Entre suspension et triomphes : le récit d’une saison 2025 aussi étincelante que mouvementée pour Jannik Sinner

À 24 ans, Jannik Sinner continue de marquer les esprits. Après une saison 2024 stratosphérique, 2025 a été tout aussi impressionnante, malgré plusieurs contretemps. Retour sur une année mouvementée pour le prodige italien.
Jannik Sinner a remporté pour la deuxième année consécutive les ATP Finals. (Getty Images) Jannik Sinner a remporté pour la deuxième année consécutive les ATP Finals. (Getty Images)
Jannik Sinner a remporté pour la deuxième année consécutive les ATP Finals. (Getty Images)

Jannik Sinner a une nouvelle fois marqué le tennis mondial cette année. Deux titres du Grand Chelem, une fin de saison en apothéose chez lui à Turin… mais aussi des passages plus délicats, entre suspension et regain de forme.

Six titres, deux Grands Chelems : Une année bien remplie

Jannik Sinner a débuté sa saison sur les chapeaux de roues. Grand favori à sa propre succession à Melbourne, l’Italien n’a pas failli à la défense de son titre. En effet, il a enchaîné un 21e succès consécutif toutes compétitions confondues pour remporter son deuxième Open d’Austalie en dominant sans difficulté Alexander Zverev (6-3, 7-6, 6-3).

Alors qu’il était sur sa lancée, le n°1 mondial de l’époque a été suspendu trois mois pour négligence, interrompant temporairement sa saison. La sanction faisait suite à deux contrôles positifs au clostébol en mars 2024. Le Transalpin a fait son retour chez lui à Rome, mais nous reviendrons sur ce sujet plus tard, car c’est bien à Wimbledon qu’il a soulevé son deuxième trophée de la saison.

Six mois après son sacre à Melbourne, Jannik Sinner a dominé Carlos Alcaraz contre qui il avait perdu les cinq derniers matchs. Malgré la perte du premier set, l’Italien est devenu le 23e joueur de l’Ère Open à inscrire son nom au palmarès du Grand Chelem londonien (4-6, 6-4, 6-4, 6-4).

Avec ce nouveau trophée, le joueur de 24 ans a remporté son quatrième titre du Grand Chelem.

Jannik Sinner s'est imposé à Wimbledon pour la première fois de sa carrière (ITF)
Jannik Sinner s’est imposé à Wimbledon pour la première fois de sa carrière (ITF)

Par la suite, Sinner a remporté l’ATP 500 de Pékin face à Learner Tien (6-2, 6-2), puis l’ATP 500 de Vienne face à Alexander Zverev (3-6, 6-3, 7-5).

C’est la deuxième fois qu’il s’imposait en Autriche après 2023, lui qui est pour le moment invaincu là-bas. Mais le n°2 mondial ne s’est pas arrêté en si long chemin puisqu’il a également remporté le Masters 1000 de Paris, une véritable démonstration sans perdre le moindre set, dominant Felix Auger-Aliassime en finale (6-4, 7-6).

Tenant du titre, il est arrivé au Masters de Turin fort d’une série de dix victoires consécutives. À domicile, il n’a pas perdu un set, comme en 2024, dominant son rival direct en finale (7-6, 7-5) pour terminer sa saison en apothéose. La continuité d’une longue suprématie en indoor (31 victoires à la suite) qui dure depuis le Masters 2023, où il s’était incliné en finale face à Novak Djokovic.

Suspension, finale de Roland-Garros : Les points noirs de sa saison

Le 15 février 2025 restera dans l’histoire du tennis moderne. Ce samedi-là, la planète sport vit un véritable séisme : le n°1 mondial, tout juste vainqueur de l’Open d’Australie, est suspendu trois mois. Alors qu’il était présent à Doha pour disputer le tournoi, Jannik Sinner lui-même a accepté un accord avec l’Agence mondiale antidopage (AMA).

La sanction faisait suite à deux contrôles positifs au clostébol, un stéroïde anabolisant, détecté en mars 2024. Après avoir fait appel avec succès d’une suspension provisoire et avoir été blanchi de toute faute ou négligence par un tribunal indépendant, Sinner a finalement trouvé un compromis avec l’AMA.

Alors qu’une suspension d’un à deux ans avait été envisagée, l’accord de trois mois lui a permis de ne rater aucun tournoi du Grand Chelem et de reprendre sa saison chez lui à Rome, où il s’est incliné en finale face à Carlos Alcaraz (7-6, 6-1).

Un schéma qui s’est répété à Roland-Garros. Dans l’un des matchs les plus mémorables de l’histoire du tennis, Jannik Sinner s’est incliné après 5h29 de jeu au super tie-break (4-6, 6-7, 6-4, 7-6, 7-6), manquant trois balles de match.

