Nick Kyrgios, battu à Brisbane : « Je ne suis plus le joueur que j’étais en 2022 »

Battu par Aleksandar Kovacevic à Brisbane pour son retour en simple, Nick Kyrgios s’est longuement confié en conférence de presse sur son corps, ses limites actuelles et ses motivations pour continuer.
Nick Kyrgios s'est confié en conférence de presse après sa défaite à Brisbane (Albert Perez/Getty Images) Nick Kyrgios s'est confié en conférence de presse après sa défaite à Brisbane (Albert Perez/Getty Images)
Nick Kyrgios s'est confié en conférence de presse après sa défaite à Brisbane (Albert Perez/Getty Images)

Pour son premier match en simple depuis mars 2025, Nick Kyrgios s’est incliné en deux sets face à Aleksandar Kovacevic à Brisbane (6-3, 6-4). Un retour compliqué que l’Australien a analysé en conférence de presse, évoquant son rapport au public, son corps profondément marqué par les opérations, et ce qui le pousse encore à monter sur un court.

« C’est une étape »

Malgré l’élimination, Kyrgios a d’abord insisté sur le plaisir ressenti à rejouer devant le public : « Ça faisait du bien. Le dernier mois a été très intense et vraiment fun. Évidemment, le résultat n’est pas celui que je voulais aujourd’hui. Mais à ce stade de ma carrière, chaque fois que je rentre sur le court, c’est beaucoup de plaisir. »

Interrogé sur l’Open d’Australie et la question d’une éventuelle wild card, Kyrgios a rappelé que ce retour s’inscrivait dans un processus plus large : « C’est une étape. J’ai parlé avec Medvedev dans les vestiaires, et il m’a dit : “Quand tu joues un match de temps en temps, ça ne se passe pas toujours comme tu veux.” Tant que je me sens bien physiquement, je veux m’en servir comme base, pas seulement pour l’Open d’Australie, mais pour cette année, quoi qu’elle réserve. »

« Après ces opérations, on ne redevient pas le même joueur »

Très longuement, Kyrgios est revenu sur la différence entre le joueur qu’il est aujourd’hui et celui de 2022 : « J’ai eu une reconstruction du poignet et deux opérations du genou. Je ne redeviendrai jamais celui que j’étais avant. Regardez Thanasi, Del Potro, Thiem, Nishikori… Ces joueurs luttaient pour gagner des Grands Chelems, puis certaines parties de leur corps lâchent. C’est la réalité. »

Une perte de confiance inévitable, selon lui : « En 2022, quand je gagnais plusieurs titres par an, j’étais persuadé d’être le meilleur joueur du monde. C’était presque une illusion, mais quand tu es au sommet, tu te crois imbattable. Après ces opérations, cette croyance disparaît. »

Et un message clair à ceux qui minimisent les conséquences des blessures : « Les gens pensent que tu passes sur la table d’opération, que tu restes sur ton canapé, puis que tu reviens exactement pareil. Ce n’est pas la réalité. Ce n’est pas le sport. »

Il a aussi tenu à saluer son adversaire : « C’est égoïste de ne parler que de moi. Mon adversaire a joué un tennis incroyable. Il est concentré, enthousiaste, il sort d’une grosse saison. Il faut lui rendre crédit. Ce n’est pas comme s’il avait mal joué. »

L’“expérience Kyrgios”, par séquences

Avant le tournoi, Kyrgios avait évoqué son envie d’offrir “l’expérience Kyrgios”. Selon lui, elle s’est exprimée par moments : « Avec Thanasi, on a probablement offert plus de spectacle que le reste du tournoi jusque-là. J’ai donné une moitié de l’expérience Kyrgios, on va dire. »

Sur le match en lui-même, il refuse l’idée d’une lourde défaite : « Il est top 60 mondial, il a très bien servi. J’ai fait un jeu un peu relâché au premier set, je n’ai pas joué beaucoup de tennis récemment, et une fois que la pression disparaît, ça se libère pour lui. Ce n’est pas comme si je m’étais fait détruire. »

Pourquoi continuer ?

Interrogé sur ce qui le motive encore à jouer, Kyrgios a livré une réponse très personnelle : « Il n’y a aucune honte à perdre. Les gens ont peur de perdre aujourd’hui. Moi, je n’ai pas peur. Même si je perds contre quelqu’un que, sur le papier, je ne devrais pas perdre. »

Il assume aussi pleinement la dimension financière : « L’argent n’est pas tout, mais ça reste une motivation. Mes parents n’étaient pas riches. J’ai grandi comme ça. Vouloir gagner de l’argent, ce n’est pas honteux. »

Mais le moteur principal reste ailleurs : « Le mois que je viens de vivre a été génial. Même si ce n’étaient pas des tournois officiels, j’ai prouvé que je pouvais encore électriser des foules, jouer, gagner des matchs en double contre une grande paire. Est-ce que ce sera sur les plus grandes scènes ? Probablement pas. Mais je peux encore faire quelque chose sur un court. »

Le corps, toujours au centre des préoccupations

Enfin, Kyrgios a évoqué son état physique, après avoir été vu se toucher le bras durant le match : « Les gens ne réalisent pas à quel point le tennis est physique aujourd’hui. Les échanges sont longs, les balles sont lourdes, c’est un sport d’usure. »

Pour autant, il veut rester positif : « Si je peux rejouer demain, enchaîner encore un match en double, puis peut-être un autre, qui sait où je peux être dans six à douze mois ? Mais la récupération passe avant tout. »

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