Masters 1000 Montréal : Shelton et Jodar se détachent… les estimations avant les demi-finales
Rafael Jodar après sa qualification en demi-finales à Montréal : « Il me reste encore beaucoup de choses à apprendre »

Rafael Jodar après sa qualification en demi-finales à Montréal : « Il me reste encore beaucoup de choses à apprendre »

Rafael Jodar poursuit son ascension spectaculaire. Après avoir dominé Arthur Fils en deux manches (7-6, 6-3), l’Espagnol de 19 ans s’est qualifié pour sa toute première demi-finale en Masters 1000. Malgré une progression exceptionnelle et une place désormais toute proche du Top 10, le jeune joueur refuse pourtant de se laisser emporter par les résultats et le classement.
Rafael Jodar lors de son quart de finale au Masters 1000 de Montréal (Getty Images) Rafael Jodar lors de son quart de finale au Masters 1000 de Montréal (Getty Images)
Rafael Jodar lors de son quart de finale au Masters 1000 de Montréal (Getty Images)

Il y a encore un an, Rafael Jodar occupait la 540e place mondiale. Désormais assuré d’être au minimum 11e au prochain classement ATP, l’Espagnol vient d’enchaîner un quart de finale à Roland-Garros, une finale à Washington et, désormais, une demi-finale au Masters 1000 de Montréal.

Une trajectoire vertigineuse que le principal intéressé tente pourtant de regarder avec beaucoup de recul.

« J’essaie simplement de suivre mon propre chemin »

Interrogé après sa nouvelle victoire contre Arthur Fils sur la rapidité de son ascension, Rafael Jodar a d’abord insisté sur le travail réalisé avec son entourage et notamment son père : « Je sais que je fais les choses correctement, avec mon père et toutes les personnes qui sont proches de moi, et j’essaie simplement de suivre mon propre chemin. »

Malgré les résultats qui s’accumulent, le joueur de 19 ans estime être encore très loin d’avoir terminé son apprentissage : « Je pense que c’est la clé et l’une des choses les plus importantes : continuer à avancer et à progresser, parce qu’il me reste encore beaucoup de choses à apprendre, sur le court comme en dehors. »

Une manière également de se protéger de tout ce qui accompagne désormais sa nouvelle dimension : « J’essaie simplement de ne pas trop regarder ce qui se passe à l’extérieur du tournoi et de me concentrer sur moi-même. »

Son début de saison a pourtant largement dépassé ce qu’il aurait pu raisonnablement prévoir. Pour son cinquième Masters 1000 seulement, Jodar vient déjà de franchir le cap des quarts de finale après avoir atteint ce stade à Madrid et à Rome.

Mais lorsqu’on lui demande s’il a dû revoir ses objectifs à la hausse au fil de ses résultats, l’Espagnol assure que son ambition principale n’a pas changé : « Mon objectif est toujours le même : progresser, découvrir tous les tournois pour ma première année sur le circuit et jouer beaucoup de matchs, si les résultats me le permettent. »

Surtout, Jodar refuse pour l’instant de transformer sa progression au classement en obsession. Alors qu’il est déjà sixième à la Race et peut légitimement commencer à penser à une qualification pour le Masters de fin d’année, il préfère regarder ailleurs : « Je n’essaie pas de monter au classement. Je pense que c’est plus secondaire et que ça ne devrait pas être votre priorité ni votre objectif principal. »

Son approche reste beaucoup plus simple : « Mon objectif est de prendre du plaisir sur le court et de profiter de tous ces tournois qui sont nouveaux pour moi. »

Jodar encore décisif dans les moments importants

Face à Arthur Fils, Rafael Jodar a notamment impressionné par la qualité de son retour. Déjà vainqueur du Français quelques jours plus tôt à Washington, l’Espagnol a une nouvelle fois réussi à neutraliser une partie des qualités offensives du n°1 français.

Un secteur particulièrement important sur dur selon lui : « Tous les coups sont très importants, mais particulièrement sur dur, je pense que le retour est très important. C’est donc quelque chose sur lequel nous travaillons, comme sur tout le reste. »

Mais au-delà de son niveau de jeu, Jodar retient surtout sa capacité à répondre présent lorsque la tension est montée : « Dans ce type de matchs, en quarts de finale d’un Masters 1000, il faut essayer de donner le meilleur de soi-même et de jouer son jeu. Je pense que j’ai fait du très bon travail aujourd’hui, particulièrement dans les moments importants et sous pression. »

À seulement 19 ans, l’Espagnol affiche déjà une certaine sérénité dans les moments décisifs : « Il faut jouer son jeu et essayer d’être détendu quand les choses commencent à devenir serrées dans le set. Je pense que c’est ce qui s’est passé aujourd’hui. »

Une ascension spectaculaire qui reste « très difficile »

Vue de l’extérieur, la progression de Rafael Jodar pourrait presque sembler linéaire. Quart de finaliste à Roland-Garros, finaliste à Washington puis demi-finaliste à Montréal : à chaque grand rendez-vous, l’Espagnol semble aller un peu plus loin.

