Thanasi Kokkinakis, de retour un an plus tard : « J’ai le tendon d’Achille d’une personne décédée dans mon bras »

De retour à la compétition après un an d’absence, Thanasi Kokkinakis s’est livré avec émotion après sa victoire en double avec Nick Kyrgios à Brisbane, évoquant une opération rare et une année éprouvante.
Thanasi Kokkinakis a fait son retour en double avec Nick Kyrgios à Brisbane (Brisbane International) Thanasi Kokkinakis a fait son retour en double avec Nick Kyrgios à Brisbane (Brisbane International)
Thanasi Kokkinakis a fait son retour en double avec Nick Kyrgios à Brisbane (Brisbane International)

La victoire du duo Thanasi Kokkinakis – Nick Kyrgios au premier tour du double à Brisbane a dépassé le simple cadre sportif.

Pour Kokkinakis, 29 ans, souvent freiné par les blessures et aujourd’hui classé 454e mondial, ce match disputé aux côtés de son ami marquait un retour à la compétition pour la première fois depuis un an, après sa dernière apparition lors de l’Open d’Australie.

Une opération rare et un chemin médical incertain

À l’issue du succès face à la paire Ebden/Ram (5-7, 6-4, 10-8), l’Australien n’a pas caché son émotion : « Ce que j’ai traversé ces douze derniers mois est complètement fou. J’ai parlé à énormément de chirurgiens, beaucoup de médecins, j’ai même parlé au médecin de Rafa, et lui-même n’était pas vraiment sûr de ce qui se passait. C’était assez dingue. »

L’absence de solution claire a longtemps retardé une décision pourtant devenue inévitable : « Aucun kiné ni médecin que j’ai vus n’était vraiment à l’aise ou confiant sur la bonne marche à suivre. Mais je ne voulais plus continuer comme avant. Je jouais un match, parfois je faisais une grosse victoire, et ensuite mon bras était détruit pour les tours suivants. »

Puis, l’opération elle-même : « J’ai littéralement coupé la moitié de mon pectoral. Je jouais avec une cicatrice fibreuse depuis cinq ans. Beaucoup de chirurgiens ne voulaient pas opérer, ils disaient que c’était trop risqué, que ça n’avait jamais été fait au tennis. J’ai aujourd’hui un tendon d’Achille d’une personne décédée dans mon bras pour rattacher mon pectoral à mon épaule. »

L’une des grandes difficultés pour Kokkinakis a été l’absence totale de références pour se reconstruire : « Revenir d’un processus comme celui-là est très dur, parce qu’on n’a personne à qui parler. Personne n’a fait ça avant. Pour les ligaments croisés ou les ruptures du tendon d’Achille, il y a des précédents. Là, je dois avancer à l’aveugle. »

Un quotidien encore instable : « Il y a des jours où ça va, et d’autres où je me dis qu’il n’y a aucune chance que je rejoue un jour. »

Kyrgios, témoin et soutien

Nick Kyrgios, lui aussi souvent freiné par des pépins physiques, n’a pas caché son admiration : « Les gens sous-estiment à quel point cela demande du travail. Parce qu’on ne joue pas à plein temps, ils pensent qu’on ne fait pas grand-chose. En réalité, on gère encore plus la charge, les soins, la préparation. Et comme il l’a dit, il n’y a personne à qui demander conseil pour ce genre de blessures. »

Sur le niveau affiché par la paire, Kyrgios s’est dit surpris : « Honnêtement, on a été surpris par notre niveau. Ça ne ressemblait pas à un retour après une année d’absence pour Thanasi. On jouait contre deux des meilleurs joueurs de double. »

Sans se projeter excessivement : « Si son corps tient et que le mien va bien, on verra ce que l’année peut donner en double. Mais on ne s’emballe pas. On prend les choses jour après jour. »

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