L’édition 2026 de l’Open d’Australie a laissé des images difficiles à oublier : des nuits étirées jusqu’au bout de la tension, des tribunes suspendues à chaque point et une dramaturgie qui a fait exploser les audiences. À tel point que Australian Open se projette déjà vers la suite — et peut-être vers un changement historique.
À l’origine de cette réflexion, Craig Tiley, directeur du tournoi, qui envisage publiquement d’étendre le format en cinq sets au tableau féminin, à partir des quarts de finale.
Une édition 2026 qui sert de déclencheur
Tout part d’un constat : la ferveur exceptionnelle autour des grandes affiches masculines. Les demi-finales ont marqué les esprits, notamment la bataille marathon remportée par Carlos Alcaraz face à Alexander Zverev, suivie du choc nocturne entre Novak Djokovic et Jannik Sinner.
« On ne peut pas reproduire cette journée de demi-finales chez les hommes, c’était incroyable », confie Tiley, encore marqué par l’intensité vécue à Melbourne. « J’en ai encore des frissons. »
Mais pour lui, le spectacle n’a pas été l’apanage du tableau masculin.
Rybakina–Sabalenka, un argument en faveur du changement
La finale féminine, remportée par Elena Rybakina face à Aryna Sabalenka, a également servi de révélateur.
« Cette finale a été exceptionnelle », insiste Tiley. « Elle montre ce que les joueuses peuvent offrir en termes de tension et de qualité de jeu. »
D’où l’idée : permettre aux femmes, dans les derniers tours, de disposer du même espace narratif que les hommes.
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— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) February 1, 2026
Une proposition ciblée… et conditionnelle
Contrairement à une réforme radicale, Craig Tiley imagine un changement progressif et limité :
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matchs en trois sets gagnants
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à partir des quarts de finale
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uniquement avec l’accord des joueuses
« Il y a eu des matchs dans ces derniers tours qui auraient été fascinants en cinq sets », estime-t-il. « C’est quelque chose dont nous devons parler avec les joueuses. »
Le message est clair : aucune décision unilatérale. La consultation serait profonde et centrale.
Une liberté propre à l’Open d’Australie
Sur le plan réglementaire, le tournoi australien dispose d’une marge de manœuvre. Comme pour les formats de tie-break décisifs, chaque Grand Chelem peut définir ses propres règles sans validation collective obligatoire.
« S’il s’agit de la bonne chose à faire, rien ne nous empêche d’aller dans cette direction dès 2027 », affirme Tiley.
Mais l’histoire invite à la prudence.
Un précédent… et une résistance historique
En 1994, l’Open d’Australie avait déjà annoncé vouloir faire disputer la finale féminine en cinq sets l’année suivante. Le projet avait été abandonné après une fronde menée par Steffi Graf.
De même, la finale du Masters WTA s’est jouée en cinq sets entre 1984 et 1998 avant que le format ne soit finalement supprimé.
La question n’est donc pas nouvelle. Mais le contexte, lui, a changé.

Égalité des gains, égalité du format ?
Avec l’égalité des prize money désormais acquise dans les quatre tournois majeurs, l’argument d’une symétrie sportive revient régulièrement dans le débat. Pour Tiley, il ne s’agit pas d’une revendication idéologique, mais d’une réflexion sur l’expérience offerte au public.
Ce point rejoint une autre annonce : l’Open d’Australie version 20 jours est désormais appelé à durer. Après le succès de l’ouverture anticipée et des événements annexes, le tournoi explore même la possibilité d’un début le samedi, à condition que le format féminin évolue dans les derniers tours.
Pourquoi ne pas continuer en 2 sets gagnants mais à 8 au lieu de 6 sets chacun ? Cela rallonge qq peu et permet d’être plus indécis…