Arthur Fils traverse la période difficile de sa carrière. Absent des courts depuis le mois d’août, le Français a dû réapprendre à gérer son corps.
L’expérience de son retour manqué à Toronto a convaincu son équipe de modifier totalement son approche. Finie l’idée d’optimiser les délais, d’être prêt « juste assez vite ». À la place, un travail patient, méthodique, sans échéance figée, presque à contre-courant du tempo effréné du circuit.
Pour Fils, cette période hors des courts n’est plus perçue comme un contretemps, mais comme une partie essentielle du processus. Et c’est peut-être là que s’opère la véritable progression.
Roland-Garros : la victoire de trop ?
Avec le recul, le regard sur son parcours à Roland-Garros a changé. S’il ne regrette pas d’avoir fini son match épique au 2e tour contre Jaume Munar, il s’interroge sur sa participation même au tournoi.
« La vraie question c’est : est-ce que j’aurais dû jouer Roland-Garros ? J’ai pris la décision avec toute l’équipe, mais j’ai pas mal poussé pour pouvoir jouer », confie-t-il.
Classé alors aux portes du top 10, il s’est prouvé qu’il pouvait gagner « même blessé ». Une victoire pour la confiance, mais une défaite pour son corps, qui a nécessité une longue mise à l’arrêt. Concernant les plaintes de son adversaire espagnol sur ses temps morts médicaux, Fils désamorce avec le sourire : « C’est de bonne guerre. Il pensait que je n’avais que des crampes. »

« On a un plan »
Désormais, le quotidien d’Arthur Fils ne se résume plus aux coups droits, mais au gainage et à la nutrition. « Pour un joueur de tennis, quand on n’est pas sur le terrain, ça peut être un peu relou », concède-t-il, mais la discipline est nécessaire pour consolider ce dos fragile.
Plus intrigant encore, cette blessure va modifier son ADN tennistique. À l’instar d’un André Agassi qui avait dû adapter son jeu, le Français annonce des changements techniques majeurs pour 2026, notamment pour « éviter de mettre le dos en tension au service » et modifier ses appuis au sol.
« On a un plan. Il n’y a plus besoin de s’inquiéter », assure-t-il, balayant toute angoisse sur la suite de sa carrière.
Un danger flottant pour 2026
Sa chute au classement ATP (il a terminé la saison 2025 à la 40e place) est un non-sujet pour celui qui rappelle avoir « encore 15 ans de carrière » devant lui.
S’il refuse de donner une date précise pour son retour, préférant se concentrer sur sa réathlétisation, Arthur Fils lance déjà un avertissement à ses futurs adversaires, notamment en vue de l’Open d’Australie : « Je pense qu’il n’y a pas un seul mec qui veut jouer contre moi au premier tour en Australie. Ce n’est pas plus mal pour moi. »
Le message est passé : le dos plie, mais l’ambition, elle, ne rompt pas.