Malgré son statut de numéro 1 mondiale, Aryna Sabalenka aborde Wimbledon avec une préparation particulière.
Les dernières semaines ont été marquées par deux défaites douloureuses, notamment celle de Roland-Garros où elle avait même confié avoir eu « envie d’arrêter le tennis » juste après son élimination.
Avant son entrée en lice à Londres, la Biélorusse est revenue sur cette période compliquée.
« Le tennis est avant tout un sport mental »
Sabalenka a confirmé avoir renoué avec son ancienne psychologue, une décision prise en accord avec son équipe.
« Nous savions qu’à un moment donné, je devrais recommencer à travailler avec elle. Je n’avais pas envie de repartir avec quelqu’un d’autre, parce qu’il faudrait tout raconter depuis le début et faire comprendre toute mon histoire à une nouvelle personne », a-t-elle déclaré.
Pour la quadruple championne en Grand Chelem, le travail mental est devenu indispensable : « J’ai simplement besoin de quelqu’un à qui je puisse confier toutes mes pensées et qui m’aide à faire un peu de ménage dans ma tête avant les grands tournois. »
Même si son équipe est très présente au quotidien, elle estime que certains sujets nécessitent un autre interlocuteur : « J’ai mon équipe avec qui je parle énormément, mais il y a parfois des choses que je n’ai pas envie de leur transmettre. Je pense qu’il est très important d’avoir quelqu’un avec qui l’on se sente totalement en sécurité. »
Et elle résume même sa vision du tennis en une phrase : « Je pense que le tennis est avant tout un sport mental. »
« Mon jeu revient progressivement »
Quelques jours après sa lourde défaite face à Jessica Pegula à Berlin (0-6 dans le troisième set), Sabalenka assure pourtant être rassurée par son niveau de jeu : « J’ai travaillé sur plusieurs choses avant Wimbledon et elles ont vraiment commencé à fonctionner à Berlin. »
Elle reconnaît que Pegula avait tout simplement élevé son niveau dans les derniers jeux : « Dans le troisième set, elle a trouvé un rythme que je n’ai jamais réussi à casser. »
Une fois le match terminé, la réaction fut presque inattendue : « Honnêtement, j’en ai ri. Je me suis dit : « Bon, voilà ce qui nous arrive en ce moment. » »
Plutôt que de s’attarder sur cette défaite, la Biélorusse préfère regarder devant : « Je ne veux pas rester bloquée sur un set ou sur un score. Je veux simplement continuer à travailler sur mon jeu. Globalement, j’ai senti que beaucoup de choses revenaient en place. Aujourd’hui, je suis ici, heureuse, et j’ai hâte de commencer Wimbledon. »
Elle ne pense pas à la place de n°1 mondiale
Elena Rybakina peut théoriquement lui ravir la première place mondiale pendant cette quinzaine. Un sujet qui ne semble pas préoccuper Sabalenka : « À ce stade de ma carrière, je ne fais plus attention au classement. J’ai appris que le moment où l’on commence à y penser est souvent celui où tout vous échappe. »
Son unique priorité reste son propre niveau : « Je me concentre uniquement sur moi, sur mon histoire. Ce qu’Elena fera ici lui appartient. J’espère simplement rester numéro 1 à la fin du tournoi. »
Interrogée sur ses déclarations très fortes après Roland-Garros, lorsqu’elle avait expliqué avoir eu envie d’arrêter le tennis, Sabalenka a retrouvé son humour.
Comment s’est-elle remise de cette immense déception : « Deux paquets de chips… quelques bonbons… et ça repart ! »
Avant de répondre plus sérieusement : « Il m’a fallu quelques jours. J’avais surtout besoin de quitter l’endroit où tout s’était passé. Ensuite, je me suis sentie beaucoup mieux. »
« Nous nous battons pour les joueurs les moins bien classés »
La conférence de presse a également été largement consacrée au mouvement de contestation mené par les meilleurs joueurs contre les Grands Chelems.
Sabalenka salue l’augmentation des dotations annoncée par Wimbledon : « C’est un très bon début. »
Mais elle estime que le problème dépasse largement la question des primes : « Nous faisons cela pour le circuit. Nous ne le faisons pas pour nous-mêmes. Nous le faisons pour les joueurs qui ont du mal à payer un entraîneur. Ce n’est pas une vie facile quand on est plus loin au classement. »
Elle espère désormais trouver rapidement un accord : « J’espère vraiment que nous allons nous asseoir autour d’une table, trouver une solution qui convienne à tout le monde et que nous n’aurons plus jamais besoin d’en arriver à limiter nos obligations médiatiques ou à parler d’un éventuel boycott. »
Heureuse du retour de Serena Williams
Enfin, Sabalenka n’a pas caché son enthousiasme devant le retour de Serena Williams à Wimbledon : « Je ne sais pas jusqu’où elle ira, mais je suis vraiment impatiente de la voir rejouer. »
Elle estime que ce retour est une excellente nouvelle pour tout le tennis : « Serena attire énormément d’attention sur notre sport. C’est une très bonne chose pour le tennis, et j’ai vraiment hâte de la revoir sur un court. »