Jakub Mensik continue d’écrire la plus belle page de sa jeune carrière. Le Tchèque de 20 ans a dominé João Fonseca en trois sets (6-4, 6-3, 7-6) mardi soir pour rejoindre les demi-finales de Roland-Garros.
Un succès qui n’a pourtant rien eu d’une simple promenade, notamment dans une fin de match complètement folle où le Brésilien a sauvé six balles de match avant de finalement céder au tie-break.
Mais même dans le chaos, Mensik est resté fidèle à lui-même : calme, concentré et imperturbable.
« Je n’entendais même plus le public »
La séquence la plus marquante du match est évidemment ce jeu à 6-5 dans le troisième set.
Alors qu’il obtenait balle de match après balle de match, Mensik voyait Fonseca produire des coups exceptionnels pour prolonger le suspense. Une situation qui aurait pu faire basculer mentalement beaucoup de joueurs.
Pas lui : « J’étais totalement dans ma bulle. Je ne faisais même plus attention au score. Je me concentrais uniquement sur mon jeu, sur ma performance et sur moi-même. »
Le Tchèque explique même avoir été coupé de tout ce qui l’entourait : « Même quand le public explosait, je n’entendais rien. J’étais tellement concentré que je ne pensais qu’au point suivant. »
Malgré une volée smashée manquée sur une balle de match et plusieurs occasions envolées, il n’a jamais laissé la frustration prendre le dessus : « Je suis surtout heureux d’avoir réussi à élever mon niveau de jeu dans le tie-break alors que la dynamique commençait à basculer de son côté. »
Une demi-finale construite malgré une préparation compliquée
Cette performance est d’autant plus remarquable que la saison sur terre battue de Mensik avait très mal commencé.
Le Tchèque a révélé avoir traversé plusieurs semaines particulièrement compliquées avant Roland-Garros : « J’ai eu une infection à un orteil juste avant Monte-Carlo. Ensuite, j’ai attrapé un virus qui m’a éloigné des courts pendant deux semaines. »
Même lors des Masters 1000 précédents, il n’était pas à 100 % : « Avant Madrid, je n’avais pu m’entraîner que trois ou quatre jours. Je jouais mais je ne me sentais pas bien. »
Pendant plusieurs semaines, son attention était davantage tournée vers sa santé que vers son tennis : « Je passais plus de temps à réfléchir à ce qu’il fallait faire pour pouvoir jouer qu’à mon tennis lui-même. »
Tout a changé avant Roland-Garros : « Pour la première fois depuis longtemps, je suis arrivé ici en étant en bonne santé, sans douleur et avec une vraie préparation. »
Les résultats parlent d’eux-mêmes.
L’héritage Djokovic
Interrogé sur son excellente gestion des grands rendez-vous, Mensik a naturellement évoqué Novak Djokovic.
Le Tchèque entretient depuis plusieurs années une relation privilégiée avec le Serbe, qui l’avait invité à s’entraîner avec lui alors qu’il était encore junior : « Il avait vu un certain potentiel en moi. »
Une expérience qui a profondément marqué sa progression : « À l’époque, je découvrais simplement comment fonctionnait le circuit. »
Avec le recul, Mensik estime que ces moments lui servent aujourd’hui : « Cette expérience m’a beaucoup aidé à comprendre les Grands Chelems et à gérer ce type d’événements. »
Une alerte physique sans conséquence
Tout n’a pourtant pas été parfait face à Fonseca.
À la fin du deuxième set, Mensik a commencé à ressentir une gêne à la jambe gauche, notamment au moment du service : « J’ai eu peur au début. Je me demandais ce que c’était. »
Cette inquiétude a perturbé son début de troisième manche : « J’ai perdu un peu de concentration à cause de ça. Ce n’était qu’un muscle contracté. »
Et plus le match avançait, plus la douleur disparaissait : « L’intensité du match a fini par faire disparaître cette sensation. À la fin, je ne ressentais pratiquement plus rien. »
Une excellente nouvelle à deux jours d’une demi-finale historique pour lui.
Zverev en ligne de mire
Mensik retrouvera désormais Alexander Zverev pour une place en finale. Les deux hommes se sont déjà affrontés cette saison à Madrid dans un match serré remporté par l’Allemand.
Mais le Tchèque ne s’attarde pas sur ce précédent : « C’est une situation complètement différente. »
Cette fois, il s’agira d’une demi-finale de Grand Chelem et d’un format en cinq sets : « Je suis surtout très excité par ce défi. »