Novak Djokovic a annoncé son retrait du Masters 1000 de Rome, un tournoi qui lui est historiquement cher. À quelques semaines de Roland-Garros, cette décision laisse planer les nombreuses incertitudes autour du Serbe. Entre une série de défaites inhabituelles et ses propres déclarations à propos de ses difficultés, le doute s’installe pour le recordman de titres en Grand Chelem.
Rome, un tournoi à part dans la carrière de Djokovic
C’est un rendez-vous qu’il ne manquait jamais. Présent chaque saison depuis sa première participation en 2007 et six fois titré au Foro Italico, Novak Djokovic a toujours considéré le Masters 1000 de Rome comme un tournoi à part.
Avec 68 victoires en 80 matchs, et un 1000e succès fêté ici-même en 2022, Rome symbolise sa montée en puissance pour préparer le Grand Chelem parisien. En 2025, il ne prendra pas part à cette fête du tennis romain.
🚨 OFFICIEL ! Après sa défaite d’entrée à Madrid, Novak Djokovic a annoncé qu’il ne participerait pas au Masters 1000 de Rome la semaine prochaine avant Roland-Garros. ❌ pic.twitter.com/AmNGvRggDK
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) April 29, 2025
Une dynamique difficile
Depuis le début de la saison, Djokovic peine à enchaîner les performances convaincantes malgré une demi-finale à l’Open d’Australie. Finaliste à Miami, il a vu son rêve d’un 100e titre s’envoler face au jeune Jakub Mensik.
Le Serbe s’est incliné lors de ses deux premiers matchs sur terre battue en 2025 : contre Alejandro Tabilo à Monte-Carlo, puis contre Matteo Arnaldi à Madrid. Djokovic a notamment perdu trois matchs d’affilée à deux reprises, une première depuis le début de sa carrière sur le circuit principal.
En conférence de presse à Madrid, l’actuel n°5 mondial n’a pas esquivé la réalité : « Cela faisait 20 ans que je n’avais pas connu autant de défaites précoces. » Conscient du poids des années et des transformations physiques, il a ajouté : « Je ne vais pas me plaindre après la carrière que j’ai eue, mais je dois reconnaître que tout est différent : mes coups, mon corps, mes déplacements… »
Malgré cela, l’homme aux 24 titres du Grand Chelem a conservé une lueur d’espoir : « Je vais tout donner lors des prochains tournois du Grand Chelem. À Roland-Garros, je ne ferai pas partie des favoris. Peut-être que cela m’aidera. »
En quête d’un dernier frisson ?
À 37 ans, Novak Djokovic n’est plus le rouleau compresseur d’antan, mais il reste capable de se transcender lorsque l’enjeu atteint des sommets. Son choix de faire l’impasse sur le Masters 1000 de Rome s’inscrit peut-être dans une logique de gestion en vue de Roland-Garros. Une stratégie qui interroge : cette absence de compétition ne risque-t-elle pas de lui porter préjudice à Paris ?
Pour la première fois de sa carrière, le Serbe pourrait en effet se présenter à Roland-Garros sans la moindre victoire sur terre battue. Un scénario inédit qui reflète une réalité implacable : les opportunités de briller se font de plus en plus rares. Djokovic en est pleinement conscient.
La question est désormais claire : parviendra-t-il à faire taire les doutes sur la plus grande scène parisienne ? Ou suit-il les traces d’un Roger Federer qui, en fin de carrière, choisissait aussi de ménager ses apparitions sur l’ocre pour se concentrer sur la deuxième partie de saison ? Réponse dans les prochaines semaines.