Pendant près d’une décennie, Juan Carlos Ferrero a été la colonne vertébrale de l’ascension de Carlos Alcaraz. Un binôme devenu référence du tennis moderne : six titres du Grand Chelem, un numéro un mondial précoce et la sensation que l’Espagne tenait son nouveau patron pour longtemps.
La rupture officialisée cette semaine a donc posé une question immédiate et centrale : qui pour prendre la suite ?
La réponse a surpris par sa sobriété. Pas de grand nom, pas d’ancien champion au palmarès clinquant. Carlos Alcaraz a choisi la continuité interne. Samuel López, jusque-là adjoint discret mais influent, est désormais appelé à devenir le chef d’orchestre d’un projet parmi les plus scrutés du sport mondial.
Plus qu’un successeur, un prolongement
La promotion de Samuel López n’est pas une rupture. C’est une transition maîtrisée.
Âgé de 55 ans, López a intégré l’équipe d’Alcaraz avant la saison 2025, aux côtés de Ferrero et du préparateur physique Juanjo Moreno. Si Ferrero restait l’image publique du projet, López était déjà profondément impliqué dans le travail quotidien, la structuration des routines et l’évolution technique du joueur.
Cette saison 2025 restera comme la plus aboutie de la carrière d’Alcaraz : huit titres, deux Grands Chelems et un retour au sommet du classement ATP pour la première fois depuis 2022. En interne, l’apport de López est unanimement reconnu, notamment sur le service, devenu plus stable, plus lisible et plus efficace dans les moments clés.
Surtout, López n’était pas qu’un adjoint de circonstance. Lors de plusieurs tournois où Ferrero ne se déplaçait pas, il assurait déjà le rôle de coach principal. L’exemple le plus parlant reste Rotterdam, où Alcaraz a remporté le premier titre indoor de sa carrière, sous la direction directe de López.
🏆 ALCARAZ CHAMPION À ROTTERDAM 🏆
Carlos Alcaraz écarte Alex De Minaur après une très belle finale (6-4, 3-6, 6-2) et décroche son 17e titre à 21 ans.
Premier trophée en 2025 et premier en indoor. 🌟 pic.twitter.com/D1AAJ5isHP
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) February 9, 2025
Un parcours bâti sur la durée, pas sur la lumière
Avant Alcaraz, Samuel López n’était pas une figure médiatique. Mais dans le microcosme du tennis espagnol, son CV est solide.
Il a travaillé avec Guillermo García López, Santiago Ventura ou encore Mariusz Fyrstenberg, mais son chapitre le plus marquant reste sa collaboration avec Pablo Carreño Busta entre 2015 et 2024. Sous sa direction, Carreño a remporté ses sept titres ATP, décroché un Masters 1000 au Canada, une médaille de bronze olympique à Tokyo et atteint le meilleur classement de sa carrière (10e mondial).
Cette relation longue a forgé la réputation de López : patience, structuration, accompagnement sur le long terme. Des qualités essentielles dans une phase où l’objectif n’est plus de révéler un talent, mais de le faire durer.
Pourquoi Samuel López est le choix logique aujourd’hui
Carlos Alcaraz n’a pas besoin d’être reconstruit. Il a besoin d’être ajusté.
Dans ce contexte, Samuel López représente une solution de stabilité. Il connaît le joueur, maîtrise la culture interne et n’arrive pas avec un ego susceptible d’imposer une réadaptation à un numéro un mondial de 22 ans.