Grande favorite du tournoi et n°1 mondiale, Aryna Sabalenka a quitté Roland-Garros dès les quarts de finale après une défaite renversante contre Diana Shnaider. Menant 6-3, 4-1 (double break), la Biélorusse a totalement craqué pour finalement s’incliner 3-6, 7-5, 6-0.
En conférence de presse, elle n’a pas caché sa détresse, évoquant un véritable effondrement mental et des similitudes troublantes avec sa finale perdue contre Coco Gauff en 2025.
Son premier commentaire résume parfaitement son état d’esprit : « Je n’ai aucune pensée. Aucune émotion. J’ai juste envie d’arrêter le tennis maintenant. »
Avant de nuancer immédiatement : « On verra dans quelques jours. J’espère retrouver un bon état mental. »
« Je suis tombée dans un trou noir »
Sabalenka a identifié très clairement le moment où tout a basculé. À 6-3, 4-1 puis 30-0 sur son service dans le deuxième set, elle semblait pourtant se diriger vers une victoire confortable.
Mais après avoir laissé revenir Shnaider, elle n’a jamais réussi à se remettre mentalement de la perte de la deuxième manche : « J’avais de très bonnes opportunités dans le deuxième set. J’ai tout gâché. Elle a commencé à jouer un très bon tennis et mentalement je n’ai jamais réussi à récupérer après ce deuxième set. »
La suite a tourné au cauchemar. Sabalenka a perdu dix jeux consécutifs pour conclure la rencontre sur un sévère 6-0 dans la manche décisive : « Je ne sais même pas quand c’est arrivé la dernière fois dans ma carrière. »
Elle a décrit ce passage avec des mots particulièrement forts : « Mentalement, je suis tombée dans un trou noir très profond et je n’ai jamais réussi à en sortir. »
Le vent et le toit du Chatrier dans le viseur
Comme lors de sa finale perdue contre Coco Gauff à Roland-Garros en 2025, Sabalenka s’est également montrée très critique concernant les conditions de jeu.
Le vent a visiblement fortement perturbé la Biélorusse : « Je ne comprends pas pourquoi ils ont laissé le toit ouvert alors qu’il y avait un vent complètement fou. »
Même si elle refuse d’utiliser cet élément comme excuse principale : « Comment pourrais-je me plaindre alors que pendant une grande partie du match tout fonctionnait bien pour moi ? »
Elle estime néanmoins que le spectacle proposé n’était pas à la hauteur : « Même quand je gagnais, c’était un tennis très sale. Je ne sais même pas comment les gens ont pu regarder ça. »
Elle a également rappelé un souvenir encore douloureux : « Je me souviens qu’en finale l’année dernière, les conditions étaient similaires. Puis le lendemain ils avaient fermé le toit pour les hommes. »
Une référence directe à sa finale perdue face à Coco Gauff, déjà marquée par une immense frustration liée au vent.
Selon elle, un même mécanisme semble se répéter dans certains grands rendez-vous : « Je dois vraiment prendre du recul et comprendre ce qui se passe dans ma tête dans ces moments difficiles. »
Une situation qu’elle juge d’autant plus frustrante qu’elle possède désormais énormément d’expérience : « J’ai traversé beaucoup de choses dans ma carrière et j’ai surmonté énormément d’obstacles. »
Mais il reste encore un blocage à résoudre : « Il y a ce petit détail qui ne fonctionne pas parfois. »
« Je réfléchis probablement trop »
Sabalenka avance plusieurs pistes pour expliquer ces défaillances émotionnelles. L’une d’elles concerne son obsession de remporter Roland-Garros.
Quadruple championne en Grand Chelem sur dur, elle n’a jamais gagné de Majeur sur terre battue ou sur gazon : « Peut-être que je pense trop au fait que je n’ai jamais gagné de Grand Chelem sur ces surfaces. »
Selon elle, cette pression pourrait finir par devenir contre-productive : « Cela me fait trop réfléchir et parfois devenir trop émotive. »
Une situation qui commence à l’épuiser : « Je suis fatiguée de perdre certains matchs parce que j’étais trop émotive. »
Une remise en question totale
Malgré la violence de la défaite, Sabalenka refuse toutefois de sombrer dans le pessimisme. Elle reste convaincue qu’une solution existe : « À un moment donné, je vais trouver la réponse. »
Et elle compte utiliser cette expérience pour revenir plus forte : « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. »
Fidèle à son humour parfois décalé, elle a même terminé sa conférence sur une note plus légère : « Je crois que j’ai trouvé une solution. Vous savez ces endroits où on peut entrer dans une pièce et tout casser ? Je vais probablement passer toute la journée de demain à détruire des objets. Peut-être que ça aidera. Peut-être pas (sourire). »