Il a tout donné, mais cela n’a pas suffi. Jannik Sinner s’est incliné en cinq sets (6-4, 6-7, 6-4, 6-7, 7-6) et 5h29 de jeu face à Carlos Alcaraz, dans la finale la plus longue de l’histoire de Roland-Garros.
Malgré trois balles de match, le n°1 mondial n’a pas réussi à conclure. Quelques minutes plus tard, en conférence de presse, il a pris le temps de digérer l’émotion pour revenir sur ce moment.
Une défaite qui laisse des traces
« C’est difficile à accepter maintenant », a reconnu Sinner dès les premières questions. « Je suis quand même heureux d’avoir montré un grand niveau. En général, je suis content de mon tournoi, mais évidemment, cette défaite fait mal. J’ai essayé chaque jour de m’améliorer, de me mettre en condition pour jouer ce genre de matchs. Et aujourd’hui, c’était vraiment un match de très, très haut niveau. »
Trop d’occasions manquées
Sinner a rappelé les nombreuses chances qu’il a eues de conclure : « J’ai eu mes occasions. J’étais en tête d’un break dans le troisième. En tête d’un break dans le quatrième. J’ai eu trois balles de match. J’ai servi pour le match. Je suis revenu dans le cinquième. À 6-5, j’ai eu encore des opportunités. Donc oui, beaucoup d’occasions que je n’ai pas su exploiter. »
Le Transalpin a raconté comment il a vécu le moment où il avait servi pour le titre : « Oui, j’étais déçu. J’avais une balle de match, je servais pour le match. Mais je suis resté là, mentalement solide. Parfois, il y a des journées comme ça. Et tu ne peux rien y faire. Je ne lui ai rien donné. »
Une bataille physique
Alors qu’on lui rappelait ses précédents échecs dans les longs matchs, Jannik Sinner a rapidement nuancé : « Aujourd’hui, ce n’est pas comparable. Physiquement, je me sentais bien, même si j’étais évidemment fatigué. Mais Carlos aussi. C’était une vraie bataille physique et mentale. Il a eu ses moments, j’ai eu les miens. Mais aujourd’hui, ça s’est joué sur des détails. »
Il a analysé un moment-clé du match : « Je crois que j’ai bien commencé le troisième. Puis j’ai pris ce break directement… J’étais peut-être à 30-0 dans ce jeu-là, à 1-0. Si je fais 2-0, la physionomie change peut-être. Mais tu sais, maintenant, dire “si j’avais fait…” ne sert à rien. Sur balle de match, j’aurais pu tenter le coup droit. Mais bon… C’est le n°2 mondial. Il est le meilleur joueur sur terre en ce moment. Il a gagné son cinquième Grand Chelem. Il n’y a pas de surprise. »
L’UNE DES PLUS GRANDES FINALES DE L’HISTOIRE. 🤯
Il fallait deux immenses joueurs pour faire une si grande finale. ⭐️
🇪🇸 CARLOS ALCARAZ
🇮🇹 JANNIK SINNERLa première en Grand Chelem d’une longue série entre ces deux monstres.
5h29, merci messieurs. 👏pic.twitter.com/Q883TKJsbz
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) June 8, 2025
« Aujourd’hui, j’ai eu des occasions »
Comparée à d’autres défaites douloureuses, comme contre Novak Djokovic à Wimbledon 2022, celle-ci avait une saveur différente :
« Ce n’est pas la même chose. À Wimbledon, j’étais à un autre moment de ma carrière. Quand Novak a haussé le niveau, je n’avais pas de réponse. Aujourd’hui, j’ai eu des occasions. Et parfois, tu n’arrives juste pas à conclure », a déclaré le n°1 mondial.
« Tu ne peux pas continuer à pleurer »
Malgré la déception, Sinner a trouvé du réconfort dans son entourage : « Ma famille m’aide beaucoup. Mon père n’était même pas à Paris, il travaillait. Ça ne change rien. On est une famille simple. Ma mère était là, et j’imagine que mon père a regardé à la télé. »
Il a aussi confié avec émotion : « Je n’aurais jamais imaginé arriver jusque-là. Ce n’était même pas un rêve de gosse, ça semblait trop loin. Et aujourd’hui, j’ai joué la finale la plus longue de l’histoire de Roland-Garros. Ça fait mal, mais tu ne peux pas continuer à pleurer. Il faut avancer. »
« On produit un tennis spectaculaire »
Pour conclure, Jannik Sinner a pris un peu de recul sur la portée du moment : « Chaque rivalité est différente. À l’époque de Federer, Nadal, Djokovic, on jouait différemment. Mais aujourd’hui aussi, on produit un tennis spectaculaire. Et je pense que c’est une belle chose pour notre sport. Je suis heureux de faire partie de ça. Bien sûr, j’aurais été encore plus heureux avec le trophée dans les mains. Mais maintenant, on ne peut plus rien changer. »