Elles n’ont jamais connu la victoire dans l’Ohio, pas même la finale. Iga Swiatek, Elena Rybakina, Jasmine Paolini et Veronika Kudermetova composent pour la première fois le dernier carré de ce WTA 1000 de Cincinnati, qui précède la grande échéance de la fin de l’été, l’US Open (du 24 août au 7 septembre).
Si les deux premières étaient pressenties à ce stade de la compétition et ont confirmé les attentes, les deux autres ont passé les tours en silence, prenant de l’ampleur au fil du tournoi et profitant des éliminations d’autres grosses joueuses du circuit.
JOUR DE DEMI-FINALES 🌟
🕛 19h00
SWIATEK ⚡️ RYBAKINA🕛 Pas avant 21h00
KUDERMETOVA ⚡️ PAOLINIQui voyez-vous en finale du WTA 1000 de Cincinnati ? 🔮 pic.twitter.com/po8SFagBke
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) August 17, 2025
Où regarder le WTA 1000 de Cincinnati ?
- France : beIN Sports
- International : WTA TV
Programmation complète à Cincinnati :
- Court Central – 19h00 : Elena Rybakina (n°10) vs Iga Swiatek (n°3)
- Pas avant 21h00 : Veronika Kudermetova (n°36) vs Jasmine Paolini (n°9)
Elena Rybakina – Iga Swiatek : les deux meilleures joueuses du tournoi face-à-face
Head-to-head : 4 victoires pour Rybakina, 5 victoires pour Swiatek
Dernier affrontement : victoire 1-6, 6-3, 7-5 de Swiatek en 1/8 de finale de Roland-Garros 2025
Temps passé sur le court : 8h20 pour Rybakina, 4h20 pour Swiatek
Demi-finaliste des deux tournois qu’elle a disputés lors de cette tournée américaine (Washington et Montréal), Elena Rybakina poursuit son retour au premier plan. À Cincinnati, la Kazakhe est arrivée avec un réel statut d’outsider, logique au vu de ses récentes performances.
Pourtant, le chemin vers le dernier carré n’a pas été aisé, la n°10 mondiale a dû remonter un set sur trois de ses quatre matchs. Rybakina a alors affiché une grosse force mentale pour inverser la tendance.

Dans le jeu, elle s’appuie premièrement sur son service, certainement le meilleur du circuit et qui répond présent depuis le début du tournoi. Lorsque sa première balle passe, c’est quasiment gagné (79,5% de points gagnés derrière sa première sur le tournoi).
Rybakina capitalise aussi sur son excellente distribution du fond du court, et sa science du placement qui compense des déplacements plus lents que la moyenne, en raison de sa taille. Si elle joue la plupart de ses balles à plat, elle arrive également à varier en rentrant dans le terrain pour déposer de belles amorties, après avoir sorti son adversaire du court.
S’il y a bien un match où Rybakina a été en mesure de mettre tout cela en pratique, c’est contre la n°1 mondiale et championne en titre, Aryna Sabalenka. La Biélorusse n’a pas existé, subissant les mines au service et les ogives côté coup droit et surtout côté revers, la laissant à plusieurs mètres de la balle.
Si Elena Rybakina venait à reproduire cette performance, il pourrait y avoir match avec la Polonaise. La question sera aussi de savoir si elle arrive à tenir face à une Iga Swiatek plus fraîche physiquement, d’autant plus avec la chaleur étouffante de Cincinnati.

Titrée à Wimbledon mi-juillet, Iga Swiatek a vu son retour sur dur être stoppé prématurément à Montréal, dès les huitièmes de finale, face à une Clara Tauson presque injouable ce soir-là. Mais la n°3 mondiale s’est remise en selle rapidement et depuis le début du tournoi ici à Cincinnati, c’est bien elle qui a fait la meilleure impression dans le contenu.
La Polonaise impose une certaine intensité à ses adversaires, avec beaucoup de volume dans ses frappes, qu’elle prend d’ailleurs très tôt. En ajoutant les conditions extrêmes liées à la chaleur, il est quasiment impossible de résister à la pression exercée par Iga Swiatek. Son revers fait de gros dégâts, que ce soit pour diriger et réaccélérer l’échange, ou pour le conclure, froidement.

