Vous ne connaissiez peut-être pas Arthur Géa il y a encore une semaine, mais son nom et son visage sont désormais bien identifiés. Le jeune joueur originaire de Carpentras, classé à la 198e place mondiale, a écrit une première page marquante de son histoire avec la petite balle jaune lors de cet Open d’Australie, en atteignant avec brio le deuxième tour et en échouant de peu aux portes du troisième.
Après trois échecs consécutifs en qualifications à Roland-Garros, le Français avait déjà franchi une étape importante de sa carrière en se qualifiant pour le tableau principal à Melbourne. Porté par une belle dynamique née de son titre remporté au Challenger 75 de Nouméa, Géa s’est laissé porter par son jeu. Sans complexe, il a fait tomber la tête de série n°19, Jiri Lehecka, et s’est offert la plus belle victoire de sa carrière. « C’est incroyable, avait alors soufflé le Vauclusien. Une première victoire, ça fait toujours plaisir. Contre un joueur comme ça, encore plus. »
Encore beaucoup à apprendre en cinq sets
Au deuxième tour, le joueur de 20 ans devait se mesurer à un véritable monument de l’histoire du tennis, le Suisse Stan Wawrinka, deux fois plus âgé que lui. Sur le court de la Kia Arena ce jeudi, difficile de dire lequel des deux était le plus âgé, tant la rencontre est restée équilibrée jusqu’au bout.
Alors qu’il menait deux sets à un, Arthur Géa a senti que son corps commençait à vaciller : « J’ai eu des crampes au milieu du troisième set, dans le quatrième et dans le cinquième, j’ai eu tout le bordel, a raconté Géa après la rencontre face à la presse. J’ai bataillé un peu tout le match contre ça, avec les émotions, ce n’était pas simple. Je pensais que l’adrénaline allait aider sur la fin, mais parfois c’était pire, parfois un peu mieux. À la fin du quatrième, je sentais que ça n’allait pas être une partie de plaisir. »
Arthur Géa disputait là son tout premier match en cinq sets, contrairement à son adversaire, qui jouait le 58e de sa carrière. Et même à bientôt 41 ans, l’expérience des grands rendez-vous reste déterminante. Au moment d’aborder le super tie-break décisif, le corps du Français a fini par dire stop. Les crampes sont revenues avec encore plus d’intensité, rendant ses déplacements plus laborieux et son service moins percutant. L’aventure australienne s’est donc arrêté là, mais elle laisse entrevoir de belles perspectives pour la suite.
De bon augure pour le futur
Ces performances ne sont pas passées inaperçues et ce premier véritable coup d’éclat devrait ouvrir des portes à Géa. D’abord sur le circuit Challenger, bien sûr, puisqu’il reste encore en dehors du top 100 (il pointe virtuellement au 166e rang mondial). Il pourrait également bénéficier d’une nouvelle wild-card à Roland-Garros, pour les qualifications ou le tableau principal, en fonction de ses performances.
Cette aventure semble en tout cas avoir renforcé son envie de disputer les plus grands rendez-vous : « En ayant vu ça de plus près, ça donne envie de jouer davantage de tournois du Grand Chelem. »