À la veille de leur exhibition à Séoul, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz ont offert une conférence de presse très “propre”, presque sans aspérités : peu de digressions, et une ligne directrice claire : leur rivalité, encore et toujours. Sinner, détendu, a surtout insisté sur deux choses : l’enthousiasme du public sud-coréen et l’idée que ce match, même hors circuit, est une manière idéale de relancer la machine avant Melbourne.
Un match “spécial” dans un calendrier trop serré
Sinner a commencé par rappeler l’évidence moderne : les fenêtres pour organiser ce genre d’événement sont rares. Alors quand elles existent, il faut les saisir, surtout avec un tel accueil.
« Le calendrier est compliqué pour trouver ce type d’espaces (…) dès l’aéroport, on sentait l’énergie. »
Mais il a aussi posé le cadre immédiatement : le vrai objectif, c’est l’Open d’Australie. L’exhibition est un bonus, une montée en régime.
« On veut dessiner un sourire au public, même si on pense déjà à arriver le plus prêts possible en Australie. »
Et puis la phrase qui sert de titre à toute l’histoire :
« Je ne vois pas meilleure façon de commencer la saison que ce duel contre Carlos. »
De Villena aux finales : la rivalité comme accélérateur
Quand il parle de leur premier duel (Challenger de Villena), Sinner se souvient de la défaite et surtout de l’écart entre “le joueur d’avant” et celui d’aujourd’hui.
« Je me souviens de ce moment, je me souviens avoir perdu ce match. »

Il reconnaît aussi ce qui fait la singularité d’Alcaraz, avec un mélange d’admiration et de lucidité.
« Carlos est un joueur très spécial. (…) Pour moi, c’est toujours un plaisir de l’affronter. Là, il est le meilleur du monde. »
Dans son récit, leur face-à-face répété n’est pas juste une storyline : c’est un mécanisme de progression.
« Avoir eu autant de matchs entre nous a été très positif pour moi (…) sans ça, ce serait impossible d’être là où je suis aujourd’hui. »
“Big 2” ? Sinner refuse la prophétie, mais assume le rôle
Interrogé sur l’idée d’un circuit dominé par eux deux, Sinner ne joue pas au devin. Il rappelle les variables : surfaces, forme, dynamiques, saisons longues.
« Je ne peux pas prédire le futur. »
Mais il ne rejette pas l’idée d’un duo moteur : au contraire, il souligne ce qu’ils se donnent mutuellement.
« On s’aide à s’améliorer, à se pousser à la limite. C’est ça le plus important. »
Et il glisse un compliment presque “spectateur” sur Alcaraz :
« Carlos est probablement le joueur le plus divertissant à regarder du circuit. »
“Le tennis m’a fabriqué” : discipline, sacrifices, entourage
Sinner explique ce que le tennis a fait de lui. Pas en mode slogan, plutôt en mode bilan lucide.
« Je suis chanceux de faire quelque chose que j’aime, même si ça a ses défis. »
Il parle de sacrifices (repos, entraînement, alimentation), et de ce que ça forge : une mentalité.
« Tout ça te donne une mentalité forte. Le tennis m’a donné patience, m’a appris à gérer le succès. »
Et surtout, il met en avant un thème central chez les champions stables : les bonnes personnes autour.
« Le plus important, c’est de m’entourer des bonnes personnes (…) celles qui me parlent clairement. »