Le score est sans appel (6-3, 6-4, 6-4), la série aussi : huit défaites consécutives face à Jannik Sinner. Et pourtant, Ben Shelton ne quitte pas Melbourne abattu. Au contraire. Dans le discours comme dans l’attitude, l’Américain donne l’impression d’un joueur qui a compris où il en est et surtout, ce qui lui manque.
Là où le match s’est joué
Shelton n’élude rien. La clé du match, selon lui, est limpide : le retour sur deuxième balle.
« Il a très bien retourné et il a été très solide au service. La vraie différence aujourd’hui, c’était le retour de deuxième service », explique-t-il. « C’est un domaine où j’ai régressé par rapport au reste du tournoi. »
Le constat est précis, presque chirurgical. Le reste du jeu ? Plutôt encourageant.
« J’ai bien joué du fond, j’ai bien volé, j’ai assez bien servi. Mais contre un joueur comme lui, ça ne suffit pas. »
SINNER DERNIER QUALIFIÉ ⭐️
Jannik Sinner s’impose pour la neuvième fois d’affilée contre Ben Shelton et se qualifie en demi-finales de l’Open d’Australie. 🔥🇮🇹
Le n°2 mondial affrontera Novak Djokovic pour une place en finale. pic.twitter.com/8U2kWgwPRO
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) January 28, 2026
Le sentiment d’être proche… sans y être encore
Ce qui ressort surtout de cette conférence de presse, c’est la conviction intime d’un joueur en transition.
« Mon niveau est meilleur. Je me sens moins limité qu’avant », affirme Shelton. « J’arrive à un point où ce sont toujours les plus grands défis du jeu qui m’arrêtent. Et honnêtement, je pense que je suis proche de tout assembler. »
Il le sait : le déclic ne se décrète pas.
« Il suffira d’une fois où tout s’aligne vraiment. Ça a toujours fonctionné comme ça pour moi. »
Le temps, le travail… et la patience
Shelton ne se cache pas derrière la frustration. Il l’accepte, la canalise.
« Les résultats n’arrivent pas toujours quand on le veut. C’est une question de temps et de travail. J’essaie de mettre toutes les pièces ensemble, parce que je ne suis pas encore complet. Mais je me sens de plus en plus complet. »

Un détail revient souvent : jouer devant au score.
« J’aimerais me voir mener face à ces joueurs-là, voir comment je réagis. Je sais ce que je ressens quand je suis devant dans un Grand Chelem. »
Un autre joueur qu’il y a un an
Comparé à son Shelton version 2025, l’Américain se voit transformé.
« Je suis beaucoup plus professionnel : mes entraînements, ma préparation, mes routines, le nombre de matchs que je regarde, mon niveau de concentration. »
Et surtout, un jeu plus construit.
« Il y a un an, contre Jannik ici, mon niveau était tombé très vite. Les deux derniers sets n’étaient pas compétitifs. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »
Ce qui lui manque encore face à l’élite
Shelton ne tourne pas autour du pot : face à Sinner — et par extension Carlos Alcaraz — il faut plus.
« J’avais besoin d’être plus agressif, avec plus d’intention sur le deuxième service. Contre d’autres joueurs, tu peux te contenter de remettre la balle. Pas contre lui. »
Sinner, lui, n’a rien laissé passer.
« Il a attaqué dès ma deuxième balle. Je lui ai rendu la tâche trop facile. »