Mais lui refuse catégoriquement l’idée que tout serait devenu facile : « Je pense que c’est très difficile. Ce n’est pas parce que je réussis bien dans ce type de tournois que c’est facile. Non, c’est extrêmement difficile. »

Son parcours à Montréal lui sert justement de rappel : « Dès le premier tour, on a pu le voir ici à Montréal : mon premier match a été très difficile. Dans ce type de tournois, tout le monde joue très bien. Les écarts entre les joueurs sont très faibles. »

Avant de conclure  : « Ce n’est pas aussi facile que cela peut paraître vu de l’extérieur. C’est très difficile. »

Cette explosion sportive entraîne aussi des changements en dehors des courts. Jodar est désormais davantage reconnu et sollicité par les supporters.

Un phénomène qu’il commence à découvrir et qu’il ne considère pas comme une contrainte, tant que certaines limites sont respectées : « J’essaie de traiter tout le monde avec respect. C’est une priorité pour moi. S’ils veulent une signature, un autographe ou une photo, cela ne me pose absolument aucun problème, s’ils me traitent avec respect. »

Il prend même du plaisir à voir l’effet qu’une simple photo peut désormais provoquer chez certains fans : « Je continuerai à le faire si cela les rend heureux, parce que c’est quelque chose de spécial de voir les gens heureux lorsqu’ils obtiennent une photo ou autre chose avec un joueur, quel que soit le sport. »

Beaucoup de matchs, mais Jodar ne veut pas s’arrêter

Cette progression a cependant un prix : l’accumulation des rencontres. Après avoir atteint la finale à Washington la semaine dernière, Jodar est immédiatement reparti au combat au Canada.

Et la pluie a encore compliqué la situation. Son quart de finale contre Fils, initialement prévu lundi, a été reporté au lendemain avant d’être de nouveau brièvement interrompu par les conditions météorologiques : « Cela fait partie du jeu. C’est quelque chose qu’il faut gérer. Et ce n’est pas seulement le cas pour moi, c’est aussi le cas pour l’adversaire. »

L’Espagnol veut même utiliser cette expérience pour la suite de sa carrière : « Il faut accepter la situation, essayer de rester positif, savoir que le match peut être long à cause des conditions météorologiques. Si cela se reproduit à l’avenir, ce match et cette leçon m’aideront pour mes prochaines expériences. »

Désormais privé d’une véritable journée de repos avant sa demi-finale, Jodar sait qu’il doit surveiller son organisme : « J’essaie de prendre soin de chaque détail. Je pense qu’il est important de profiter des jours de repos. Dans ce cas, à cause de la pluie hier, nous n’allons plus en avoir. »

Pas question néanmoins de se plaindre de l’enchaînement : « Je sais que je joue beaucoup de matchs, mais cela signifie que je réussis bien, donc je suis heureux de cette partie-là. »

Nakashima, un adversaire qu’il connaît déjà

Pour une place en finale du Masters 1000 de Montréal, Rafael Jodar retrouvera Brandon Nakashima. L’Américain arrive lui aussi en pleine confiance et a la particularité de bien connaître son prochain adversaire.

Les deux hommes ont notamment joué ensemble en double la semaine dernière et partagent un lien avec l’Université de Virginie, qu’ils ont fréquentée à des périodes différentes : « Nous avons une bonne relation. Comme vous l’avez mentionné, il est allé à Virginia, l’université où j’étais l’année dernière. À des périodes différentes, mais il y a toujours cette belle connexion avec cette université. »

Jodar ne pense toutefois pas que leur expérience commune en double lui donnera un véritable avantage : « Nous avons joué en double la semaine dernière. C’était une expérience amusante parce que nous ne jouons généralement pas en double. Mais je ne dirais pas que cela va m’aider demain. C’est simplement un autre match. Le simple est totalement différent. »

Le jeune Espagnol sait surtout à quel point la tâche sera compliquée : « Très difficile. C’est un joueur très difficile à affronter. S’il est en demi-finales, ce n’est pas pour rien. Il a gagné des matchs ici et la semaine dernière également. Il joue un très bon tennis. »

À 19 ans, Rafael Jodar n’est désormais plus qu’à une victoire d’une première finale en Masters 1000. Mais fidèle au discours qu’il tient depuis le début de son ascension, il ne veut toujours pas regarder trop loin : « Match après match, sans aucune pression, en profitant de tous les tournois. »

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