Une semaine après avoir inquiété tout le monde en se blessant lors de son élimination au premier tour de l’ATP 500 de Washington, Arthur Fils a tenu à rassurer avant son entrée en lice au Masters 1000 de Montréal.
Au micro de l’ATP, le Français affirme être totalement remis, évoque les précautions qu’il doit désormais prendre avec son corps et revient sur les ambitions qui l’animent pour la tournée américaine.
« Mon corps va très bien »
Après sa défaite face à Rafael Jodar à Washington, Arthur Fils avait quitté le court avec une douleur à la hanche, laissant planer le doute sur sa participation à la tournée nord-américaine.
Une semaine plus tard, le Français s’est montré très rassurant : « C’est toujours la question (sourire), mais mon corps va très bien. »
S’il reconnaît avoir ressenti quelques gênes lors de son retour à Washington après deux mois sans compétition, il assure que tout est désormais rentré dans l’ordre : « À Washington, je me sentais un peu raide. Cela faisait deux mois que je n’avais pas joué de match. Mais maintenant, je me sens bien, je retrouve le rythme, j’ai totalement confiance et je suis très heureux d’être ici. »
Arthur Fils explique que les sensations à l’entraînement ne ressemblent jamais à celles ressenties en compétition : « J’ai fait dix jours d’entraînement à Monaco avant Washington avec des sparring-partners et je me sentais très bien. »
Mais dès le premier match officiel, tout change : « Quand vous jouez contre un autre joueur, c’est complètement différent. Vous êtes vite essoufflé, vous vous sentez lent. »
Selon lui, seul l’enchaînement des rencontres permet de retrouver le rythme : « Séance après séance, vous commencez à sentir que vous pouvez tenir les échanges avec les meilleurs, rester longtemps dans les rallyes. Ça s’améliore de plus en plus. »
Les sensations reviennent progressivement : « On ne rate plus autant, on n’est plus en retard sur la balle et on commence simplement à se sentir beaucoup plus à l’aise sur le court. »
« Je dois faire attention à énormément de choses »
Cette nouvelle alerte physique a aussi confirmé à Arthur Fils que la gestion de son corps sera un élément essentiel de sa carrière.
Le Français détaille tous les aspects qu’il surveille désormais : « Il va falloir faire énormément de choses pour rester en bonne santé. »
Il poursuit : « Je dois faire attention à ce que je mange, au nombre d’heures que je dors, au nombre de tournois que je joue… »
Selon lui, son organisme demande davantage de vigilance : « Je ne sais pas si c’est pareil pour les autres joueurs, mais mon corps réagit un peu différemment. Je dois être très prudent sur énormément de choses. »
« Je sais désormais quel est mon niveau »
Avant sa blessure, Arthur Fils avait réalisé le meilleur printemps de sa carrière avec une demi-finale à Miami, un titre à Barcelone puis une nouvelle demi-finale au Masters 1000 de Madrid.
Des résultats qui ont définitivement changé sa perception : « Je savais que j’avais le niveau pour faire ce genre de performances, mais entre le savoir et le faire, il y a une différence. »
Le Français estime désormais avoir des certitudes : « Maintenant que je l’ai fait, j’ai beaucoup de confiance dans mon niveau de jeu. Je sais où se situe mon niveau. »
Reste désormais à répéter ces performances semaine après semaine : « La question maintenant, c’est d’être capable de le faire régulièrement. Ce n’est pas facile, mais c’est ce que nous essayons de construire avec toute l’équipe. »
Jusqu’à présent, Arthur Fils n’a jamais réussi à pleinement s’exprimer sur les courts nord-américains.
Il espère que cette année sera différente : « Je n’ai jamais vraiment joué mon meilleur tennis pendant cette tournée américaine. »
Avec humour, il rappelle toutefois que la marge de progression est importante : « L’année dernière, c’était assez simple parce que je n’ai pas joué. »
Son objectif est désormais limpide : « Je veux gagner des matchs, construire ma confiance, créer une dynamique et, une fois que je l’aurai trouvée, la conserver jusqu’à la fin de la saison. »
« Je joue beaucoup mieux que lorsque j’étais 14e mondial »
Même s’il n’a pas encore retrouvé son meilleur classement ATP, Arthur Fils estime être aujourd’hui un joueur bien plus complet : « Atteindre la 14e place mondiale, ç‘était l’année dernière. Ce qui est drôle, c’est que je joue beaucoup mieux aujourd’hui et pourtant je n’ai pas encore retrouvé ce classement. »
Une déclaration qui en dit long sur ses ambitions : « Je joue largement mieux que l’année dernière. Je pense qu’à un moment donné, je serai largement meilleur que 14e mondial. »
Longtemps très bien placé dans la Race ATP cette saison, Arthur Fils refuse aujourd’hui de faire une fixation sur la qualification pour le Masters de Turin : « Je n’y pense pas vraiment. »
Son raisonnement reste simple : « J’essaie juste de gagner des matchs, de construire une dynamique. Si je joue bien, Turin arrivera naturellement. »
Et si ce n’est pas cette année ? : « Et si ça n’arrive pas, ce n’est pas grave. J’ai encore dix ans devant moi. »