« Il lui manquait la dimension tactique » : le coach de Jannik Sinner révèle tout ce qu’il a changé pour devenir n°1 mondial

Service, tactique, variations, montée au filet… Simone Vagnozzi révèle comment son équipe a totalement transformé le jeu de Jannik Sinner pour le faire passer du Top 10 au n°1 mondial.
Jannik Sinner et Simone Vagnozzi à Monte-Carlo (Jean Catuffe/Getty Images) Jannik Sinner et Simone Vagnozzi à Monte-Carlo (Jean Catuffe/Getty Images)
Jannik Sinner et Simone Vagnozzi à Monte-Carlo (Jean Catuffe/Getty Images)

En 2022, Jannik Sinner était déjà considéré comme l’un des plus grands talents du circuit. Membre du Top 10 mondial à seulement 20 ans, l’Italien possédait déjà une puissance de frappe exceptionnelle.

Pourtant, pour Simone Vagnozzi et Darren Cahill, il lui manquait encore plusieurs éléments essentiels pour devenir le meilleur joueur du monde.

Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, son entraîneur italien dévoile les transformations qui ont complètement changé le jeu de Jannik Sinner.

« Il était déjà un phénomène, mais il pouvait aller beaucoup plus loin »

Lorsque Simone Vagnozzi rejoint l’équipe de Jannik Sinner en 2022, l’Italien est déjà 10e mondial.

Mais son futur entraîneur comprend immédiatement que son potentiel est bien supérieur : « On voyait tout de suite qu’il avait un talent rare, mais aussi une énorme envie de bien faire. Il était déjà concentré sur ce qu’il faisait. À 20 ans, il était déjà numéro 10 mondial. C’était déjà un phénomène, mais on voyait qu’il était prêt à aller encore plus loin. »

L’objectif fixé est alors clair : transformer un immense talent en futur n°1 mondial. Pour Vagnozzi, le principal défaut du jeune Sinner n’était pas technique.

C’était sa manière d’aborder les matchs : « Il savait jouer d’excellents points, mais il lui manquait la dimension tactique, la compréhension des caractéristiques de ses adversaires et donc la flexibilité pour les affronter. »

Autrement dit, Sinner imposait son jeu sans toujours adapter son plan en fonction du joueur situé de l’autre côté du filet.

C’est précisément cet aspect que son équipe a décidé de développer : « Passer de la 10e à la 1re place mondiale est extrêmement difficile. C’est comme gravir le plus haut sommet. »

Un service transformé et une palette plus complète

Parmi toutes les évolutions de son jeu, le service est sans doute celle qui saute le plus aux yeux.

Vagnozzi explique que tout a été repensé : « Son service est complètement différent aujourd’hui. En 2022, sa deuxième balle était frappée sous les 150 km/h et, dans 95 % des cas, elle allait sur le revers adverse. Aujourd’hui, elle approche les 160 km/h et il varie énormément les directions afin de surprendre son adversaire. »

Un changement majeur qui lui permet désormais d’être beaucoup moins attaqué sur sa seconde balle.

C’est notamment ce qu’avait déclaré Novak Djokovic après sa défaite contre l’Italien en demi-finales de Wimbledon 2026 : « On ne peut pas attaquer sa première balle. On peut essayer de la lire, de la bloquer, de simplement la remettre en jeu. Sa deuxième balle est très profonde, avec beaucoup d’effet, et il peut aussi servir très vite. Son service est devenu une arme incroyable ces dernières années. »

Le coach italien estime que l’évolution la plus spectaculaire ne concerne pourtant pas uniquement le service.

Aujourd’hui, Sinner possède beaucoup plus de solutions qu’à ses débuts : « La gestion du point, la confiance au filet, la facilité à jouer des amorties : tout s’est développé. »

Chaque choix est désormais réfléchi. Selon Vagnozzi, son joueur est capable d’adapter sa position en retour, ses trajectoires ou encore ses variations en fonction du score, de son état physique ou des caractéristiques de son adversaire : « Tout est étudié, tout est planifié et le cerveau de Jannik réussit à identifier la bonne décision parmi toutes les possibilités. »

Le travail de l’ombre derrière chaque progrès

Pour son entraîneur, rien n’est laissé au hasard. Chaque faiblesse est analysée puis corrigée avec précision.

Il donne un exemple très concret : « Si nous ne voulons pas qu’il soit attaqué sur sa deuxième balle, nous devons l’habituer à servir dix kilomètres/heure plus vite et à trouver davantage d’angles. »

Des centaines d’heures d’entraînement sont ensuite nécessaires avant que ces progrès deviennent automatiques en match.

Vagnozzi insiste également sur un point essentiel : il n’a jamais cherché à obtenir des résultats immédiats. Son rôle consiste avant tout à construire le joueur sur plusieurs années : « Un bon entraîneur doit avoir une vision. Il doit imaginer le parcours de son joueur, planifier, se remettre en question, mais ne jamais perdre de vue l’objectif global. »

Selon lui, cette philosophie est l’une des clés de la réussite de leur duo avec Darren Cahill.

Les deux techniciens partagent la même vision du développement de Sinner, ce qui leur permet de travailler sans conflit malgré une collaboration à trois.

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  1. Franchement, cette décla du coach de Sinner c’est une vraie gifle pour tous les mecs qui ne jurent que par la caisse physique ou le talent pur.

    Vagnozzi le dit cash.
    à 20 ans, le mec était déjà 10e mondial en tapant comme un sourd dans la balle, mais il a fallu retravailler toute sa grille de lecture et ses variations pour qu’il devienne intouchable.

    Au foot, c’est un copier-coller parfait. Des monstres physiques ou des techniciens de foire qui s’éteignent complètement dès que l’intensité monte ou qu’un coach en face pose un vrai problème stratégique, on en voit chaque week-end. Le talent te fait gagner des actions, mais c’est la maîtrise de tes principes de jeu qui te fait gagner des titres.

    Tant qu’on n’inculque pas une vraie culture tactique aux joueurs dès l’entraînement, on forme des athlètes, pas des footballeurs : https://www.formationsfootball.fr/blog/principes-de-jeu

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