Linda Noskova continue de vivre un été exceptionnel. Titrée à Berlin il y a quelques semaines, la Tchèque disputera samedi la première finale du Grand Chelem de sa carrière après avoir dominé Marta Kostyuk en deux sets.
Pourtant, à l’issue de cette immense performance, la n°12 mondiale peinait encore à réaliser ce qui venait de lui arriver.
« Je ne sais même pas ce que je ressens »
Interrogée sur son état d’esprit après cette qualification historique, Linda Noskova est restée fidèle à son tempérament très posé : « Je ne sais même pas ce que je ressens. C’était un très bon match. Je suis restée calme tout au long de la rencontre, c’était mon principal objectif. Donc je suis plutôt satisfaite. »
Même au moment de conclure la rencontre, la Tchèque explique avoir eu du mal à réaliser : « Je n’arrivais pas vraiment à y croire. On rêve toujours de vivre ces moments et de gagner ce genre de grands matchs. Mais quand cela arrive réellement, on ne sait plus vraiment comment réagir. »
Elle reconnaît d’ailleurs qu’elle a souvent besoin de recul pour mesurer ses performances : « Je réalise toujours mes succès ou mes grands tournois une fois qu’ils sont terminés. Là, je suis déjà concentrée sur la finale. Après le tournoi, je réaliserai sûrement davantage. »
Plus tard, elle ajoute avec le sourire : « Je crois que je devrai regarder les photos pour croire que tout cela est vraiment arrivé. »
« Karolina est une grande joueuse et une personne formidable »
Samedi, Linda Noskova retrouvera Karolina Muchova pour une finale 100 % tchèque, une affiche historique.
Si elles ne se connaissaient pas vraiment à ses débuts sur le circuit, les Jeux olympiques ont changé leur relation : « Nous ne nous connaissions pas vraiment avant quelques années. Mais pendant les Jeux olympiques, nous avons passé énormément de temps ensemble en jouant le double. C’est vraiment à ce moment-là que nous avons appris à nous connaître. »
Noskova ne cache pas toute l’admiration qu’elle porte à son aînée : « C’est une grande joueuse et une personne formidable. »
Elle se souvient également avoir suivi avec passion la finale de Roland-Garros 2023 disputée par Muchova : « Oui, je regardais cette finale. Et bien sûr, je supportais Karolina. J’aime toujours voir les joueuses tchèques réussir. »
« Après Roland-Garros, j’étais mentalement épuisée »
En l’espace de quelques semaines, Linda Noskova est passée d’une élimination frustrante à Roland-Garros à un titre à Berlin puis une finale de Wimbledon.
Une trajectoire qu’elle n’avait absolument pas anticipée : « Non. Ce genre de résultats arrive toujours de nulle part. On ne peut pas programmer les périodes de réussite. Si je pouvais, je les programmerais à chaque Grand Chelem. »
Elle explique avoir eu besoin d’une véritable remise à zéro après la saison sur terre battue : « Après Roland-Garros, j’étais mentalement épuisée. La saison sur terre avait été longue, j’avais joué beaucoup de bons matchs, mais Roland-Garros a été un désastre pour moi. »
La clé de ce renouveau : « J’ai dû repartir de zéro, me recentrer et simplement essayer de prendre du plaisir sur le court. C’est ce qui m’a menée jusqu’ici. À ce niveau, ce ne sont plus les grandes différences qui comptent, mais les petits pourcentages. »
« Le gazon permet aux joueuses tchèques d’exprimer toute leur créativité »
Comme Karolina Muchova quelques minutes plus tôt, Linda Noskova a été interrogée sur la réussite historique des joueuses tchèques à Wimbledon.
Sans prétendre détenir la réponse miracle, elle avance une explication : « Je crois que c’est presque une tradition maintenant. Nous sommes élevées de la même manière tennistiquement en République tchèque. »
Elle estime surtout que le gazon récompense les qualités techniques des joueuses de son pays : « Nous sommes des joueuses très créatives. Le gazon nous permet d’utiliser toutes les facettes de notre tennis : le service-volée autrefois, les slices, les volées… Cette surface nous permet vraiment d’exprimer notre créativité et cela se voit dans les résultats. »
Face à Marta Kostyuk, comme lors de ses précédents matchs, son service a fait énormément de dégâts.
Un secteur sur lequel elle travaille depuis longtemps : « Je travaille mon service depuis plusieurs années. Dernièrement, cela m’aide énormément. Sur gazon et sur dur, c’est probablement l’arme la plus importante. »
Son approche reste très simple : « J’essaie toujours de me concentrer sur mes jeux de service. Ce qui se passe ensuite en retour ne dépend pas toujours de moi, mais mon service est ce sur quoi je concentre le plus d’énergie. »
Une joueuse tournée vers la nature… bien plus que vers les réseaux sociaux
Linda Noskova explique volontairement limiter son temps passé sur son téléphone pendant les tournois : « Je l’utilise très peu. Surtout pendant les tournois parce que je ne veux pas être distraite. »
Elle évite également de lire ce qui se dit sur elle : « Je ne me cherche jamais sur Google pour voir ce que les gens écrivent. C’est Internet, on ne peut pas croire tout ce qui s’y dit. Les réseaux sociaux ne sont pas vraiment un endroit agréable pour moi, donc j’essaie d’y passer le moins de temps possible. »
La Tchèque révèle enfin un projet qui lui tient particulièrement à cœur pour l’après-carrière : « J’ai toujours été très sensible aux questions environnementales. J’ai grandi dans un petit village, quasiment au milieu de la forêt. Après ma carrière, j’aimerais vraiment m’investir dans des projets liés à l’environnement, peut-être même faire du bénévolat. »
« Je joue un excellent tennis en ce moment »
Enfin, interrogée sur son niveau de jeu actuel, Linda Noskova assume pleinement sa confiance : « Je pense que je joue un excellent tennis. Quand je me sens détendue sur le court, c’est là que mon niveau s’exprime le mieux. »
Elle conclut en expliquant pourquoi son jeu semble parfaitement adapté au gazon : « À ce stade, tout le monde a le niveau. Ce sont les petits pourcentages qui font la différence. Je pense que mon style de jeu fonctionne très bien sur gazon et cela porte ses fruits. »