Polina Kudermetova n’a pas fait de grand discours, ni revendiqué une rupture politique ou symbolique. La décision est tombée sobrement : née en Russie, la cadette de la famille Kudermetov défendra désormais les couleurs de l’Ouzbékistan sur le circuit WTA. À 22 ans, la joueuse classée 104ᵉ mondiale rejoint ainsi une liste de plus en plus longue de joueuses russes ayant choisi de changer de nationalité sportive ces derniers mois. Sœur cadette de Veronika Kudermetova, ancienne membre du top 10 et figure installée du circuit, Polina s’est progressivement frayé un chemin vers le plus haut niveau.
Une vague qui ne doit rien au hasard
Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, les joueuses russes évoluent officiellement sous statut neutre sur les circuits ATP et WTA. Si cette situation n’empêche pas de jouer, elle complique de nombreux aspects périphériques de la carrière professionnelle : déplacements internationaux, obtention de visas, accès à certaines compétitions ou accords de sponsoring.
C’est dans ce contexte que plusieurs joueuses ont récemment opté pour changer de nationalité.
- Maria Timofeeva et Kamilla Rakhimova ont rejoint l’Ouzbékistan
- Anastasia Potapova s’est tournée vers l’Autriche
- Daria Kasatkina vers l’Australie
Kudermetova s’inscrit dans cette même dynamique, moins idéologique que pragmatique.
Voyager toute l’année avec un passeport russe est devenu un obstacle logistique majeur. Pour des joueuses évoluant aux portes du top 100, chaque complication administrative peut freiner une progression déjà fragile.