139 jours. Voilà le temps qui séparait Carlos Alcaraz de son dernier match en simple sur le circuit professionnel.
Une éternité pour le n°3 mondial, contraint de mettre sa saison entre parenthèses après s’être blessé au poignet droit le 14 avril à Barcelone.
L’Espagnol avait certes retrouvé la compétition quelques jours auparavant en double mixte aux côtés de Serena Williams, mais le véritable test devait avoir lieu ce lundi sur l’Arthur Ashe Stadium.
Face à Roman Safiullin, Alcaraz a apporté une première réponse particulièrement rassurante : victoire 6-4, 6-4, 6-4 en 2h22 et, surtout, aucun problème physique apparent.
Quelques hésitations avant de retrouver le vrai Alcaraz
Il aurait été surprenant de voir Carlos Alcaraz immédiatement évoluer à son meilleur niveau après quatre mois et demi sans match en simple.
Les premières minutes l’ont confirmé. Avec un manchon blanc autour du bras droit, l’Espagnol semble d’abord prendre ses précautions. Il ne force pas systématiquement sur son service et paraît également retenir légèrement certaines frappes de coup droit.
Safiullin obtient d’ailleurs les premières opportunités de break de la rencontre.
Mais Alcaraz les écarte. Progressivement, les déplacements deviennent plus naturels, les frappes gagnent en précision et la confiance revient.
Puis arrive le premier véritable rappel de ce dont l’Espagnol est capable. À 3-3, Alcaraz décoche un coup droit gagnant à environ 153 km/h pour prendre le service de son adversaire.
Arthur Ashe se réveille. Alcaraz aussi. Le premier set tombe dans son escarcelle : 6-4.
Le sourire d’Alcaraz en dit beaucoup
Au-delà du résultat, une image aura accompagné une grande partie de cette rencontre : le sourire de Carlos Alcaraz.
Le tennis lui avait visiblement manqué. Après quatre mois et demi à gérer une blessure suffisamment sérieuse pour bouleverser une grande partie de sa saison, le simple fait de retrouver un grand court et la compétition semblait déjà constituer une victoire.
Et plus le match avançait, plus le tennis spectaculaire qui caractérise l’Espagnol refaisait progressivement surface.
Après une heure de jeu, Alcaraz avait déjà frappé dix coups droits gagnants, contre aucun pour Safiullin.
Les jambes, elles, semblaient parfaitement répondre. Un élément essentiel tant le jeu de l’Espagnol repose sur son explosivité et sa capacité à transformer instantanément une situation défensive en attaque.
Une petite alerte dans le deuxième set, rapidement effacée
Tout n’a évidemment pas été parfait. Le manque de compétition se manifeste notamment au début de la deuxième manche.
Alcaraz connaît une légère baisse de concentration et abandonne son service, permettant à Safiullin de prendre rapidement les commandes.
Un scénario qui aurait pu faire naître quelques doutes après une aussi longue absence. La réponse est immédiate.
Alcaraz débreake dans la foulée, reprend progressivement le contrôle des échanges et finit de nouveau par faire la différence dans le septième jeu.
6-4. Deux manches à rien. Les quelques imprécisions sont encore là, mais l’essentiel est ailleurs : lorsqu’il doit hausser son niveau dans les moments importants, Alcaraz semble n’avoir rien perdu de ses automatismes compétitifs.
Alcaraz termine sans trembler
Avec deux manches d’avance, Alcaraz ne laisse cette fois plus Safiullin réellement espérer.
L’Espagnol joue avec davantage de relâchement et maîtrise beaucoup mieux les échanges. Sans chercher à surjouer ni à produire constamment le spectaculaire, il fait le nécessaire pour prendre l’avantage rapidement et conserver son break.
Le troisième set se termine exactement comme les deux précédents : 6-4.
Le score résume assez bien sa reprise. Alcaraz n’a pas encore évolué à son meilleur niveau, mais il n’en avait pas besoin.
Il a également montré qu’il n’avait rien perdu de sa capacité à élever son niveau dans les moments importants, en sauvant cinq des six balles de break concédées durant la rencontre.
Le Russe représentait d’ailleurs un premier tour à ne pas totalement sous-estimer. Gros frappeur lorsqu’il parvient à imposer son rythme, Safiullin avait notamment dominé Alcaraz en deux manches lors de leur première confrontation au Masters 1000 de Paris en 2023.
Cette fois, il n’a jamais réellement réussi à installer le doute sur la durée.
🔥 139 JOURS PLUS TARD 🔥
Carlos Alcaraz 🇪🇸 est officiellement de retour et reprend exactement là où il s’était arrêté. 💪
🎯 25-3 à l’US Open
🔥 15 victoires consécutives en Grand Chelem
✅ 21-0 au premier tour d’un Grand Chelem dans sa carrière pic.twitter.com/JWRKBTHVDo— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) August 31, 2026
Aucun signe inquiétant au niveau du poignet
C’était évidemment la grande question de cette reprise. Comment le poignet droit de Carlos Alcaraz allait-il réagir à plus de deux heures de compétition au meilleur des cinq sets ? La première réponse est rassurante.
Malgré son strapping et une certaine prudence visible au début de la rencontre, l’Espagnol n’a montré aucun signe évident de douleur au cours de ses 2h22 passées sur le court.
Au contraire, son engagement dans les frappes a semblé augmenter au fil des jeux.
Il faudra évidemment attendre les prochains tours, des rencontres potentiellement plus longues et des adversaires plus dangereux pour savoir si son corps est capable d’encaisser deux semaines de compétition.
Mais après quatre mois et demi d’absence, difficile d’espérer beaucoup mieux pour une reprise.
Jaime Faria au deuxième tour
Le niveau devra forcément monter au fil de la quinzaine. Pour son deuxième tour, Carlos Alcaraz retrouvera Jaime Faria, tombeur de l’Américain Jenson Brooksby. L’Espagnol partira une nouvelle fois largement favori.
Mais à ce stade de son retour, chaque match possède également une autre utilité : retrouver du rythme, accumuler les heures de compétition et tester progressivement son poignet dans des conditions de plus en plus exigeantes.
Face à Safiullin, Alcaraz n’a pas encore montré sa meilleure version. Il n’en avait probablement pas besoin.
Après 139 jours sans match en simple, trois sets, 2h22 et aucun signe physique inquiétant suffisent largement à faire de cette reprise une réussite.
Carlos Alcaraz est de retour. Et pour ses adversaires à l’US Open, c’est peut-être déjà l’information la plus importante de la journée.