Roger Federer n’a rien perdu de son aisance médiatique. Ce jeudi, à Melbourne, le Suisse s’est présenté devant les journalistes à l’occasion de sa participation à une exhibition prévue samedi, aux côtés notamment d’Andre Agassi. S’il a admis une certaine nervosité, celle-ci ne s’est jamais ressentie dans ses propos.
Six fois champion, Roger Federer fera son grand retour sur la Rod Laver Arena ! 🇦🇺🔙
⁰L’Open d’Australie inaugure sa cérémonie d’ouverture le 17 janvier, avec Federer en tête d’affiche pour un combat d’anciens n°1 aux côtés d’Agassi, Rafter et Hewitt. ✨ pic.twitter.com/TKiCRDGLuJ— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) December 12, 2025
« À dire le vrai, je suis un peu nerveux. Cela faisait longtemps que je n’étais pas revenu ici et je n’ai pas pu dire au revoir à ce tournoi comme je l’aurais voulu », a-t-il confié. Attaché à l’Open d’Australie, Federer n’a pas caché l’importance particulière que Melbourne occupe dans sa carrière.
« J’ai vécu ici certains des plus beaux moments de ma carrière. C’est l’un de mes tournois préférés. Le titre de 2017 restera toujours spécial. J’arrivais sans attentes, j’aurais signé pour un quart de finale. Mais mon entraîneur, Severin Lüthi, continuait à me dire que je pouvais le faire. J’ai joué un grand tennis et c’était l’un des succès les plus émouvants de ma carrière », a-t-il ajouté.
Alcaraz – Sinner, une rivalité qui fascine Federer
Inévitablement, les questions se sont tournées vers le tennis actuel et la rivalité naissante entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner.
Un duel qui enthousiasme profondément l’ancien numéro 1 mondial : « Leur rivalité est géniale. Ils jouent un tennis incroyable et cette finale de Roland-Garros était juste surréaliste. Le tennis n’en avait pas forcément besoin, mais c’était magnifique que cela arrive quand même. Le monde du sport s’est arrêté pour regarder ce match à Paris. C’est comme si le temps s’était figé dans ce cinquième set épique. »
Federer s’est également montré admiratif de leur progression : « Leur évolution ces dernières années est exceptionnelle. Je me suis entraîné avec les deux, et je peux vous dire qu’ils frappent très fort. J’espère vraiment que cela va continuer et qu’aucune blessure ne viendra perturber cette rivalité. »
Comment Federer aurait-il joué face à eux ?
Contrairement à Rafael Nadal et Novak Djokovic, Federer n’a jamais affronté Alcaraz ou Sinner en match officiel.
Une réflexion qui ne l’a longtemps pas traversé, jusqu’à récemment : « À Wimbledon, quand Jannik jouait contre Grigor, c’était facile de me projeter parce que Grigor et moi partageons beaucoup de similarités tennistiques. C’est la première fois que je me suis demandé comment j’aurais joué contre lui. »
Avec Alcaraz, le lien semble plus instinctif : « Quand je regarde Carlos, je me reconnais un peu plus. Les amorties, l’envie d’aller vers l’avant… Je vois plus de similarités entre nos deux tennis. »
Le rêve du Grand Chelem en carrière pour Alcaraz
À Melbourne, Carlos Alcaraz peut tenter de compléter le Grand Chelem en carrière à seulement 22 ans.
Un exploit que Federer connaît bien, lui qui avait dû attendre presque 28 ans pour y parvenir : « Il connaît l’enjeu, mais comme souvent, quand le tournoi démarre, on repasse en mode “point par point”. C’est la mentalité à avoir. Mais à son âge, réussir le Grand Chelem en carrière serait complètement fou. J’espère qu’il y arrivera. Pour l’histoire du tennis, ce serait vraiment spécial. »
Une retraite assumée et un avenir ouvert
Loin des courts, Roger Federer savoure sa nouvelle vie avec sérénité : « La façon dont s’est terminée ma carrière, avec les blessures et moins de tournois joués, m’a aidé à me préparer à la retraite. Quand j’ai pris la décision, ça a presque été un soulagement. Aujourd’hui, je vais très bien. J’ai le contrôle de ma vie et je profite de ma famille. »
Quant à l’hypothèse de devenir entraîneur, le Suisse sourit : « Ne jamais dire jamais, mais je suis très occupé. J’ai quatre enfants. »