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Andy Murray et la magie du Big Four : « C’était une époque incroyable pour le tennis »

Retraité depuis près d’un an, Andy Murray a accepté de se livrer dans un entretien accordée à GQ. De son rapport à la compétition à son regard sur le “Big Four”, le dernier Britannique à avoir soulevé le trophée de Wimbledon est revenu sur sa carrière.
Andy Murray s'est exprimé sur sa présence dans un éventuel Big 4 - (Image d'illustration - Shaun Brooks - CameraSport via Getty Images) Andy Murray s'est exprimé sur sa présence dans un éventuel Big 4 - (Image d'illustration - Shaun Brooks - CameraSport via Getty Images)
Andy Murray s'est exprimé sur sa présence dans un éventuel Big 4 - (Image d'illustration - Shaun Brooks - CameraSport via Getty Images)

Presque un an après avoir quitté la scène, Andy Murray n’éprouve ni nostalgie dévorante ni amertume. Il regarde sa carrière avec fierté. Pas encore coach, pas encore consultant — même s’il admet avoir refusé quelques offres —, Murray savoure l’instant.

Et sait qu’il a, à sa manière, changé le tennis britannique à jamais. L’ancien n°1 mondial s’est longuement exprimé lors d’un entretien avec le magazine GQ.

« Aujourd’hui, je suis juste un père »

Loin du tumulte des courts, Murray savoure un calme retrouvé : “Je ne fais pas grand-chose maintenant. Je suis un père, essentiellement.”

Ses enfants ? Ils pensent qu’il est… golfeur : “Ce qui n’est pas complètement faux en ce moment”, sourit-il. “Ils ne sont pas très impressionnés. L’un d’eux a vu un livre à l’école avec ma photo, mais sinon, ils ne s’en soucient pas vraiment.”

Un détachement qui tranche avec la dévotion totale qu’il a consacrée au tennis pendant deux décennies : “Je m’attendais à ce que ce soit difficile, d’arrêter. En fait, c’est le contraire. Peut-être parce que c’était le bon moment. Je n’ai pas de gros regrets. J’ai donné tout ce que j’avais.”

Une fin sans scénario hollywoodien

Son dernier match ? Un double perdu en quarts de finale des Jeux Olympiques avec Daniel Evans. Une sortie loin des standards “à la Federer”. Et pourtant, à ses yeux, c’était la bonne : “Je pouvais à peine sentir mon pied gauche. J’aurais aimé mieux jouer, mais avec le recul, c’était une belle façon de finir.”

Andy Murray aurait aimé une fin différente, bien sûr. Mais comme souvent dans sa carrière, la réalité s’est imposée. Pas de dernier titre en apothéose, mais une acceptation : “Quand j’ai gagné Wimbledon [en 2013], je me suis senti soulagé, pas heureux. Je n’ai pas assez savouré. Aujourd’hui, je regrette ça plus que le résultat en lui-même.”

Un nouveau regard sur ses accomplissements

Depuis sa retraite, Murray regarde son parcours avec davantage de bienveillance : “Quand j’étais jeune, mon rêve, c’était juste d’entrer dans le top 100. Tout ce qui est arrivé ensuite, c’est au-delà de mes rêves. Je suis fier. Fier des moments que j’ai pu offrir aux fans britanniques, même si je ne me rendais pas compte de ce que cela représentait à l’époque.”

Il confie avoir longtemps vécu dans une quête perpétuelle, insatisfait même après ses plus grandes victoires : “Quand j’ai gagné l’US Open, on me demandait déjà : ‘Quand va-t-il enfin gagner Wimbledon ?’ On ne prend jamais le temps de s’arrêter et de dire : ‘Waouh’.”

Kim, Judy, et les sacrifices

Sa femme Kim tient une place centrale dans son récit. Murray ne cache pas ce qu’il lui doit : “Quand on s’est mariés, notre lune de miel, c’était à Barcelone… pendant un bloc d’entraînement. Elle a sacrifié beaucoup. Je n’étais pas toujours agréable à vivre, mon humeur dépendait de mes matchs. Maintenant, j’essaie de rattraper tout ça.”

Et sa mère Judy ? “Pour mes enfants, elle est juste Nana. Mais elle reste celle qui m’a formé, et qui aujourd’hui joue avec mes enfants comme elle jouait avec moi : avec créativité, énergie et amour.”

“Le Big Four ? J’étais dans la conversation”

Interrogé sur sa place dans le fameux “Big Four”, avec Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, Andy Murray répond : “C’est toujours difficile, parce que je sais que ce que ces gars-là ont accompli est bien plus grand que tout ce que j’ai pu réaliser.”

Mais il explique aussi pourquoi ce terme a émergé : « Si les gens ont commencé à parler d’un ‘Big Four’, c’est parce que, dans chaque grand tournoi, que ce soit les Grands Chelems ou les Masters 1000, deux, trois ou quatre d’entre nous se retrouvaient toujours dans le dernier carré, à se battre pour remporter les plus grands titres. »

Il revient ensuite sur le tournant majeur qui l’a définitivement écarté de cette discussion : « Quand j’ai eu ma blessure à la hanche en 2017, j’étais n°1 mondial. Et malheureusement, je n’ai jamais pu retrouver ce niveau par la suite. »

Mais entre 22 et 29 ans, il faisait bien partie du gratin mondial : « Durant cette période, j’étais dans le coup sur la plupart des grands tournois avec ces gars-là. J’ai disputé des matchs incroyables contre chacun d’eux. Il y avait toujours une possibilité pour que je gagne, et d’une certaine manière, les fans de tennis qui ont suivi cette époque savent que c’était une période incroyable, car trois des meilleurs joueurs de tous les temps jouaient en même temps. J’étais le ‘+1’, malheureusement. »

Son premier triomphe à Wimbledon reste son plus grand exploit personnel : « Quand je repense au fait que, pour gagner Wimbledon, j’ai dû battre le meilleur joueur de l’histoire du tennis masculin, je suis fier d’avoir réussi à le faire. »

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