Iga Swiatek : « Sommes-nous des joueuses de tennis ou des animaux dans un zoo ? »

Après sa défaite face à Elena Rybakina à l’Open d’Australie, Iga Swiatek s’est exprimée sur la présence constante des caméras, répondant au débat sur la vie privée des joueuses, quelques heures après l’épisode Coco Gauff.
Iga Swiatek lors de son quart de finale de l'Open d'Australie (Lintao Zhang/Getty Images) Iga Swiatek lors de son quart de finale de l'Open d'Australie (Lintao Zhang/Getty Images)
Iga Swiatek lors de son quart de finale de l'Open d'Australie (Lintao Zhang/Getty Images)

La question posée à Iga Swiatek en conférence de presse faisait écho à une actualité récente. Quelques heures plus tôt, Coco Gauff avait vécu une soirée cauchemardesque en quarts de finale de l’Open d’Australie face à Elina Svitolina. Dépassée sur le court, l’Américaine avait ensuite laissé éclater sa frustration dans les couloirs de la Rod Laver Arena en fracassant sa raquette.

Un geste capté et largement relayé, que la n°3 mondiale avait ensuite commenté en conférence de presse : « J’ai essayé d’aller dans un endroit où je pensais qu’il n’y aurait pas de caméra, mais ils l’ont filmé. »

Gauff avait également évoqué un malaise plus profond face à cette exposition permanente, estimant que certaines images n’avaient pas vocation à être diffusées.

Interrogée sur la présence constante des caméras en coulisses de l’Open d’Australie, la Polonaise n’a pas cherché à arrondir les angles.

« La question est : sommes-nous des joueuses de tennis ? Ou des animaux dans un zoo ? », lance-t-elle d’emblée.

Consciente de la force de ses mots, Swiatek précise aussitôt sa pensée, tout en assumant le fond de son message : « Évidemment, c’est une exagération, mais ce serait agréable d’avoir un peu de vie privée. Ce serait bien aussi de pouvoir suivre son propre processus sans être constamment observée. »

Une frontière de plus en plus floue entre sport et divertissement

Pour la n°2 mondiale, l’exposition médiatique fait partie intégrante du métier. Mais elle estime que certaines limites ont été franchies.

« Nous sommes des joueuses de tennis. Nous sommes censées être observées sur le court et en conférence de presse. C’est notre travail », rappelle-t-elle, avant d’ajouter : « Ce n’est pas notre travail de devenir un mème parce qu’on a oublié son accréditation. C’est drôle, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire. »

Swiatek établit également un parallèle avec d’autres disciplines professionnelles : « Dans d’autres sports, il y a des aspects techniques que l’on veut travailler. Ce serait bien de pouvoir le faire dans un espace où le monde entier ne regarde pas. »

Elle cite notamment Wimbledon, où certaines zones restent accessibles aux joueurs accrédités sans présence du public, contrairement à d’autres tournois où l’observation est permanente.

Interrogée sur une éventuelle discussion avec les organisateurs de l’Open d’Australie à propos de cette problématique, Iga Swiatek conclut avec une forme de résignation : « Quel est l’intérêt ? »

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