Sa résolution ne date pas du 1er janvier, mais remonte à près d’un an. Si l’on remonte un peu dans le temps, il y a tout juste un an, Alexander Bublik était proche de mettre un terme à sa carrière de tennisman. Mentalement au plus bas et apathique sur le terrain, le Kazakhstanais a dégringolé au classement ATP jusqu’à la 80e place mondiale, atteinte en mars dernier après une défaite au premier tour du Masters 1000 d’Indian Wells contre le très modeste Watanuki, alors 349e mondial.
Mais après avoir touché le fond, Bublik s’est relevé et a décidé de se reprendre. Cette saison, il a déjà atteint deux objectifs majeurs pour un joueur de tennis : remporter un titre, à Hong Kong, et rejoindre pour la première fois de sa carrière le top 10 mondial, qu’il avait frôlé l’an dernier en tant que premier remplaçant du Masters, avec sa 11e place.
28 ans, l’âge de maturité
Et comme si cela ne suffisait pas, le joueur de 28 ans s’est qualifié pour la première fois de sa carrière pour le troisième tour de l’Open d’Australie. Évidemment, c’est ce que l’on attend d’un joueur du top 10, mais tout de même. Ce qui fascine désormais chez lui, c’est le sérieux avec lequel il joue. Au deuxième tour, on l’a senti vaciller, mené 5-2 dans le troisième set.
Pourtant, contrairement à ce que l’on voyait par le passé, lorsqu’il n’hésitait pas à s’énerver, Bublik a gardé son calme et remporté les cinq jeux suivants pour s’emparer de la manche 7-5. « J’imagine que c’est un signe de maturité, ça vient avec l’âge, a tenté d’expliquer le 10e mondial. Je considère un peu plus le tennis comme un métier. Je viens ici pour quelque chose : gagner des matches, dans le respect du règlement et du code de conduite, pour gagner. Alors je me bats, j’essaie de remettre les balles. C’est cet état d’esprit qui m’habite depuis l’an dernier. Et je persévère, parce que perdre le troisième set, voire le match en cinq sets, n’aurait pas été plaisant. Je n’ai pas l’impression d’avoir besoin de me plaindre ou de casser des raquettes pour y arriver. Le plus important, c’est de se battre. Si je peux me battre jusqu’au bout et arracher la victoire comme aujourd’hui, c’est que ça fonctionne. Mais on verra sur les prochains matches. »
Une mentalité modifiée depuis un titre en Challenger
Le changement s’est opéré « autour des tournois de Madrid, Rome et Turin », a soufflé l’intéressé. Pour se retrouver, Alexander Bublik a dû repartir en Challenger : d’abord à Phoenix, avec une défaite en finale contre Fonseca, puis un titre à Turin en Challenger 175.
Depuis, le Kazakhstanais « continue sur cette lancée », avec, pêle-mêle, un quart de finale à Roland-Garros après avoir magnifiquement éliminé Jack Draper, alors 5e mondial, puis son titre à l’ATP 500 de Halle et sa superbe victoire contre Jannik Sinner, alors n°1 mondial. « Il fallait changer quelque chose, faire des ajustements, ne plus me disperser, comme lorsque je perdais facilement le rythme début 2025. »
Désormais, le fantasque Bublik n’est plus, et un réel changement d’attitude s’est fait sentir au fil de l’année. « J’aimais la junk food et le Coca-Cola, mais c’est fini, a détaillé celui qui a remporté quatre titres en 2025. Mais uniquement parce que je l’ai décidé. C’est pareil avec mon état d’esprit actuel : c’est mon choix. Mon choix de bien dormir, de rester en famille plutôt que de sortir. Je me disais qu’avec ce genre de vie, je resterais un joueur du top 50, que je ferais des finales et que j’en gagnerais peut-être une. Et puis, d’un coup, j’ai gagné un tournoi, et j’ai aimé ça. Mais je ne changerai rien pour autant. »
Déjà titré en 2026, Alexander Bublik en veut désormais plus, et pourquoi pas un premier huitième de finale à Melbourne. Pour cela, il devra se défaire de l’Argentin Tomás Martín Etcheverry, avant, si tout se passe bien, d’aller défier le n°1 mondial Carlos Alcaraz, pour un duel qui ferait saliver tout le circuit.