Dans un circuit où la performance prime, Jenson Brooksby a choisi un autre chemin : celui de la vulnérabilité assumée. L’ancien numéro 33 mondial s’est confié à cœur ouvert dans une lettre publiée sur le site de l’ATP, revenant sur son diagnostic d’autisme, son chemin de vie… et cette victoire libératrice à Houston, quelques mois après avoir révélé sa différence.
Le poids du silence, puis la libération
Diagnostiqué avec un trouble du spectre autistique dans l’enfance, Brooksby a longtemps gardé ce secret pour lui : “Je n’ai pas parlé avant l’âge de 4 ans. Je suivais 40 heures de thérapie par semaine. Mes parents ont toujours été honnêtes avec moi, mais je redoutais d’être jugé.”
Dans les écoles, dans les vestiaires, l’introversion et les décalages sociaux laissaient place aux regards : “On ne disait rien, mais je le voyais dans les gestes, dans les silences.”
Aujourd’hui, il regarde en arrière avec une lucidité tendre : “Je suis content de l’avoir su tôt. Ça m’a permis d’apprendre à me gérer.”

Une force intérieure différente
Au fil de son récit, Brooksby décrit comment l’autisme structure sa perception du monde : “Mon cerveau se concentre sur peu de choses… mais il les fait très bien.”
Un avantage sur le terrain, mais aussi un défi : « Le bruit du public peut me hanter. Les sensations peuvent me submerger. Mais j’ai appris à en parler à mon équipe, à ne plus tout garder pour moi. »
Un message plus grand que le tennis
Ce qu’il a vécu hors des courts est aujourd’hui, à ses yeux, aussi important que ses victoires : “La vie, c’est plus que le tennis. J’ai voulu me montrer tel que je suis. Et si cela peut aider un enfant à se sentir moins seul… alors ça valait le coup.”
Sa fierté ? Tous ces messages reçus depuis sa révélation. Des parents, des enfants, des anonymes : « On m’arrête pour m’en parler. On échange quelques mots, on partage une histoire. C’est ça, ma plus belle victoire. »
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Une parole rare dans le sport de haut niveau
Dans un monde où peu d’athlètes osent parler ouvertement de troubles mentaux, Jenson Brooksby brise un tabou. Il devient malgré lui un modèle d’acceptation et de résilience.
Et après Houston, après ce premier trophée ATP, il continue d’avancer : “Je ne jouerai pas toute ma vie. Mais cette vérité-là, je la garderai pour toujours. Elle fait partie de moi.”
Dans le vacarme des circuits professionnels, Jenson Brooksby a trouvé une autre voie. Celle du courage tranquille, de la parole libératrice et de l’acceptation. Plus qu’un joueur de tennis, il est devenu un exemple pour des milliers de personnes, à commencer par celles qui, comme lui, apprennent à transformer une différence en force.