Classée 138e mondiale, Lucrezia Stefanini disputait lundi le premier tour des qualifications du WTA 1000 d’Indian Wells. Opposée à Victoria Jimenez Kasintseva, l’Italienne s’est inclinée en trois manches malgré un set d’avance (4-6, 6-4, 6-4).
Mais plusieurs heures après la rencontre, la Florentine a publié une vidéo sur son compte Instagram pour révéler ce qu’elle avait vécu avant d’entrer sur le court : « Aujourd’hui, je fais cette vidéo pour vous raconter ce qui m’est arrivé hier. Hier, vers 13 h, j’ai reçu un message WhatsApp me menaçant si je gagnais le match. »
Elle poursuit en décrivant la gravité des messages reçus : « Ils m’ont menacée, moi et ma famille. Ils ont mentionné mes parents, mon adresse et m’ont envoyé la photo d’une arme. »
Malgré le choc, Stefanini explique sa démarche : « Je fais cette vidéo et je partage cette histoire parce que je trouve inadmissible de me mettre cette pression et ce malaise avant un match et de me faire me sentir en danger. »
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Une réaction immédiate de la WTA
La joueuse précise avoir immédiatement alerté les instances à Indian Wells : « Je ne peux pas me permettre d’être intimidée. Je suis immédiatement allée le signaler à la WTA, qui a renforcé ma sécurité, m’a fait ramener ma voiture après mon match et a été très attentive à mes besoins. Tout le tournoi s’est mobilisé pour assurer ma sécurité. »
Malgré le contexte, Stefanini affirme avoir voulu rester professionnelle : « Je voulais vous le dire, mais malgré cela, je me suis battue jusqu’au bout pour gagner mon match car je ne peux pas me permettre d’être intimidée ou influencée par mon travail. »
Avant d’ajouter : « Je pense que c’est un métier, mais c’est aussi un plaisir, une expérience enrichissante, c’est notre passion, et je n’arrive pas à croire, je n’imagine pas que des menaces ou… ce sport en soit arrivé là. »
Un phénomène documenté par la WTA et l’ITF
En juin 2025, la Women’s Tennis Association et l’International Tennis Federation ont publié le premier rapport annuel complet sur les abus en ligne visant les joueuses et joueurs.
Les données, issues du service « Threat Matrix » développé par Signify Group, sont parlantes : 1,6 million de publications analysées en 2024, environ 8 000 messages jugés abusifs, violents ou menaçants, provenant de 4 200 comptes. Quinze cas particulièrement graves ont été transmis aux forces de l’ordre, dont certains au FBI.
Le rapport souligne également qu’une part importante des messages haineux provient de parieurs mécontents : 40 % des abus détectés sur l’année seraient liés à des « angry gamblers », un chiffre qui grimpe à 77 % lorsqu’il s’agit de messages privés envoyés aux joueurs après des paris perdus.
Face à cette réalité, les instances du tennis ont appelé à une coopération accrue avec l’industrie des paris sportifs afin de mieux identifier et sanctionner les auteurs.