À 21 ans, Cori Gauff n’est plus une promesse en construction, mais une joueuse installée, consciente de ses forces comme de ses limites. Après sa qualification pour le troisième tour de l’Open d’Australie 2026, l’Américaine n’a pas seulement parlé de résultats ou de tableau. Elle a parlé d’identité.
Dans un tennis féminin souvent associé à la recherche rapide du coup gagnant et à la frappe à plat, Gauff revendique une autre voie. Une voie plus patiente, plus construite, mais tout aussi ambitieuse.
GAUFF VENGE SA LÉGENDE 🇺🇸
Après la défaite de Venus Williams contre Olga Danilovic, Coco Gauff écrase la Serbe et se qualifie pour le troisième tour de l’Open d’Australie.
La n°3 mondiale affrontera sa compatriote Hailey Baptiste pour une place en 1/8 de finale. pic.twitter.com/cppUQjByi2
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) January 21, 2026
Refuser de se transformer pour correspondre à un modèle
Gauff ne nie pas avoir douté : « Il y a eu un moment où je pensais que je devais être beaucoup plus offensive, frapper plus à plat et chercher le winner en permanence », confie-t-elle.
Une remise en question presque inévitable pour une joueuse évoluant dans un circuit où la puissance immédiate est souvent valorisée. Mais cette réflexion l’a menée à une conclusion claire : se forcer à changer n’était pas la solution.
« Ce n’est pas le style avec lequel je me sens à l’aise », tranche-t-elle.
Commander l’échange autrement
Pour Gauff, être agressive ne se résume pas à frapper fort et vite. « Je veux diriger le jeu », explique-t-elle, « mais en mettant de l’effet, en jouant lifté, avec des variations ».

Son tennis repose sur une combinaison précise : hauteur de balle, profondeur, patience dans la construction du point, et choix du bon moment pour accélérer. Une approche qui exige autant de lucidité que de discipline.
« Ce style a plus de sens pour moi que celui de beaucoup d’autres joueuses », affirme-t-elle, sans arrogance, mais avec conviction.
La frontière délicate entre patience et passivité
Gauff est toutefois consciente du piège que peut représenter ce type de jeu. La nuance est fine entre contrôle et attentisme.
« Je dois simplement faire attention à ne pas devenir trop passive », reconnaît-elle.
Tout l’enjeu est là : continuer à imposer son rythme sans subir, varier sans reculer, user sans renoncer à l’initiative. Un équilibre subtil, qui demande une maturité tactique croissante — précisément ce que Gauff semble être en train d’acquérir.
À travers ses mots, Gauff ne parle pas uniquement d’elle. Elle ouvre une réflexion plus globale sur la diversité des styles dans le tennis féminin moderne.