« C’était vraiment pas facile. Il y avait une grosse intensité physique, surtout au premier set. » Dès ses premiers mots, Moïse Kouame plante le décor en conférence de presse après sa défaite. Le jeune Français insiste surtout sur l’énergie reçue depuis les tribunes. « J’étais très content d’être sur ce court, avec autant d’encouragements. Ça m’a vraiment porté tout au long du tournoi et de ce match. »
Ce soutien, il l’a pleinement ressenti dans une première manche accrochée, conclue en sa faveur au tie-break : « Au premier set, j’ai vraiment senti que j’étais aidé. Ça ne m’a pas perturbé, au contraire, ça m’a encouragé à faire mieux et à garder une bonne attitude. Je ne voulais vraiment pas décevoir le public. »
« Sur les deux derniers sets, j’ai senti que c’était plus dur physiquement »
La bascule s’est faite ensuite sur le plan physique: « Sur les deux derniers sets, j’ai senti que c’était plus dur physiquement. Mais c’est bien, parce que maintenant on a un vrai axe de travail. » Un constat qu’il assume en évoquant la difficulté à maintenir l’intensité sur la durée face à un joueur habitué à ce niveau.
Même au moment de sauver une balle de match, Kouame est resté fidèle à son état d’esprit : « Je me suis dit que c’était presque la fin, alors autant tout donner. Prendre du plaisir, pour moi et pour les fans. J’ai essayé de leur mettre des paillettes dans les yeux, de prendre leur énergie. On ne sait jamais…. »
S’il reconnaît avoir adoré l’expérience il répond sans détour : « J’ai kiffé, il faut le dire », le Français assure ne pas s’être surpris : « Je m’entraîne tous les jours pour ce genre de matchs. J’étais arrivé avec une tactique et une certaine confiance. Mais j’ai surtout vu ce qui allait et ce qui allait un peu moins bien. »
Le chantier est clair : le physique avant tout. « Maintenant, il faut tenir pas seulement un set, mais deux, trois, quatre, cinq. Être capable de jouer trois, quatre heures. Mentalement aussi, il y a encore du travail, notamment sur l’attitude. » Il évoque également la baisse de régime au service, notamment sur les deuxièmes balles, qu’il relie directement à la fatigue.
« C’est le début d’une longue carrière »
Conscient que l’exposition médiatique change aussi la donne, Kouame ne se fait aucune illusion : « Le plus dur commence maintenant. Il va falloir travailler encore plus, plus dur, plus longtemps. C’est le début d’une longue carrière, je l’espère. Ce tournoi, je l’ai très bien vécu. J’ai vu les axes à travailler et le niveau que je peux proposer. »
La suite est déjà en ligne de mire, avec des tournois prévus à Pau et Lille, et une ambition assumée. « J’espère avoir le niveau pour jouer plus de 250, de 500, de 1000, peut-être même des Grands Chelems. Mais pour ça, il faut être prêt. », ambitieux, la nouvelle coqueluche tricolore donne déjà le ton à 16 ans.