L’idée de voir les joueuses s’affronter sur des formats marathons à partir de 2027 semble séduire certains organisateurs de tournois, mais elle se heurte à un mur au sein du vestiaire féminin. Lors du Media Day du WTA 1000 de Doha, les têtes d’affiche ont partagé leurs inquiétudes, tant sur le plan athlétique que logistique.
Iga Swiatek : Une question de qualité et de calendrier
Pour la numéro 1 mondiale, Iga Swiatek, allonger la durée des matchs est un non-sens à une époque où le circuit cherche à s’accélérer. Bien qu’elle se considère comme l’une des joueuses les plus endurantes, elle pointe du doigt des problèmes structurels :
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La qualité du jeu : Maintenir un niveau de performance élevé sur une durée aussi longue serait extrêmement difficile.
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La planification : Toute la préparation physique et le calendrier de la saison devraient être revus, ce qui poserait des problèmes de programmation majeurs.
L’aspect physique au cœur des débats
Amanda Anisimova a insisté sur la préparation spécifique des joueuses, habituées depuis toujours au format court : « Ce serait un changement physique colossal pour le corps d’une femme ». Elle souligne que l’entraînement actuel est optimisé pour une intensité maximale sur trois sets, et non pour de l’endurance pure.
De son côté, Coco Gauff, pourtant l’une des athlètes les plus physiques du circuit, émet également des réserves, notamment du point de vue du public. L’Américaine craint qu’avoir des matchs en cinq sets pour les hommes et les femmes ne finisse par lasser les spectateurs par un excès de tennis.
« Est-ce que je pourrais jouer un match en cinq sets ? Probablement. Est-ce que je le veux ? Je ne sais pas, c’est énormément de tennis. »
Vers un dialogue de sourds ?
Cette levée de boucliers montre un fossé entre les ambitions des directeurs de Grand Chelem et la réalité des joueuses. Alors que la WTA cherche à protéger la santé des athlètes face à un calendrier de plus en plus dense, l’idée de Craig Tiley semble, pour l’instant, être restée au stade du fantasme.