Eugénie Bouchard : « Si je gagne ici, je ne me retire pas »

Annoncée sur le départ, Eugenie Bouchard a renversé le scénario à Montréal. Après deux ans sans victoire en simple, la Canadienne a brillé devant son public en battant Emiliana Arango au premier tour du WTA 2025. Dans une ambiance électrique, elle repousse sa retraite et retrouve des sensations qu’elle croyait oubliées. La dernière danse pourrait bien durer un peu plus longtemps.
Eugénie Bouchard, du Canada, célèbre sa victoire contre Emiliana Arango, de Colombie, lors de son match du premier tour du tournoi de tennis National Bank Open à Montréal, le lundi 28 juillet 2025. (Crédit : Christopher Katsarov/La Presse canadienne via AP) Eugénie Bouchard, du Canada, célèbre sa victoire contre Emiliana Arango, de Colombie, lors de son match du premier tour du tournoi de tennis National Bank Open à Montréal, le lundi 28 juillet 2025. (Crédit : Christopher Katsarov/La Presse canadienne via AP)
Eugénie Bouchard, du Canada, célèbre sa victoire contre Emiliana Arango, de Colombie, lors de son match du premier tour du tournoi de tennis National Bank Open à Montréal, le lundi 28 juillet 2025. (Crédit : Christopher Katsarov/La Presse canadienne via AP)

Au WTA 1000 Montréal, l’improbable s’est produit. Deux ans qu’elle n’avait plus remporté un match en simple. Deux ans d’ombre, de doutes, de reconversion au pickleball. Et pourtant, dans un Stade IGA en ébullition, Eugenie Bouchard a renversé le temps. Pour ce qui devait être son dernier tournoi, la Canadienne a triomphé d’Emiliana Arango (6-4, 2-6, 6-2), déclenchant une vague d’émotion sur les gradins… et dans son cœur.

« Si je gagne ici, je ne me retire pas », a-t-elle lancé avec malice après sa victoire. Une phrase à la fois provocatrice et touchante, qui illustre parfaitement la renaissance d’une joueuse que l’on croyait perdue pour le tennis.

Un retour sous haute tension

Interrogée après sa performance, Bouchard n’a pas caché sa surprise : « Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je me suis réveillée ce matin en me disant que je voulais juste me battre avec une bonne attitude, profiter. Et j’ai savouré chaque seconde. »

Face à une adversaire accrocheuse, elle a su puiser dans ses ressources mentales, oubliant le contexte, la pression, la symbolique du moment. « C’était une vraie bataille physique et mentale », a-t-elle reconnu, avec cette flamme dans le regard qu’on ne lui avait plus vue depuis longtemps.

Les souvenirs d’un passé glorieux

À chaque frappe, chaque point, Bouchard semblait revivre. « Mon esprit est retourné au Montréal d’avant, quand je jouais ici et que j’étais portée par la foule. J’ai retrouvé des sensations, des gestes que je n’utilise même plus au pickleball. Ils étaient toujours là, quelque part en moi. » Entre éclats de rire et clins d’œil à son passé glorieux, la joueuse de 30 ans s’est redécouverte joueuse… et vivante sur un court de tennis.

La Canadienne Eugenie Bouchard renvoie une balle lors de son match du premier tour contre la Colombienne Emiliana Arango, lors du tournoi de tennis Open Banque Nationale à Montréal, le lundi 28 juillet 2025. Crédit : The Canadian Press/Alamy Live News
La Canadienne Eugenie Bouchard renvoie une balle lors de son match du premier tour contre la Colombienne Emiliana Arango, lors du tournoi de tennis Open Banque Nationale à Montréal, le lundi 28 juillet 2025. Crédit : The Canadian Press/Alamy Live News

La peur de la fin ?

Consciente que la défaite signerait potentiellement la fin de sa carrière, Bouchard a tout fait pour évacuer cette pensée : « Je voulais jouer ce match comme un match normal, me concentrer sur chaque point. J’ai bloqué l’idée que ça pourrait être mon dernier. Et surtout, j’ai accepté de souffrir, parce que le tennis, c’est ça. Il faut aimer la douleur pour survivre. »

Portée par une foule entièrement acquise à sa cause, elle a su faire le tri entre les encouragements galvanisants et les distractions dangereuses. « Il y a eu des moments où j’ai dû me fermer au bruit, comme si chaque point était banal. »

Bencic en ligne de mire

Le prochain défi ? Belinda Bencic. Et pas n’importe où : à Montréal, dix ans après leur confrontation à Toronto. « C’est amusant, on s’est affrontées ici en 2015, et elle avait gagné le tournoi. Elle aime prendre la balle tôt, changer les directions… Je vais devoir bien me préparer. Mais je suis impatiente. »

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