Blessée, absente à Madrid, Paula Badosa a accordé une interview bouleversante pour Eurosport Espagne. Elle y raconte la réalité brutale de sa blessure chronique au dos, les réveils dans la douleur, la peur quotidienne de ne plus pouvoir vivre normalement… mais aussi sa rage de continuer.
« Je signerais tout de suite pour gagner un Grand Chelem et me retirer le lendemain. »
Un corps qui lâche, une tête qui résiste
À 27 ans, l’Espagnole confie qu’elle souffre d’une hernie chronique, touchant désormais un nerf. Une douleur violente, parfois insoutenable, qui l’empêche parfois de mener une vie normale : « Il y a des jours où je ne peux même pas regarder la télévision tellement la douleur m’empêche de m’asseoir. Et pourtant, je continue, avec des infiltrations nocives, juste pour pouvoir espérer rejouer. »
Le spectre d’une retraite précoce
Lucide, Paula sait que son temps sur le circuit est compté : « Je me retirerai jeune. C’est acté. Le jour où plus rien ne fonctionnera, j’irai au bloc opératoire. Mais tant qu’il reste une chance, je continuerai. »
La pression des résultats ? Elle l’assume. Ce qu’elle accepte moins, ce sont les jugements extérieurs sur ses forfaits répétés : « Ça me touche énormément. Personne ne sait ce que je vis, ni ce que mon équipe endure à mes côtés. »

Une obsession : le Grand Chelem
Plus que jamais, Badosa reste habitée par le rêve d’un titre majeur. Elle en parle avec intensité, presque avec douleur : « C’est une obsession. Je ne l’avais jamais dit aussi clairement, mais c’est la vérité. »
Quand on lui propose un marché fictif – gagner Roland-Garros et arrêter – elle n’hésite pas : « Je le signe. Tout de suite. »
Et pourtant, elle reconnaît que le chemin, malgré tout, vaut la peine d’être vécu. Même si la récompense finale n’est pas au bout.
Une championne habitée par le doute et la flamme
Entre espoir, colère, épuisement, lucidité et résilience, Paula Badosa livre une vision profondément humaine de ce qu’est être athlète au plus haut niveau. Une vie d’exigence, de douleurs, mais aussi de grandeur dans l’adversité : « J’ai touché le fond plus d’une fois. Je me suis reconstruite. Je suis fière d’avoir été ce phénix. Même si je termine muette, je veux me dire que j’ai tout donné. »
Loin des projecteurs, Paula Badosa livre un témoignage d’une rare intensité. Une femme debout dans la tempête, encore animée par une obsession qu’elle assume : celle de conquérir son rêve de Grand Chelem, quitte à s’y brûler.
