Après avoir laissé passer une occasion en or dans un tableau largement ouvert, Félix Auger-Aliassime a quitté Roland-Garros avec beaucoup d’amertume. Battu par Flavio Cobolli en quatre sets (4-6, 6-4, 6-4, 6-4) en quarts de finale, le Canadien n’a pas caché sa frustration devant les journalistes.
Alors qu’il atteindra lundi le meilleur classement de sa carrière avec une place de n°4 mondial, le joueur de 25 ans a surtout retenu les occasions manquées et les progrès qu’il estime ne pas réaliser assez vite.
« Cobolli a été le meilleur joueur »
Interrogé sur les raisons de sa défaite, Auger-Aliassime s’est montré particulièrement direct : « Il a été le meilleur joueur. Je dois m’améliorer, c’est tout. »
Le Canadien estime avoir laissé filer le match dans le deuxième set alors qu’il menait pourtant 6-4, 3-1 : « J’ai raté une volée importante. C’était un bon schéma, service-volée. J’ai mis la volée dans le filet. Ensuite il a bien retourné, j’ai forcé mon coup droit et il a débreaké. »
À partir de ce moment-là, il a senti l’Italien prendre progressivement le contrôle de la rencontre : « Après ça, il a commencé à revenir dans le match et à jouer un peu mieux. J’ai raté une opportunité à ce moment-là. »
Le Canadien a également identifié un jeu clé dans le troisième set. À 2-1, il s’est procuré trois balles de break consécutives avant de manquer un coup droit pourtant dans sa zone de confort : « En regardant en arrière, ce coup droit à 0-40 est énorme. J’étais dans une très bonne position. J’avais le point sur ma raquette et j’ai raté mon coup droit, qui est pourtant mon point fort. »
Plus tard dans la manche, alors que Cobolli servait à 4-3, Auger-Aliassime a encore obtenu plusieurs opportunités : « Je dois lui donner du crédit. Il a joué de très bons échanges. Je n’ai pas eu l’ouverture. Je devais rester dans le rallye et il a simplement été meilleur que moi. »
Une progression qui ne le satisfait pas
Si son parcours parisien lui permettra de devenir n°4 mondial lundi, le Canadien a surtout livré un constat mitigé sur sa situation actuelle.
Selon lui, cette place dans le classement ne reflète pas totalement ce qu’il souhaite accomplir sur le court : « D’un point de vue plus global, je ne peux pas me plaindre de ma vie. Mais aujourd’hui, je suis un peu détruit. »
Puis il a développé son sentiment avec beaucoup d’honnêteté : « Habituellement, je gère plutôt bien les défaites. Toute ma carrière, je suis retourné à l’entraînement avec optimisme et positivité. Mais aujourd’hui, j’ai l’impression de ne pas être le joueur que je veux être. »
Malgré son statut de membre du Top 5 mondial, Auger-Aliassime estime ne pas progresser à la vitesse qu’il souhaiterait : « Avec les années, je deviens de plus en plus impatient. »
Le Canadien, qui fêtera ses 26 ans cette année, a poursuivi : « Je n’évolue pas comme je le souhaiterais. C’est pour ça que je ne me sens pas bien aujourd’hui. »
Il va désormais basculer vers la saison sur gazon avec un sentiment contrasté. D’un côté, une progression historique au classement ATP. De l’autre, la conviction d’avoir laissé échapper une opportunité rare dans un Roland-Garros où plusieurs favoris, comme Jannik Sinner ou Novak Djokovic, ont quitté le tournoi prématurément.
Concernant la suite de sa saison, Auger-Aliassime ne cache pas qu’il aura besoin de temps avant de repartir au combat : « J’ai besoin de temps, peut-être une semaine, pour me vider la tête et me projeter sur le reste de la saison et sur le reste de ma carrière. »