Avec son nouveau format, l’US Open frappe fort pour l’édition 2025 : 16 équipes mixtes formées uniquement à partir des meilleurs joueurs et joueuses de simple, deux jours de compétition pendant la Fan Week, un prize money augmenté, et un casting cinq étoiles – de Carlos Alcaraz à Naomi Osaka en passant par Novak Djokovic, Iga Swiatek ou Jannik Sinner.
Interrogée par Eurosport, Kristina Mladenovic, qui a vu sa carrière s’écrire en grande partie en double, estime que cette nouvelle formule revient à faire table rase d’un pan entier du tennis : « C’est une idée brillante sur le plan business, reconnaît-elle. Mais sportivement, c’est problématique. Un Grand Chelem, c’est une compétition ancrée dans l’histoire. Et là, tout d’un coup, le double devient une super exhibition. Il n’y a aucun souci à créer un tel événement, mais surtout, n’appelez pas ça un Grand Chelem ! »
🚨 OFFICIEL ! Les équipes pour le nouveau format du double mixte à l’US Open 2025. 🇺🇸
Quelle est votre paire favorite ? 👀 pic.twitter.com/jJkVzYy8xx
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) June 17, 2025
Les spécialistes laissés de côté
Blessée depuis plusieurs mois, l’ancienne n°1 mondiale de double ne décolère pas de voir les spécialistes ainsi exclus du tableau : « On n’a même pas été prévenus. Aucune concertation. Rien. Et quand on entend certains dire que ce tournoi va être “fun” ou une “bonne préparation”, c’est gênant. Un Grand Chelem, ce n’est ni un amusement ni un entraînement. C’est le fruit d’années de sacrifices. »
La joueuse française déplore également un traitement inégalitaire dans la répartition des gains : « On entend depuis des années que l’argent des Grands Chelems n’est pas bien redistribué. Et là, quand on voit le prize-money proposé pour des joueurs qui n’en ont pas besoin, mais qui accepteront volontiers, c’est un peu dérangeant. »
Une gouvernance remise en cause ?
Au-delà de la question du double mixte, c’est la gouvernance même du tennis qui est pointée du doigt par Mladenovic : « Depuis quelque temps, on a l’impression que tout part dans tous les sens. Où va notre sport ? Pourquoi vouloir toujours tout changer ? C’est quand même dommage qu’on n’ait pas un socle, une autorité supérieure capable de défendre l’histoire et les traditions du tennis. »