Alexander Zverev n’a pas grand-chose à se reprocher dans le premier set. Tranchant, agressif, il impose son rythme à Novak Djokovic et empoche la manche initiale. Mais rapidement, les conditions changent. Le soleil se couche sur le court Philippe-Chatrier, la température chute, et l’Allemand perd peu à peu le contrôle du match.
Des débuts encourageants, puis le basculement
« Au premier set, quand le soleil n’était pas encore couché, j’avais l’impression d’arriver à faire des points gagnants, de pouvoir faire des dégâts avec mon service. »
La suite est plus délicate. Le froid s’installe, les balles deviennent plus lourdes, et Alexander Zverev, qui s’appuie beaucoup sur sa puissance, sent son efficacité diminuer. Djokovic, en revanche, s’adapte parfaitement et reprend la main.
« Ensuite, quand il s’est mis à faire beaucoup plus froid, il n’y avait plus grand-chose que j’arrivais à faire. »
Progressivement, Zverev entre dans un tunnel. Il ne parvient plus à faire mal à son adversaire du fond du court, ni à dominer l’échange. La frustration se lit sur son visage.
« À un moment, j’ai eu l’impression que je ne savais plus comment gagner des points du fond du court contre lui, qu’il avait des solutions face à beaucoup de ce que je faisais. »
Djokovic, toujours là où on ne l’attend pas
Si Alexander Zverev est forcément déçu, il n’a pas cherché d’excuse. Il reconnaît simplement être tombé sur un Djokovic inspiré, stratégiquement très juste, et sous-estimé par beaucoup.
« Je pense qu’aujourd’hui, il n’a pas la cote qu’il devrait avoir et je sais que c’est quand même assez ironique, mais beaucoup pensaient qu’il était déjà sur la touche. »
Le Serbe, pourtant critiqué ces derniers mois pour des performances en demi-teinte sur terre battue, a su hausser son niveau au bon moment. Zverev le rappelle : il l’a battu ici, mais aussi Carlos Alcaraz à l’Open d’Australie. Autant de preuves qu’il ne faut jamais l’écarter de l’équation. « Et même si on fait abstraction de son âge, ce sont de bons résultats pour n’importe quel joueur. »
Pour l’Allemand, Novak Djokovic mérite une reconnaissance plus constante, peu importe son âge ou ses creux de forme.
« Il continue à battre les meilleurs des meilleurs. Donc, je pense que nous devons tous lui donner le respect que ça mérite. »
Une leçon tactique difficile à digérer pour Alexander Zverev
Alexander Zverev a aussi insisté sur les aspects tactiques de la rencontre. Le froid a neutralisé sa première balle et sa puissance habituelle, l’empêchant de prendre l’avantage dans les rallyes. Il a eu le sentiment que, quoi qu’il tente, Djokovic avait une réponse.
« Il faisait très, très froid, donc la vitesse de mon service n’était pas très élevée… C’était difficile pour moi de trouver une ouverture dans le court, de trouver des façons de prendre le dessus dans les échanges longs, parce qu’il savait très bien neutraliser mon service. »
« J’ai aussi eu le sentiment qu’à chaque fois que j’essayais d’être agressif, que je tapais du fond du court, ça ne le dérangeait pas. »