Jannik Sinner continue de repousser les limites. Vainqueur de Casper Ruud en finale du Masters 1000 de Rome (6-4, 6-4), le n°1 mondial a remporté le dernier Masters 1000 manquant à son palmarès et réalisé, à seulement 24 ans, le Golden Masters. Un exploit monumental que seul Novak Djokovic avait accompli avant lui.
Et pour rendre ce moment encore plus symbolique, c’est chez lui, en Italie, devant un Foro Italico incandescent et sous les yeux du président italien Sergio Mattarella, que le Transalpin a écrit l’une des plus grandes pages de sa carrière.
En conférence de presse, Sinner est revenu sur cette finale, la pression mentale liée à l’histoire, sa gestion physique et son obsession déjà tournée vers Roland-Garros.
« Je sentais la pression avant le match »
Si le score final peut laisser croire à une victoire relativement maîtrisée, l’Italien a reconnu avoir traversé des moments compliqués, notamment au début de la rencontre. Entre les conditions changeantes et l’enjeu immense, Sinner a dû gérer énormément d’émotions.
« La finale aujourd’hui était difficile, notamment avec l’horaire du match. Il y avait beaucoup de soleil et d’ombre au début pendant presque une heure. Le vent changeait constamment aussi. C’était vraiment difficile de bien jouer au tennis », a-t-il déclaré.
Le n°1 mondial a surtout admis avoir ressenti une pression inhabituelle avant d’entrer sur le court : « Je sentais un peu de pression avant le match. C’est la chose la plus normale qui existe. Je savais pour quoi je jouais aujourd’hui. »
Mené 2-0 après un break concédé d’entrée, Sinner a mis près d’une demi-heure avant de véritablement trouver son rythme : « Je ne suis pas très bien parti. Ensuite, après une demi-heure, je me suis senti mieux. J’ai commencé à mieux servir. Au début, j’ai vraiment eu du mal à entrer dans le match. »
Une fois la machine lancée, en revanche, l’Italien a progressivement repris le contrôle de la rencontre pour ne plus jamais laisser Ruud revenir.
Le Golden Masters… mais Paris reste la priorité absolue
Avec cette victoire, Sinner est devenu le plus jeune joueur de l’histoire à remporter les neuf Masters 1000 du circuit. Mais fidèle à son caractère, l’Italien refuse de se perdre dans l’euphorie ou les records : « Nous n’avons pas vraiment le temps de réaliser ce qu’on est en train de faire. »
HISTORIQUE ⭐️
Le moment où Jannik Sinner remporte le 9e et dernier Masters 1000 qui manquait à son palmarès, chez lui, à Rome. 🏆🇮🇹
Il devient le deuxième joueur à décrocher les trois Masters 1000 sur terre lors d’une même saison après Rafael Nadal 2010. pic.twitter.com/n1sq9g3I1L
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) May 17, 2026
Depuis plusieurs mois, le Transalpin répète que son objectif principal reste Roland-Garros. Et malgré cet exploit historique, son discours n’a pas changé : « Mon objectif principal reste Paris. Ce que j’ai fait ici et depuis le début de l’année est incroyable, j’en suis conscient, mais mentalement je sais que je dois continuer à faire les bonnes choses maintenant. »
Après avoir remporté Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid et désormais Rome, Sinner arrivera à Roland-Garros avec une pression immense sur les épaules. Une situation qu’il essaie justement de ne pas alimenter davantage : « Je ne veux pas non plus me mettre trop de pression, parce qu’elle vient déjà toute seule. »
L’Italien a confirmé vouloir désormais totalement couper avec le tennis pendant quelques jours avant de reprendre progressivement la préparation pour Paris : « La priorité maintenant, c’est de récupérer autant que possible dans les prochains jours. Il n’y aura quasiment pas d’entraînement tennis. Je veux aussi passer un peu de temps avec ma famille. »
« Il est impossible de jouer comme ça toute une saison »
Depuis plusieurs semaines, une question commence à prendre de l’ampleur : jusqu’où peut aller cette domination ? Après être devenu le premier joueur de l’histoire à remporter les cinq premiers Masters 1000 d’une saison, certains imaginent déjà un éventuel Grand Chelem des Masters 1000.
Mais Sinner refuse totalement de se projeter aussi loin : « Selon moi, ce n’est pas réaliste. Là, nous avons gagné ici et nous sommes contents, mais il est impossible de jouer comme je joue actuellement pendant toute une saison. »
Le Transalpin a surtout insisté sur l’importance de son travail physique dans sa domination actuelle : « La chose la plus importante, c’est le corps. Si physiquement tu ne vas pas bien, tu ne vas nulle part. »
Il a d’ailleurs confirmé qu’il ne jouerait aucun tournoi sur gazon avant Wimbledon afin de préserver son organisme.
« Le bonheur ne doit pas dépendre d’une victoire »
L’un des passages les plus marquants de cette conférence est arrivé lorsqu’un journaliste lui a demandé ce que représentait le bonheur pour lui.
Une question à laquelle Sinner a répondu avec énormément de recul : « Je pense que le bonheur ne doit pas dépendre du fait de gagner ou perdre un tournoi. Si tu te mets trop de pression, ça devient un cauchemar. »
Malgré les records et la domination historique qu’il est en train d’installer sur le circuit, l’Italien semble chercher son équilibre ailleurs : « De petites choses me rendent heureux. Jouer au golf, faire du karting… ce genre de choses. »
Réussir le Golden Masters à Rome donne évidemment une saveur particulière à cet exploit historique.
Sinner lui-même n’a pas caché son émotion en évoquant ce moment : « Il n’y avait pas meilleur endroit pour compléter cette collection. Pour un Italien, c’est l’un des endroits les plus spéciaux où jouer au tennis. Gagner ici au moins une fois dans ma carrière signifie énormément pour moi. »