Arthur Fils : « Pas un seul mec qui veut jouer contre moi au premier tour en Australie »

Stoppé net par une fracture de fatigue au dos après un Roland-Garros héroïque mais coûteux, l’ancien numéro 1 français, aujourd’hui retombé à la 40e place mondiale, accepte le prix de la patience. Entre reconstruction physique drastique et ajustements techniques, le joueur de 21 ans prépare son retour pour 2026 avec la certitude de revenir plus fort.
Arthur Fils s'était blessé au niveau du dos lors de Roland-Garros. (Baptiste Fernandez/Icon Sport via Getty Images) Arthur Fils s'était blessé au niveau du dos lors de Roland-Garros. (Baptiste Fernandez/Icon Sport via Getty Images)
Arthur Fils s'était blessé au niveau du dos lors de Roland-Garros. (Baptiste Fernandez/Icon Sport via Getty Images)

Arthur Fils traverse la période difficile de sa carrière. Absent des courts depuis le mois d’août, le Français a dû réapprendre à gérer son corps.

L’expérience de son retour manqué à Toronto a convaincu son équipe de modifier totalement son approche. Finie l’idée d’optimiser les délais, d’être prêt « juste assez vite ». À la place, un travail patient, méthodique, sans échéance figée, presque à contre-courant du tempo effréné du circuit.

Pour Fils, cette période hors des courts n’est plus perçue comme un contretemps, mais comme une partie essentielle du processus. Et c’est peut-être là que s’opère la véritable progression.

Roland-Garros : la victoire de trop ?

Avec le recul, le regard sur son parcours à Roland-Garros a changé. S’il ne regrette pas d’avoir fini son match épique au 2e tour contre Jaume Munar, il s’interroge sur sa participation même au tournoi.
« La vraie question c’est : est-ce que j’aurais dû jouer Roland-Garros ? J’ai pris la décision avec toute l’équipe, mais j’ai pas mal poussé pour pouvoir jouer », confie-t-il.

Classé alors aux portes du top 10, il s’est prouvé qu’il pouvait gagner « même blessé ». Une victoire pour la confiance, mais une défaite pour son corps, qui a nécessité une longue mise à l’arrêt. Concernant les plaintes de son adversaire espagnol sur ses temps morts médicaux, Fils désamorce avec le sourire : « C’est de bonne guerre. Il pensait que je n’avais que des crampes. »

Jaume Munar et Arthur Fils au filet après leur combat en cinq sets à Roland-Garros (Clive Brunskill/Getty Images)
Jaume Munar et Arthur Fils au filet après leur combat en cinq sets à Roland-Garros (Clive Brunskill/Getty Images)

« On a un plan »

Désormais, le quotidien d’Arthur Fils ne se résume plus aux coups droits, mais au gainage et à la nutrition. « Pour un joueur de tennis, quand on n’est pas sur le terrain, ça peut être un peu relou », concède-t-il, mais la discipline est nécessaire pour consolider ce dos fragile.

Plus intrigant encore, cette blessure va modifier son ADN tennistique. À l’instar d’un André Agassi qui avait dû adapter son jeu, le Français annonce des changements techniques majeurs pour 2026, notamment pour « éviter de mettre le dos en tension au service » et modifier ses appuis au sol.

« On a un plan. Il n’y a plus besoin de s’inquiéter », assure-t-il, balayant toute angoisse sur la suite de sa carrière.

Un danger flottant pour 2026

Sa chute au classement ATP (il a terminé la saison 2025 à la 40e place) est un  non-sujet pour celui qui rappelle avoir « encore 15 ans de carrière » devant lui.

S’il refuse de donner une date précise pour son retour, préférant se concentrer sur sa réathlétisation, Arthur Fils lance déjà un avertissement à ses futurs adversaires, notamment en vue de l’Open d’Australie : « Je pense qu’il n’y a pas un seul mec qui veut jouer contre moi au premier tour en Australie. Ce n’est pas plus mal pour moi. »

Le message est passé : le dos plie, mais l’ambition, elle, ne rompt pas.

 

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