Maintenant, le message est clair : Jannik Sinner est capable de tout, même de battre le meilleur joueur du monde sur terre battue. Dimanche, sur le court central du Masters 1000 de Monte-Carlo, et malgré les rafales de vent qui ont balayé l’ocre monégasque, l’Italien a, sans trembler, décroché son plus grand titre en carrière sur la surface.
À la différence de l’an dernier, Jannik Sinner a pu cette fois-ci s’habituer plus longtemps à la terre battue. En 2025, l’Italien n’avait pas pu disputer les deux premiers Masters 1000 sur la surface en raison de sa suspension. Il n’était revenu qu’à Rome, ce qui ne l’avait pas empêché de corriger le 7e mondial Casper Ruud, terrien aguerri, double finaliste de Roland et lauréat à Madrid quelques jours plus tôt, 6-0, 6-1.
Pourtant, le natif de San Candido s’était pris un mur en finale, du nom de Carlos Alcaraz. À Rome, l’Espagnol poursuivait sa campagne terrienne dorée, qui l’avait déjà vu gagner Monte-Carlo, être finaliste à Barcelone, avant de conclure le printemps sur un deuxième titre porte d’Auteuil.
Roland, l’objectif de l’année
Un seul tournoi de préparation, et pourtant Jannik Sinner a déroulé à Roland-Garros l’an dernier. Il n’a pas perdu un seul set jusqu’en finale, avant que Carlos Alcaraz ne se transcende et ne renverse la rencontre au terme d’un scénario qui dépasse le cadre du réel.
Mais il n’est pas ridicule de penser que l’Italien aurait pu remporter cette même finale. En réalité, depuis l’an dernier, Jannik Sinner est, avec Carlos Alcaraz, le meilleur joueur du monde sur terre battue — et pas que sur terre battue d’ailleurs. Cela n’empêche que cette fois-ci, avec quelques tournois de préparation en plus dans les pattes et une meilleure sélection des tournois, l’Italien pourrait arriver mi-mai à Paris en tant que grandissime favori.
Le joueur de 24 ans l’a par ailleurs expliqué à de nombreuses reprises : Roland-Garros est son principal objectif de l’année, bien plus que ne l’est la place de n°1 mondial. C’est le dernier titre majeur qui lui manque à son palmarès. Comme Carlos Alcaraz l’a fait en remportant l’Open d’Australie, Jannik Sinner pourrait, dans quelques semaines à peine, réaliser le Grand Chelem en carrière.
Une préparation dans cet unique but
Dans cette optique, le n°1 mondial devrait alléger son calendrier pour arriver frais comme un gardon à Paris. D’abord, l’Italien a fait l’impasse sur les ATP 500 de Barcelone et de Munich, qui se dispute cette semaine. Pourtant, Carlos Alcaraz, lui, est bien en lice à Barcelone.
Et ce n’est pas tout. Jannik Sinner a même laissé planer le doute sur une éventuelle participation au prochain Masters 1000, à Madrid. « Deux ou trois jours de repos et ensuite nous déciderons si nous voulons jouer Madrid », a sobrement indiqué l’Italien au micro de Sky Sport après son sacre à Monte-Carlo.
En cas de forfait dans la capitale espagnole, l’incroyable série de victoires en Masters 1000 de Sinner (quatre titres et 22 victoires consécutives) prendrait fin. Mais cette dernière est-elle plus importante qu’un premier titre sur l’ocre parisien ? Dans la tête du rouquin italien, sans doute pas. Une absence à Madrid, un tournoi qu’il n’a encore jamais remporté, renforcerait l’idée qu’un tout autre résultat qu’un titre à Roland-Garros serait alors vu comme un échec.