Combien rapporte Wimbledon ? Les secrets du business du tournoi le plus prestigieux du monde

Wimbledon génère plus de 400 millions de livres de revenus. Droits TV, prize money, coûts, bénéfices, LTA… plongée dans le business du tournoi le plus prestigieux du tennis.
Les trophées de Wimbledon exposés devant le Centre Court du All England Club (Getty Images) Les trophées de Wimbledon exposés devant le Centre Court du All England Club (Getty Images)
Les trophées de Wimbledon exposés devant le Centre Court du All England Club (Getty Images)

Wimbledon est le tournoi le plus prestigieux du tennis mondial. Mais derrière le gazon, les tenues blanches et les traditions britanniques se cache aussi une machine économique gigantesque.

En 2025, les revenus des Championships ont atteint 423,6 millions de livres sterling, contre 179,9 millions dix ans plus tôt. Autrement dit, Wimbledon a plus que doublé ses revenus en une décennie.

Plus de 400 millions de livres en deux semaines

Le chiffre donne le vertige.

Selon les données financières publiées autour du All England Club, Wimbledon a généré 423,6 millions de livres de revenus en 2025. Les comptes officiels 2025 du All England Lawn Tennis Club ont bien été déposés auprès de Companies House le 24 avril 2026.

Pour 2026, la projection utilisée dans le débat avec les joueurs évoque environ 444,8 millions de livres de revenus, en appliquant une croissance de 5 % par rapport à 2025. Cette projection n’est pas un chiffre définitif officiel, mais elle sert de base aux discussions autour du partage des revenus.

Vue aérienne du All England Club à Londres, où se déroule chaque année Wimbledon, le plus ancien tournoi du Grand Chelem (Getty Images)
Vue aérienne du All England Club à Londres, où se déroule chaque année Wimbledon, le plus ancien tournoi du Grand Chelem (Getty Images)

D’où vient l’argent de Wimbledon ?

Wimbledon repose sur plusieurs sources majeures de revenus : droits TV, billetterie, hospitalités, partenariats commerciaux, restauration et produits dérivés.

Le tournoi reste pourtant très différent des autres grands événements sportifs. Wimbledon conserve une approche commerciale très encadrée, avec peu de branding visible, une politique de billetterie plus traditionnelle et même la possibilité pour les spectateurs d’apporter leur propre nourriture.

Là où de nombreux événements multiplient les partenaires commerciaux, le All England Club fait le choix inverse. Pourtant, cette rareté est précisément ce qui fait exploser la valeur de son image.

Le Grand Chelem qui attire le plus d’argent des sponsors

En 2026, Wimbledon compte seulement 17 partenaires officiels, chacun bénéficiant d’une exclusivité dans son secteur d’activité. Parmi eux figurent notamment Rolex, IBM, Lexus, Ralph Lauren, American Express, Barclays, Evian, Slazenger, Vodafone, Lavazza, Pimm’s ou encore Stella Artois.

Selon le rapport Business of the Tennis Grand Slams 2025, Wimbledon est le Grand Chelem qui génère le plus de revenus issus du sponsoring, avec une valeur annuelle estimée à 124 millions de dollars (environ 91 millions de livres sterling) grâce à ses 17 partenaires officiels.

Autrement dit, malgré un nombre de sponsors bien inférieur à celui de nombreux autres événements sportifs, Wimbledon est celui qui vend le mieux son image aux marques.

Les droits médias pèsent également très lourd. Des analyses du marché évaluent les revenus médias de l’édition 2025 à 253 millions de dollars, avec notamment des contrats importants avec la BBC au Royaume-Uni et ESPN aux États-Unis.

À titre indicatif, le modèle économique du tournoi se répartirait de la manière suivante :

Source de revenus Part estimée des revenus
Droits TV ≈ 55 à 56 %
Billetterie ≈ 16 à 18 %
Sponsoring ≈ 16 à 17 %
Restauration, merchandising et hospitalités ≈ 10 à 12 %

Estimations issues d’analyses de cabinets spécialisés.

