« Je me déplaçais presque comme un zombie », « S’accrocher et survivre » : à Roland-Garros, les témoignages de joueurs sur les conséquences de la vague de chaleur qui touche actuellement la France affluent, et inquiètent.
Le Grand Chelem parisien (24 mai – 7 juin) se tient en effet en pleine fournaise avec des pics de chaleur qui atteignent parfois les 34 degrés sur certains courts.
Des données d’autant plus inquiétantes après les scènes terrifiantes vécues sur le court 6 ce mercredi après-midi, Jakub Mensik ayant nécessité une assistance médicale. Pendant près de dix minutes et après 4h41 de combat face à Mariano Navone, le joueur tchèque n’a pas été capable de se relever. Mais alors, pour éviter le pire dans ces conditions climatiques, que prévoit le protocole et que faudrait-il mettre en place ? On fait le point avec plusieurs éléments de réponse.
🚨 Assistance médicale pour le Tchèque qui ne peut plus se relever après 4h41 de combat. 😳 https://t.co/iMJDPrwTpe pic.twitter.com/3tcliSGFcB
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) May 27, 2026
Un protocole bien précis
L’ATP a mis en place de nouvelles mesures cette année, basées sur l’indice WBGT (en français : indice de température au thermomètre-globe mouillé). Un indicateur calqué sur le régime déjà en place chez les femmes (WTA) et prenant en compte la température de l’air, l’humidité et le rayonnement solaire.
Au premier seuil, 30,1 degrés, soit environ 35 degrés et un taux d’humidité de 60 %, les joueurs auraient le droit à une pause de dix minutes après un troisième set, et après un deuxième set pour les joueuses. À 32,2 degrés, soit environ 36 degrés et 66 % d’humidité, il serait envisagé de fermer le toit sur les courts qui le permettent, voire d’interrompre les rencontres en cours.
Mais ici encore, ces solutions ne seraient pas la panacée puisqu’à la Porte d’Auteuil, seuls les courts Philippe-Chatrier et Suzanne-Lenglen disposent d’un toit. Ainsi, fermer uniquement ces deux courts créerait un problème d’équité certain entre les joueurs.
Ce que cela veut dire ? Concrètement, en dessous de la barre des 35 degrés, les joueurs devront serrer les dents, parfois au péril de leur santé. Et puisque ces seuils semblent trop élevés pour être atteints par le climat parisien durant la quinzaine, l’hydratation au moment du changement de côté restera la sempiternelle solution.
Faire jouer les matchs plus tôt, ou plus tard ?
Une solution toute trouvée pourrait donc se présenter sur la table : décaler les horaires de matchs pour éviter le plein cagnard. Ce n’est toutefois pas une mince affaire pour la direction du tournoi puisque compresser 640 matchs en l’espace de deux semaines n’est déjà pas chose aisée. Mais Roland-Garros dispose tout de même de 20 courts, dont certains sont laissés vacants notamment après la première semaine, alors pourquoi s’en priver ?
C’est d’ailleurs tout le sens de la déclaration de Novak Djokovic en conférence de presse après sa qualification pour le troisième tour ce mercredi soir : « Est-ce idéal de dépasser minuit ? Non. Mais s’il fait une chaleur extrême, alors c’est peut-être quelque chose à envisager », glissait-il hypothétiquement. Il est toutefois difficile d’imaginer tel changement, notamment pour le public qui rechignerait probablement à devoir rester si tard.