagner. »

Six ans plus tard, son évolution au fil de la quinzaine a cette fois été radicale.

« Des choses comme ça peuvent arriver dans le sport et dans le tennis en général. Les choses peuvent changer très rapidement, positivement ou négativement. Pour moi, heureusement, cela a été dans le bon sens. »

Le souvenir de 2020 effacé par Roland-Garros

Cette nouvelle finale possède forcément une dimension particulière pour Zverev. En 2020, dans un Arthur Ashe Stadium vide en raison de la pandémie, il avait mené Dominic Thiem deux manches à zéro et un break avant de perdre au jeu décisif du cinquième set. Il avait même servi pour le titre.

Interrogé sur les traces laissées par cette défaite, Zverev n’a pas cherché à les minimiser.

« Oui, jusqu’à ce que je gagne à Paris. »

Son premier titre en Grand Chelem à Roland-Garros cette saison a changé son rapport à cet épisode.

« Je pense qu’il y avait des interrogations, des doutes sur le fait que j’en gagne un un jour, c’est certain. J’en ai parlé assez ouvertement auparavant. Mais maintenant que j’en ai gagné un, ça va. »

Le contexte sera également radicalement différent dimanche.

« À l’époque, bien sûr, c’était ma première finale de Grand Chelem. J’étais inexpérimenté. J’étais encore un jeune homme, je dirais. Maintenant, tout est simplement différent. »

Et cette fois, le stade sera plein.

« Je pense que ce sera une sensation fantastique de jouer une finale dans un Arthur Ashe plein à craquer et pas dans un stade vide. »

Après Roland-Garros, Zverev « en veut plus »

Le titre parisien n’a donc pas seulement permis à Zverev de débloquer son compteur en Grand Chelem. Il a aussi retiré une interrogation qui l’accompagnait depuis plusieurs années.

Mais l’Allemand refuse de considérer ce premier Majeur comme un aboutissement.

« Bien sûr, en gagner un était l’objectif ultime, mais maintenant nous en voulons plus. Nous voulons accomplir de plus grandes choses. »

Son année 2026 illustre cette nouvelle dimension. Finaliste à Roland-Garros, Wimbledon et désormais à l’US Open, il est devenu l’un des rares joueurs à atteindre une finale majeure sur les trois surfaces au cours d’une même saison.

Avec 24 victoires pour seulement deux défaites en Grand Chelem cette année, il s’est installé avec une régularité impressionnante dans les derniers rendez-vous.

« Je suis heureux de la manière dont cette année s’est déroulée jusqu’ici, mais j’ai encore un grand match dimanche et c’est là-dessus que je me concentre. »

« Je croyais que c’était possible »

Cette régularité prend également une autre dimension dans une saison marquée par Jannik Sinner et Carlos Alcaraz.

Lorsqu’on lui a fait remarquer qu’il avait disputé davantage de finales en Grand Chelem que les deux hommes cette année et qu’il pouvait même terminer la saison avec davantage de titres majeurs, Zverev a rappelé qu’il avait toujours cru à cette possibilité.

« Je pensais que… j’y croyais. Je croyais que c’était possible. Je pense que peu d’entre vous y croyaient. »

Il comprend néanmoins pourquoi les deux hommes concentraient autant l’attention.

« Je pense que la question était toujours : est-ce que Carlos et Jannik vont encore jouer les quatre finales de Grand Chelem l’un contre l’autre ? »

Il reste désormais une dernière marche. Zverev affrontera dimanche Ben Shelton ou Frances Tiafoe. Dans les deux cas, il devra tenter de conquérir son deuxième Grand Chelem face à un Américain soutenu par l’Arthur Ashe Stadium.

Une perspective qui ne l’inquiète pas.

« Pour moi, un public bruyant et énergique est toujours formidable tant qu’il reste fair-play et qu’il n’interrompt pas au milieu des points. J’apprécie toujours ce genre d’atmosphère. »

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