La saison 2025 n’a pas été celle qu’il espérait, mais Daniil Medvedev refuse d’en faire un fardeau. À Melbourne, le Russe a démarré l’Open d’Australie 2026 par une victoire solide, avec le sentiment d’avoir retrouvé un équilibre perdu.
En conférence de presse, son ton tranche avec les mois de frustration accumulés. Plus calme. Plus clair. Et surtout plus honnête sur sa place actuelle dans l’écosystème du circuit.
« J’ai globalement bien joué. Il y a des moments où j’aurais pu faire mieux, notamment au service, mais l’essentiel est de gagner en trois sets et d’essayer d’élever mon niveau », explique-t-il. « Je me sentais bien sur le court, ni lent ni rapide. J’ai eu une bonne pré-saison, j’ai travaillé dur physiquement et mentalement. »
SIXIÈME VICTOIRE CONSÉCUTIVE ✅
Triple finaliste à l’Open d’Australie, Daniil Medvedev s’impose en trois sets contre Jesper De Jong et rejoint Quentin Halys 🇫🇷 au deuxième tour. ⚔️
Première victoire en Grand Chelem depuis UN AN. 🔙 pic.twitter.com/nDu1ugzk9I
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) January 19, 2026
Une réflexion profonde pendant l’intersaison
Medvedev ne cache pas que l’hiver a été introspectif.
« L’année dernière a été dure », reconnaît-il. Pas catastrophique sur le papier — une fin de saison autour de la 12e ou 13e place mondiale — mais inhabituelle pour un joueur habitué au Top 5 et aux grands rendez-vous.
« Ce n’était pas si mauvais, honnêtement. Mais bien sûr, je n’étais pas content. C’était la première fois depuis sept ou huit ans que je ne me qualifiais pas pour Turin. »
Pour lui, le problème n’était pas uniquement tennistique. « Je pense que c’était plus mental que lié au tennis. Quand mentalement ça ne va pas, tu commences à te demander pourquoi ton service ou ton revers long de ligne ne fonctionnent plus, et tu te tends. Et quand tu te tends mentalement, le physique suit. »
Redéfinir son identité de joueur
Souvent étiqueté comme un défenseur hors pair, Medvedev nuance cette image. « Quand je jouais à mon meilleur niveau, même en Grand Chelem, on me voyait comme un joueur défensif, capable d’échanger 40 frappes. Mais ensuite je jouais contre Rublev, Félix ou d’autres gros frappeurs, et je sortais du match en me disant : j’ai fait 40 coups gagnants, eux 20… alors qui défendait vraiment ? »

Sa vérité est ailleurs. « Quand je joue bien, je suis agressif, surtout au service. En retour, c’est plus compliqué à cause de ma position, mais dès que je peux, j’appuie. L’an dernier, je me sentais trop défensif, et ce n’est pas ce que je veux être. »
Aujourd’hui, il accepte volontiers l’idée que son jeu paraisse « plus agressif ». Pour lui, c’est le signe d’un mieux-être.
Alcaraz et Sinner, la réalité du sommet
La lucidité de Medvedev atteint son paroxysme lorsqu’il évoque Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Pas d’amertume. Pas de provocation. Juste un constat.
« Ils jouent simplement un meilleur tennis que les autres. »
Puis il poursuit : « Si je joue 20 matchs contre eux, disons 10 contre chacun, je vais probablement en perdre beaucoup. Mais je donnerai tout pour gagner chaque fois. Sur dix matchs, on peut en gagner un ou deux. Ils peuvent avoir un jour sans. Je les ai battus tous les deux en Grand Chelem. »

Ce qui l’a le plus frustré en 2025, finalement, n’est pas tant de perdre contre eux… que de ne pas les affronter.
« L’an dernier a été mauvais pour moi, et je n’ai même pas pu jouer contre eux. Ils étaient toujours en finale, et moi je perdais plus tôt. Je ne les ai même pas rencontrés. »
Se donner une chance d’accepter le défi
Le plan est désormais clair : constance avant tout. « Pour moi, l’important est de jouer bien, d’être solide, et d’arriver au moment où je peux les affronter, généralement en quarts ou en demi-finales. Là, je serai ravi d’accepter le défi. »
Mais Medvedev ne se raconte pas d’histoires. « Ce sont les deux meilleurs joueurs du monde. Probablement qu’il n’y a personne aujourd’hui capable de les défier avec régularité. »
La nuance est essentielle : « Mais sur un match, tout est possible. Ils peuvent perdre. Tout le monde peut les battre à un moment donné. »