Au WTA 1000 Montréal, l’improbable s’est produit. Deux ans qu’elle n’avait plus remporté un match en simple. Deux ans d’ombre, de doutes, de reconversion au pickleball. Et pourtant, dans un Stade IGA en ébullition, Eugenie Bouchard a renversé le temps. Pour ce qui devait être son dernier tournoi, la Canadienne a triomphé d’Emiliana Arango (6-4, 2-6, 6-2), déclenchant une vague d’émotion sur les gradins… et dans son cœur.
UN COUP DE GENIE ✨
Pour son dernier tournoi, l’ancienne n°5 mondiale Eugenie Bouchard écarte Emiliana Arango (6-4, 2-6, 6-2) et se qualifie pour le deuxième tour au WTA 1000 de Montréal. 🔥🇨🇦
Son premier succès sur le circuit principal depuis 2023. 😲 pic.twitter.com/YSPWnhx5ga
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) July 29, 2025
« Si je gagne ici, je ne me retire pas », a-t-elle lancé avec malice après sa victoire. Une phrase à la fois provocatrice et touchante, qui illustre parfaitement la renaissance d’une joueuse que l’on croyait perdue pour le tennis.
Un retour sous haute tension
Interrogée après sa performance, Bouchard n’a pas caché sa surprise : « Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je me suis réveillée ce matin en me disant que je voulais juste me battre avec une bonne attitude, profiter. Et j’ai savouré chaque seconde. »
Face à une adversaire accrocheuse, elle a su puiser dans ses ressources mentales, oubliant le contexte, la pression, la symbolique du moment. « C’était une vraie bataille physique et mentale », a-t-elle reconnu, avec cette flamme dans le regard qu’on ne lui avait plus vue depuis longtemps.
Les souvenirs d’un passé glorieux
À chaque frappe, chaque point, Bouchard semblait revivre. « Mon esprit est retourné au Montréal d’avant, quand je jouais ici et que j’étais portée par la foule. J’ai retrouvé des sensations, des gestes que je n’utilise même plus au pickleball. Ils étaient toujours là, quelque part en moi. » Entre éclats de rire et clins d’œil à son passé glorieux, la joueuse de 30 ans s’est redécouverte joueuse… et vivante sur un court de tennis.

La peur de la fin ?
Consciente que la défaite signerait potentiellement la fin de sa carrière, Bouchard a tout fait pour évacuer cette pensée : « Je voulais jouer ce match comme un match normal, me concentrer sur chaque point. J’ai bloqué l’idée que ça pourrait être mon dernier. Et surtout, j’ai accepté de souffrir, parce que le tennis, c’est ça. Il faut aimer la douleur pour survivre. »
Portée par une foule entièrement acquise à sa cause, elle a su faire le tri entre les encouragements galvanisants et les distractions dangereuses. « Il y a eu des moments où j’ai dû me fermer au bruit, comme si chaque point était banal. »
Bencic en ligne de mire
Le prochain défi ? Belinda Bencic. Et pas n’importe où : à Montréal, dix ans après leur confrontation à Toronto. « C’est amusant, on s’est affrontées ici en 2015, et elle avait gagné le tournoi. Elle aime prendre la balle tôt, changer les directions… Je vais devoir bien me préparer. Mais je suis impatiente. »