Fraîchement arrivée au WTA 1000 de Rome, Aryna Sabalenka arrive avec un discours posé après sa défaite frustrante contre Hailey Baptiste à Madrid, malgré six balles de match.
La Biélorusse refuse pourtant toute remise en cause excessive : « C’était un très bon match. J’ai eu des opportunités. Je n’ai rien à regretter. J’ai fait de mon mieux. »
Une réaction qui illustre sa volonté de tirer des enseignements sans s’attarder sur le passé : « On a travaillé à l’entraînement sur ce qui n’avait pas fonctionné. J’espère être mieux préparée pour Rome. »
Interrogée sur les nombreux retournements de situation observés sur le circuit féminin, Sabalenka met en avant une intensité croissante : « Si tu perds ta concentration sur un jeu, le set peut être terminé. Le niveau est très élevé. Ça demande énormément de concentration et de régularité. »
Avant d’ajouter, avec franchise : « Nous sommes des femmes, avec les hormones qui changent. Ça peut aussi faire basculer un match très rapidement. »
Prize money : une fracture de plus en plus profonde
Mais le véritable sujet de cette conférence dépasse le cadre sportif. Depuis plusieurs semaines, les tensions montent entre les meilleurs joueurs du circuit et les organisateurs des Grands Chelems, en particulier Roland-Garros.
Selon Tennis Majors, un collectif d’une vingtaine de joueurs majeurs, dont Sabalenka, Iga Swiatek, Jannik Sinner ou encore Carlos Alcaraz, dénonce une situation jugée injuste : la part des revenus reversée aux joueurs aurait chuté de 15,5 % en 2024 à 14,9 % en 2026, alors même que les revenus du tournoi dépassent désormais les 400 millions d’euros.
Les joueurs réclament un modèle aligné sur les Masters 1000 ATP/WTA, où environ 22 % des revenus sont redistribués.
Dans ce contexte, Sabalenka monte au créneau : « Le spectacle, c’est nous. Sans nous, il n’y aurait pas de tournoi. Nous méritons amplement un pourcentage plus élevé. Je pense qu’à un moment donné, on va boycotter. Ce sera la seule manière de se battre pour nos droits. »
Une déclaration qui n’est pas isolée. En coulisses, le groupe informel de joueurs prépare une réunion de crise à Paris avant Roland-Garros, toujours selon Tennis Majors.
Trois revendications principales structurent leur combat :
- Une part de revenus portée à 22 % minimum
- Une meilleure prise en compte du bien-être des joueurs (assurances, pensions, etc.)
- Une véritable place dans la gouvernance des Grands Chelems
L’absence de dialogue est aujourd’hui au cœur du conflit : les joueurs dénoncent un manque total de consultation, malgré des discussions entamées depuis plus d’un an.
Sabalenka confirme cette montée en tension : « Aujourd’hui, les joueurs peuvent facilement se rassembler. Certaines choses sont vraiment injustes. »
À Rome cette semaine, la n°1 mondiale fera son entrée en lice face à la double championne en Grand Chelem, Barbora Krejcikova, vainqueure en deux sets contre la Française Elsa Jacquemot (6-2, 6-4) au premier tour.