Depuis plusieurs mois, le circuit féminin fait face à une inquiétante montée des comportements intrusifs et agressifs envers les joueuses. Après Emma Raducanu ou encore Iga Swiatek, c’est désormais Eva Lys, dans un entretien pour Die Zeit, qui brise le silence.
« Ils décrivent comment ils violeraient ma mère ou tueraient ma famille »
« Certains ont réussi à obtenir les adresses des hôtels et même les numéros de chambre », raconte Lys. « Ça dépassait toutes les limites. » Face à la menace, elle explique avoir dû mettre en place des mesures de sécurité avec la WTA.
La joueuse de 23 ans décrit également la violence quotidienne des messages reçus en ligne, un phénomène qu’elle subit depuis l’adolescence : « Après chaque défaite. Mille messages de haine directement dans ma boîte », dit-elle. « Ils décrivent en détail comment ils violeraient ma mère ou tueraient ma famille. Malheureusement, c’est le quotidien. » La majorité de ces attaques provient de parieurs déchaînés.
Longtemps, on lui a dit d’ignorer : « Mais si tu n’en parles pas, rien ne changera jamais », affirme Lys, qui publie parfois les pires messages sur ses réseaux afin d’exposer la réalité. Elle avoue aussi éviter Instagram juste après ses matchs : « Je sais ce qui m’y attend. »
Des situations qui se répètent
Ces révélations interviennent quelques mois après l’affaire Raducanu qui avait vécu une scène similaire à Dubaï. La Britannique avait dû interrompre son match en réalisant qu’un homme qui la suivait depuis plusieurs semaines — présent aussi à Singapour, Abu Dhabi et Doha — se trouvait dans les tribunes. « Je ne voyais plus la balle à travers mes larmes, je pouvais à peine respirer », avait-elle confié. L’individu avait été expulsé puis banni des tournois WTA.
Lys envisage désormais de signaler certains messages aux autorités. Une décision qui pourrait pousser le circuit à accélérer la mise en place de protections renforcées pour les joueuses. Un signe de plus d’un problème qui prend de l’ampleur, dans un contexte où la WTA constate chaque année des milliers de messages hostiles et plusieurs centaines de joueuses visées par des propos violents.