Alors qu’il menait de deux sets et un break dans le quatrième, il s’était procuré trois opportunités de conclure sur le service d’Alcaraz, toutes sauvées par le Murcien d’une main de maître. Il n’a ensuite pas réussi à conclure le match sur son propre service.

Une défaite cruelle qui aurait pu laisser des traces. « C’était une défaite difficile, je pense encore à ces quelques points », avait-il déclaré quelques semaines plus tard.

Jannik Sinner s'est incliné en finale de Roland-Garros malgré trois balles de match. (Getty Images)
Jannik Sinner s’est incliné en finale de Roland-Garros malgré trois balles de match. (Getty Images)

Après ce revers Porte d’Auteuil, l’Italien a dû se remobiliser rapidement pour se concentrer sur la saison sur gazon. Il a pris le chemin de Halle, où il défendait son titre. Grand favori, il s’est pourtant fait surprendre par Alexander Bublik.

Sur le gazon le plus rapide du circuit, le Kazakhstanais, porté par son service et auteur de 15 aces, s’est imposé (3-6, 6-3, 6-4). Jannik Sinner s’inclinait ainsi face à un joueur autre que Carlos Alcaraz pour la première fois depuis son quart de finale à Wimbledon l’an passé, où il avait perdu face à Daniil Medvedev.

Pour la première fois depuis la saison 2023, le n°1 mondial s’inclinait face à un adversaire situé hors du Top 20. Cela mettait fin à une série impressionnante de 66 victoires consécutives de Jannik Sinner contre ce type d’opposition.

Le dernier accroc de sa saison n’est autre que sa défaite face à Carlos Alcaraz en finale de l’US Open. Au contraire de l’Open d’Australie, le n°2 mondial n’a pas réussi à défendre son titre. L’Espagnol s’est logiquement imposé (6-2, 3-6, 6-1, 6-4).

Un revers qui a servi d’enseignement à l’ancien skieur qui a par la suite changé quelques aspects de son jeu : « Je vais essayer, même si ça veut dire perdre certains matchs, de faire des changements, d’être un joueur plus imprévisible. »

Un joueur plus complet que jamais

En 2025, Jannik Sinner est devenu un joueur encore plus complet. Après son revers à New York, il a retravaillé plusieurs aspects de son jeu, à commencer par son service. Légère modification du lancer de balle — un peu plus à gauche —, coude placé plus bas : des ajustements précis qui ont porté leurs fruits. Son pourcentage de premières balles a notamment augmenté après l’US Open.

« On a vu des problèmes, surtout au service. On a changé le geste, on a changé le rythme », expliquait son coach Simone Vagnozzi après le Masters.

Son deuxième entraîneur, Darren Cahill, confirme : « Jannik et Simone ont fait un travail incroyable pour réorganiser le service. Il ne s’agit pas seulement du pourcentage. Il sert plus vite, plus près des lignes, ce qui lui donne plus de points gratuits. »

Mais les progrès du Transalpin ne se limitent pas au service. Sinner a également cherché à enrichir son jeu en intégrant davantage de variations. Plus présent au filet, plus enclin à tenter l’amortie, il a voulu sortir de son registre traditionnel pour gagner en imprévisibilité, un domaine dans lequel excelle justement Carlos Alcaraz.

Avec 58 victoires pour seulement six défaites (dont deux abandons) et six titres, dont deux en Grand Chelem, Jannik Sinner a signé une saison d’exception. Il est même devenu le plus jeune joueur de l’Ère Open à atteindre les quatre finales de Majeurs la même année.

Plus frappant encore : il n’a perdu que contre deux adversaires sur toute la saison (hors abandon contre Tallon Griekspoor à Shanghai).

Malgré trois mois d’absence, Sinner termine l’année à seulement 550 points de Carlos Alcaraz. Contraint de renoncer à Doha, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Madrid, il a laissé filer 4500 points potentiels. Difficile de ne pas imaginer un scénario où, avec ces tournois-là, il aurait pu conserver le trône mondial jusqu’au bout.

De là naît d’ailleurs ce léger goût d’inachevé : contrairement à 2024, il n’a pas terminé l’année n°1 mondial et a laissé filer deux finales de Grand Chelem, dont l’une où il avait pourtant obtenu trois balles de match.

Mais inversement, dans un scénario où il aurait disputé tous ces tournois, aurait-il pu terminer l’année avec la même fraîcheur et la même intensité ?

Une chose est sûre : 2026 s’annonce une nouvelle fois comme un véritable duel au sommet. Sinner, globalement plus régulier que son rival, visera à reprendre la place de n°1 qui lui a échappé de peu. Mais Alcaraz, plus imprévisible, conserve l’avantage dans leurs confrontations directes, 10-6 (7-2 depuis 2024).

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