Au service, la sextuple championne en Grand Chelem est imperturbable (seulement quatre breaks concédés), ce qui rend la tâche encore plus compliquée. Face à Elena Rybakina, elle devrait utiliser majoritairement le service au corps car la Kazakhe n’est pas, par sa taille, l’une des joueuses les plus mobiles du circuit.
Elle a déjà commencé à s’y essayer lors de son opposition contre Anna Kalinskaya, avec succès. Swiatek devra emmener Rybakina dans des échanges éprouvants et ainsi faire valoir sa fraîcheur physique, elle qui a joué 4h de moins que son adversaire.
Veronika Kudermetova – Jasmine Paolini : personne ne les attendait en demi-finale
Head-to-head : 3 victoires pour Kudermetova, 1 victoire pour Paolini
Dernier affrontement : victoire 6-3, 6-2 de Kudermetova au 1er tour de Cincinnati 2021
Temps passé sur le court : 8h35 pour Kudermetova, 7h01 pour Paolini
Cela faisait deux ans que Veronika Kudermetova n’avait pas atteint une demi-finale en WTA 1000 (à Rome, contre Kalinina). Déjà intéressante à Montréal où elle n’était pas passée loin d’éliminer Coco Gauff, la Russe a confirmé sa bonne forme à Cincinnati.
Ex-membre du top 10, elle joue avec confiance, ce qui lui permet de développer son jeu très agressif sans effectuer trop de fautes, ce qui lui fait habituellement défaut.

Très à l’aise avec son revers, qu’elle utilise même en décalage, elle enfonce ses adversaires et les fait reculer le plus loin possible derrière leur ligne de fond. Pas fan des longs échanges, elle écourte au maximum et n’hésite pas à monter au filet pour conclure avec des volées liftées.
Connue pour avoir un mental fluctuant, Kudermetova est très solide depuis le début du tournoi. On a pu le constater lors de son match face à Clara Tauson où elle a frôlé de peu l’élimination dans le tie-break du deuxième set.
Hormis lors de cette rencontre, elle n’a pas concédé le moindre set. Pour cause, il en faut énormément pour aller chercher son service et au retour, elle laisse très rarement passer sa chance.

Face à Jasmine Paolini, Veronika Kudermetova devra faire preuve de patience. L’Italienne tient les échanges dans la durée et vouloir se précipiter pourrait être préjudiciable.
Sans un bruit, Jasmine Paolini a composté son billet pour les demi-finales de Cincinnati. En crise de résultats depuis la fin de saison sur terre battue, l’Italienne commençait à inquiéter.
Mais une chose est sûre avec Paolini, elle sait flairer les opportunités, même quand son niveau de tennis n’est pas exceptionnel. À Cincinnati, elle n’impressionne pas mais c’est elle qui repart à chaque fois avec la victoire, toujours avec le sourire.

Ce qui est affolant avec Paolini, c’est sa capacité à recomposer en faisant abstraction des points précédents. Elle sait faire le dos rond, sans subir trop longtemps, pour ensuite reprendre le momentum.
Également, elle s’adapte à merveille aux aléas d’un match de tennis et cerne parfaitement les lacunes de ses adversaires, en faisant évoluer son jeu en conséquence. La n°9 mondiale n’est pas la joueuse la plus puissante du circuit mais sa rigueur à l’échange et la lourdeur de ses coups peuvent être intenables.
Contre Coco Gauff en quarts, c’est de cette manière qu’elle a pu venir à bout de l’Américaine. Dominée outrageusement durant le premier set, elle s’est réadaptée en mettant plus de profondeur dans ses frappes et en enfermant Gauff côté coup droit, ce qui s’est avéré payant.

Face à Veronika Kudermetova, Jasmine Paolini aura encore affaire à une joueuse dont le revers est le coup fort. Le chemin vers la victoire se trouvera dans son habileté à tenir le duel en revers avant de trouver l’ouverture côté coup droit et ainsi s’offrir la possibilité de mettre à mal la Russe.
Sa régularité dans l’échange sera aussi un atout contre une joueuse qui peut craquer après plusieurs frappes intenses.