Aryna Sabalenka pourrait réaliser un scénario particulièrement rare : remporter l’US Open pour la troisième année consécutive et malgré tout perdre sa place de n°1 mondiale.
Assurée d’être dépassée par Elena Rybakina au prochain classement, la Biélorusse refuse cependant d’en faire une préoccupation majeure. Après sa démonstration contre Jessica Pegula, son attention est entièrement tournée vers une dernière victoire à New York.
« Je ne peux me concentrer que sur moi-même »
Interrogée dans un premier temps sur la possibilité de gagner le tournoi tout en perdant son trône mondial, Sabalenka a répondu sans détour :
« Je m’en fiche. »
Avant de développer plus sérieusement son sentiment.
« Je comprends vraiment à quel point il est difficile d’atteindre la place de n°1 mondiale. Cela demande énormément de travail et, oui, c’était l’un de mes objectifs, mais maintenant, je ne peux pas faire grand-chose. Je n’ai pas vraiment été performante au milieu de la saison. »
Sabalenka reconnaît ainsi pleinement le mérite de Rybakina.
« Elena en a profité, elle a très bien joué et elle a pris la place de n°1. Je ne peux pas faire grand-chose à ce sujet, je peux seulement me concentrer sur moi-même, rester dans le moment présent et essayer de faire de mon mieux maintenant pour rester proche et peut-être lui reprendre cette place. »
Elle admet néanmoins l’étrangeté de la situation.
« C’est un peu bizarre. Vous pouvez être performante dans un tournoi et quand même perdre la place de n°1. »
Mais elle y voit aussi l’essence même de la compétition.
« C’est le sport. J’adore ça. C’est la beauté du sport, non ? Tout le monde poursuit tout le monde. »
« J’étais prête à faire tout ce qu’il fallait »
Avant même de penser au classement, Sabalenka avait un objectif très clair en arrivant à New York : terminer sa saison en Grand Chelem sur une note forte.
Après une période estivale plus compliquée, elle ressentait une véritable urgence.
« J’étais vraiment désespérée. J’avais perdu un match difficile contre Jess sur gazon et je n’avais pas vraiment été performante au milieu de la saison. Donc, concernant les Grands Chelems, j’avais un peu l’impression que c’était la dernière poussée de la saison pour moi. »
Son état d’esprit avant la demi-finale était donc simple.
« Je voulais vraiment atteindre la finale et, bien sûr, je veux aller jusqu’au bout. Ma mentalité était simplement : je suis prête. Je suis prête à faire tout ce qu’il faudra pour obtenir la victoire. »
L’un de ses meilleurs matchs de la saison
Pegula avait estimé quelques minutes plus tôt que Sabalenka avait probablement produit son meilleur match de l’année.
La principale intéressée ne va pas aussi loin, mais reconnaît avoir ressenti une maîtrise particulière.
« Je pense qu’aujourd’hui, j’ai vraiment été performante. J’avais l’impression que quelle que soit la décision que je prenais, c’était la bonne décision. »
Face à Pegula spécifiquement, elle estime avoir atteint un niveau supérieur à celui de leurs dernières confrontations.
« Je dirais clairement que contre Jess aujourd’hui, comparé aux derniers matchs que nous avons joués, c’était définitivement un meilleur niveau de ma part. »
Leur précédente confrontation à Berlin, remportée par Pegula, avait d’ailleurs renforcé sa vigilance.
« Cela m’a fait sentir que j’avais peu de chances aujourd’hui, d’une certaine manière, mais je savais aussi que je devais rester concentrée du début jusqu’à la fin. Je pense que ça m’a vraiment aidée à être aussi concentrée et à jouer à ce niveau. »
« Les derniers mois m’ont appris à couper le bruit extérieur »
À l’approche d’une nouvelle finale majeure, Sabalenka ne compte rien changer à sa préparation.
Ses difficultés des derniers mois lui auraient justement appris une leçon importante.
« Les derniers mois m’ont vraiment appris à couper le bruit extérieur. Je pense que c’est le sens de toutes ces leçons difficiles : apprendre enfin à rester concentrée sur moi-même et oublier le bruit extérieur. »
Une tâche plus complexe qu’elle n’en a l’air.
« Ça semble simple, mais parfois ce n’est vraiment pas simple à faire. Rien ne va changer pour moi. »
Et malgré une saison irrégulière, elle arrive au dernier match avec des sensations idéales.
« Je peux dire que je me sens en confiance et que je me sens vraiment forte mentalement et physiquement actuellement. »
Sabalenka attend désormais de connaître son adversaire en finale. Qu’il s’agisse de Rybakina, future n°1 mondiale, ou de Gauff, qui l’avait battue en finale à New York en 2023, son discours ne change pas : « Je suis prête à me battre. Je suis prête à tout faire pour obtenir la victoire. »