« Rester calme, quoi qu’il arrive », Valentin Royer mise son mental pour devenir meilleur

Facile vainqueur de Corentin Moutet lundi en demi-finales du tournoi de Hangzhou, Valentin Royer a expliqué qu’une partie de ses bonnes performances était le résultat de sa gestion du calme dans les moments chauds, sans cacher qu’il s’inspirait de ce qui se fait de mieux sur le circuit.
Valentin Royer est accompagné par un préparateur mental. (Marek Janikowski/Icon Sport via Getty Images) Valentin Royer est accompagné par un préparateur mental. (Marek Janikowski/Icon Sport via Getty Images)
Valentin Royer est accompagné par un préparateur mental. (ATP Tour)

Regard froid et tourné vers son entraîneur, Valentin Royer le sait : même s’il vient d’empocher la première manche contre Corentin Moutet, la partie est loin d’être terminée. Son compatriote est en effet connu pour sa capacité à retourner des matches de manière inattendue grâce à son jeu fantasque.

Quarante minutes plus tôt déjà, il n’a pas tremblé au moment de sauver deux balles de break dès son premier jeu de service. C’est bien l’une de ses forces : le Francilien garde son calme, jette quelques coups d’œil vers son box, puis repart à la bataille.

Finalement, c’est ce qui fera la différence face à son compatriote. Frustré de ne pas réussir ses coups, le 39e joueur mondial s’est enfoncé dans le noir, tandis que Royer, lui, n’a jamais rien lâché, sans jamais se voir gagner avant le dernier point. Une habitude qu’il cultive depuis longtemps.

Une capacité à rester concentré sur le présent

Au micro du speaker sur le court central après son succès, Valentin Royer a longuement évoqué cette capacité à rester calme au cours d’un match : « Parfois, il m’arrive de crier sur le court mais je préfère garder cette énergie pour être concentré dans les moments chauds. Ce n’est vraiment pas grand-chose, parfois ça représente deux ou trois points. Hier, contre Learner Tien, c’était peut-être trois ou quatre points. »

Le haut niveau se joue beaucoup sur des détails, et la capacité à maintenir son calme et à gérer son stress, comme peuvent le faire les meilleurs joueurs du monde, l’a beaucoup aidé : « Quand on voit les meilleurs joueurs du monde, quand on voit Carlos Alcaraz, Jannik Sinner, ils sont toujours tellement calmes. J’essaie simplement d’imiter les plus grands de notre sport. »

Rester calme, quoi qu’il arrive

Lundi, et après avoir remporté le premier set, ou même après avoir réussi à breaker dans le deuxième, Valentin Royer aurait pu dérailler. Il aurait pu se dire que le match était gagné et que son adversaire n’y était plus. « Le mot d’ordre, c’était de rester calme quoi qu’il arrive sur le terrain. J’ai bien réussi à le faire. Je me suis facilité le match, a détaillé Royer à L’Équipe. »

« Lui n’a pas joué le meilleur tennis de sa vie. Ça arrive. Moi, j’ai bien réussi à rester dans ma bulle. À garder la pression tout au long du match. À rester froid selon les différentes circonstances du match. S’il y a une chose à garder, c’est que j’ai bien réussi à gérer l’événement. Parce que c’était une première pour moi, encore une première, avec cette demi-finale sur le circuit. »

« J’avais envie de passer un cap là-dessus cette année » – Valentin Royer

Accompagné au quotidien par un préparateur mental, Valentin Royer a beaucoup travaillé pour réussir à rester concentré durant l’entièreté d’une rencontre. « Ça n’a pas toujours été comme ça, s’amusait-il après le match. J’ai cassé des raquettes, j’ai pété des câbles, j’ai insulté la terre entière sur les terrains ! J’avais envie de passer un cap là-dessus cette année. »

« Si tu commences à te faire des films, t’es mort »

Lundi, après avoir de nouveau battu sa troisième tête de série de la semaine, Royer parvient à rester lucide. « Il n’y a rien d’acquis, analyse-t-il. Peut-être que demain, il y aura quelque chose qui va essayer de me faire dégoupiller. Ce sera un nouveau challenge. »

« Avec mon préparateur mental, on a énormément bossé sur cet aspect : rester sur l’instant présent, expliquait-il à Tennis Legend durant l’Open d’Australie. Si tu commences à te faire des films sur ton jeu, “Je suis capable de faire ça, de faire ci”, t’es mort en fait. Tu vas commencer à prendre tout le monde de haut. Du coup, tu n’es plus concentré sur le moment présent. Tu te mets des espèces de barrières virtuelles tout seul. J’essaye juste de vivre au jour le jour, de voir ce dont je suis capable et de donner le meilleur de moi-même jour après jour. »

Contre Alexander Bublik, mardi, Royer devra une nouvelle fois faire preuve d’un calme olympien pour espérer soulever le premier titre ATP de sa carrière.

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