Combien gagnent les joueurs à Wimbledon ?

En 2026, Wimbledon a annoncé un prize money record de 64,2 millions de livres, soit une hausse de 20 % par rapport à 2025. Les vainqueurs du simple hommes et du simple femmes toucheront chacun 3,6 millions de livres.

Cette hausse est historique, mais elle n’a pas éteint le débat.

Selon The Guardian, cette enveloppe représente environ 14,4 % des revenus projetés de Wimbledon en 2026, alors que les joueurs réclamaient initialement une part plus importante.

Jannik Sinner après son titre à Wimbledon en 2025 (ITF)
Jannik Sinner après son titre à Wimbledon en 2025 (ITF)

Pourquoi les joueurs contestent-ils ?

La polémique vient d’un point précis : les joueurs estiment que les Grands Chelems génèrent des revenus considérables, mais que la part qui leur revient reste trop faible.

À Wimbledon, les joueurs auraient demandé une enveloppe d’environ 71 millions de livres, correspondant à 16 % des revenus projetés. Le tournoi a finalement retenu 64,2 millions de livres.

Aryna Sabalenka a notamment défendu ce mouvement en expliquant qu’il ne concernait pas seulement les stars, mais aussi les joueurs moins bien classés, confrontés à des coûts élevés pour financer leur carrière.

Combien coûte Wimbledon ?

C’est la partie la plus délicate : il n’existe pas, dans les sources publiques facilement exploitables, une ligne simple intitulée “coût d’organisation de Wimbledon”.

En revanche, le Financial Times indique que les dépenses de Wimbledon ont fortement augmenté, passant de 139 millions de livres en 2015 à environ 370 millions de livres, notamment en raison des investissements en infrastructures et en technologie.

Autrement dit, Wimbledon rapporte énormément, mais son modèle repose aussi sur des coûts massifs : entretien du site, modernisation des courts, sécurité, technologie, personnel, hospitalités, droits, infrastructures et développement à long terme.

Que devient l’argent restant ?

Une grande partie du surplus de Wimbledon est reversée au tennis britannique.

Selon Sports Business Journal, le All England Club a généré en 2025 un bénéfice opérationnel de 52,7 millions de livres, avant une distribution d’environ 50 millions de livres à la Lawn Tennis Association, la fédération britannique.

La LTA explique elle-même que le surplus reçu de Wimbledon représente encore 46,5 % de ses revenus en 2025, même si cette part a baissé par rapport aux années précédentes.

L'entrée du All England Lawn Tennis Club, siège historique de Wimbledon et l'un des lieux les plus emblématiques du tennis mondial (Getty Images)
L’entrée du All England Lawn Tennis Club, siège historique de Wimbledon et l’un des lieux les plus emblématiques du tennis mondial (Getty Images)

Wimbledon est-il une machine à profits ?

Oui et non. Oui, car le tournoi génère plus de 400 millions de livres de revenus en deux semaines. Non, car l’essentiel du surplus n’est pas conservé comme profit classique par un propriétaire privé : il sert notamment à financer le tennis britannique, les infrastructures et l’avenir du tournoi.

C’est précisément ce modèle qui alimente le débat actuel.

Les joueurs estiment que la croissance des revenus doit davantage profiter aux acteurs principaux du spectacle. Wimbledon répond que son argent finance aussi les infrastructures, le tennis britannique et la pérennité d’un tournoi vieux de près de 150 ans.

Le business d’un tournoi pas comme les autres

Wimbledon est donc un paradoxe.

C’est à la fois le tournoi le plus traditionnel du tennis et l’un des événements les plus rentables du sport mondial. Il refuse le naming, limite la publicité visible, protège son image… mais génère malgré tout des centaines de millions de livres chaque année.

Et c’est sans doute ce qui rend son modèle aussi fascinant.

À Wimbledon, le prestige est devenu une économie. Le blanc, le gazon, le Centre Court, la Royal Box et les traditions ne sont pas seulement des symboles : ce sont aussi les piliers d’une marque mondiale capable de rapporter plus de 400 millions de livres en une seule édition.

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