Loïs Boisson avant Roland-Garros : « Tout est possible, je peux aller au bout comme perdre au premier tour »

De retour à Roland-Garros après sa demi-finale historique en 2025, Loïs Boisson s’est confiée sur ses blessures, les erreurs médicales et son état d’esprit avant son entrée en lice.
Loïs Boisson lors du Media Day de Roland-Garros 2026 (FFT) Loïs Boisson lors du Media Day de Roland-Garros 2026 (FFT)
Loïs Boisson lors du Media Day de Roland-Garros 2026 (FFT)

Un an après avoir bouleversé Roland-Garros et tout le tennis français avec une demi-finale historique sortie de nulle part, Loïs Boisson est de retour Porte d’Auteuil. Mais cette fois, le contexte est radicalement différent.

Après une longue absence de plusieurs mois marquée par une double blessure à la cuisse puis au bras, des complications médicales et un retour difficile sur le circuit, la Française revient avec beaucoup plus d’incertitudes.

En conférence de presse avant son entrée en lice face à la 22e mondiale Anna Kalinskaya, Boisson s’est livrée sur les moments les plus compliqués de ces derniers mois, sa reconstruction physique et mentale, ainsi que sur ce rapport particulier qu’elle entretient désormais avec Roland-Garros.

« Le début de 2026 a été très dur »

Depuis sa demi-finale surprise l’an dernier, tout ne s’est évidemment pas déroulé comme prévu pour la Française. Blessée à plusieurs reprises, éloignée des courts pendant près de six mois, Loïs Boisson a traversé une période particulièrement compliquée.

« Le début de 2026 n’a pas été bon. J’ai été blessée à nouveau et je ne pouvais pas jouer. Franchement, le début de l’année a été très dur », a-t-elle déclaré.

La Française a notamment expliqué avoir vécu une blessure très différente des précédentes, avec énormément d’incertitudes et plusieurs erreurs médicales qui ont retardé son retour : « Cette blessure était différente des autres parce que je ne savais pas. Il n’y avait aucun calendrier. Il y a eu plusieurs erreurs et c’était difficile mentalement parce qu’on ne savait rien. »

Pendant des semaines, puis des mois, elle a avancé sans véritable visibilité sur son retour : « Chaque jour, chaque semaine, chaque mois qui passait, je ne savais pas. C’était dur. »

Une situation qui aurait pu la faire douter profondément, même si elle assure avoir toujours gardé cette envie de revenir : « La passion du jeu et du tennis m’a aidée. Et aussi les gens autour de moi, mon entourage, ma famille. »

Un retour compliqué… avant enfin un déclic à Strasbourg

Son retour sur terre battue n’a pas immédiatement été synonyme de renaissance. Battue d’entrée à Madrid, Rome puis Parme, la Française manquait encore de rythme et de repères.

Mais cette semaine à Strasbourg a enfin permis de débloquer quelque chose. Grâce notamment à une belle victoire contre la 33e mondiale Wang Xinyu avant une défaite face à la n°9 Victoria Mboko, Boisson a retrouvé des sensations positives : « Les matchs à Strasbourg m’ont aidée parce que j’ai pu rejouer et retrouver mon rythme sur le court. »

Surtout, la Française assure enfin se sentir totalement remise physiquement : « Physiquement, je me sens bien. Maintenant je suis à 100 %. » Une phrase importante après des mois d’incertitudes.

Pour préparer ce retour, Boisson a également choisi de retravailler avec Florian Reynet, un entraîneur qui la connaît parfaitement et avec lequel elle a retrouvé des repères essentiels : « J’avais besoin de quelqu’un qui me connaisse complètement. Pendant cette période, j’ai perdu mon rythme, mes repères, parce que je n’avais pas joué pendant plusieurs mois. Je me suis rendu compte qu’il fallait revenir aux bases et me recentrer sur les choses que je connaissais avant cette période. »

Toujours dans sa bulle malgré l’exposition

L’an dernier, durant son incroyable parcours parisien, Loïs Boisson avait marqué les esprits par sa capacité à totalement se couper du bruit extérieur. Un an plus tard, malgré une exposition médiatique bien plus forte, elle tente toujours de fonctionner de la même manière.

« Je suis encore dans ma bulle pendant les grands tournois », a-t-elle expliqué. Même si elle reconnaît que cette année particulière l’a parfois forcée à sortir un peu plus de cette protection : « Parfois, tu n’as pas le choix de sortir de ta bulle parce que tu es plus exposée. »

Mais une fois le tournoi commencé, son objectif reste inchangé : « Mon objectif est de rester concentrée sur mon jeu et sur le tennis. »

« Tout est possible »

Forcément, les attentes autour d’elle sont désormais immenses. Beaucoup rêvent déjà d’un nouveau parcours fou à Roland-Garros. Mais Boisson refuse totalement de s’enfermer dans un scénario : « L’an dernier était exceptionnel, mais au fond de moi je savais que je pouvais le faire. »

Cette année, les conditions sont très différentes, mais son état d’esprit reste exactement le même : « Tout est possible. Je peux gagner, je peux aller au bout comme je peux perdre au premier tour. Je ne sais pas. On verra ce qu’il va se passer. »

Une chose, en revanche, n’a pas changé : le soutien du public français. Boisson l’a déjà ressenti à Strasbourg cette semaine et sait que Roland-Garros lui donnera encore une énergie particulière : « Le public était avec moi à Strasbourg. Je suis très heureuse de ça parce que je sais que ça peut encore me faire élever mon niveau. »

Un soutien qui pourrait être précieux pour celle qui abordera cette édition 2026 sans pression de résultat immédiat, mais avec une immense envie de retrouver pleinement sa place sur le circuit.

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