Interrogé sur son regard vis-à-vis du double, Alexander Bublik s’est montré catégorique : « Parfois le double t’ennuie, parce que d’une certaine manière ce n’est pas du vrai tennis. C’est pour ceux qui ne peuvent pas jouer en simple : ils font du double, puis passent au padel ou au pickleball. »
Ces propos ont été recueillis lors d’une interview accordée au média hispanophone CLAY, publiée initialement en anglais sur le site Bounces.
S’il reconnaît y participer à l’occasion, ce n’est jamais dans une optique compétitive : « J’aime le jouer comme entraînement, pour travailler les retours ou partager avec quelqu’un que j’apprécie. Mais le prendre au sérieux ? Sauf pour l’argent, si quelqu’un a besoin de revenus supplémentaires, je n’y vois pas de raison. »
Une finale de Grand Chelem « inutile »
En 2021, Bublik avait atteint la finale du double à Roland-Garros. Pourtant, il relativise totalement cette performance : « J’ai été finaliste en Grand Chelem, et alors ? Je ne sais même pas où est ce trophée. Il est inutile. C’est comme être champion de padel. »
À ses yeux, un succès en simple dans un tournoi du circuit secondaire vaut davantage : « Pour moi, un titre Challenger à Turin est plus important qu’une finale de double à Roland-Garros. C’est plus difficile. À Paris, j’ai joué le double pour rire, et j’ai fini en finale d’un Grand Chelem. »

Supérieur aux spécialistes ?
Avec son franc-parler habituel, Bublik n’hésite pas à provoquer : « Je suis meilleur que la moitié des spécialistes du double, qui n’ont jamais atteint une finale de Grand Chelem. Imagine si j’avais gagné ! Je pourrais leur dire : “Les gars, vous ne savez même pas jouer au tennis”. »
Et il admet le dire directement aux joueurs concernés : « Quand quelqu’un me dit : “Je suis joueur de double”, je réponds : Tu as une finale de Grand Chelem ? Non. Moi oui. Alors qui est le vrai joueur de double ? »
Toutefois, il nuance son jugement selon l’attitude de chacun. Il dit respecter ceux qui assument leur reconversion après avoir échoué en simple, comme Andrea Vavassori ou Simone Bolelli. En revanche, il juge « délirant » que certains joueurs de double se considèrent au même niveau que les meilleurs joueurs de simple.
Pour Alexander Bublik, le double reste une discipline secondaire, qu’il considère parfois comme un simple « entraînement déguisé ». Ses propos, crus mais assumés, reflètent sa personnalité atypique sur le circuit : iconoclaste, désinvolte et toujours prêt à remettre en cause les conventions du tennis.