À peine le dernier point joué, Carlos Alcaraz avait encore du mal à réaliser l’ampleur de son exploit. L’Espagnol a décrit une sensation « incroyable », évoquant un objectif qu’il avait en tête depuis longtemps.
L’Open d’Australie représentait jusqu’ici un territoire hostile pour lui, un tournoi où il n’avait jamais dépassé les quarts de finale.
Plus prêt mentalement, techniquement, plus affamé, Alcaraz a expliqué avoir travaillé dur pour se donner enfin les moyens d’aller au bout à Melbourne, un accomplissement qui lui permet désormais de compléter le Grand Chelem en carrière.
Carlos, peux-tu mettre des mots sur ce que tu ressens à l’instant ?
Carlos Alcaraz : C’est une sensation incroyable. Compléter le Grand Chelem en carrière était quelque chose que j’avais en tête. À chaque fois que je viens ici en Australie, je me prépare mentalement pour ce tournoi, pour travailler aussi dur que possible et être aussi prêt que possible. Les années précédentes, ça ne s’était pas passé comme je l’espérais, mais je suis vraiment heureux de m’être poussé à devenir meilleur et que ça arrive enfin cette année.
Maintenant que tu as remporté le Grand Chelem en carrière à un âge aussi jeune, peux-tu rêver de gagner les quatre la même année ?
Carlos Alcaraz : Ce serait un immense défi. Ce sont de très grands mots, pour être honnête. Je préfère avancer étape par étape. Le prochain objectif est Roland-Garros. J’ai de très bons souvenirs là-bas, je m’y sens toujours spécial. Je ne veux pas me mettre une pression énorme en me disant que je dois absolument gagner les quatre. Pour l’instant, je vais essayer de bien récupérer, de bien m’entraîner et d’être prêt pour le prochain tournoi.
Qu’est-ce qui a changé dans le deuxième set après un premier set dominé par Novak ?
Carlos Alcaraz : Le tennis peut basculer sur un seul point. Une faute, un coup raté peut changer complètement un match. Le premier set a été très bien joué par Novak, à un niveau incroyable. Dans le deuxième set, dès le premier jeu, il a fait quelques fautes qu’il n’avait pas faites auparavant. Cela m’a apporté plus de calme et de confiance. J’ai changé légèrement certaines choses tactiquement par rapport au premier set, et ça m’a aidé à revenir dans le match et à me sentir plus à l’aise.
En quoi ce titre est-il différent de tes autres victoires en Grand Chelem ?
Carlos Alcaraz : C’est différent parce que je revenais d’une situation inhabituelle pour moi, avec beaucoup de gens qui doutaient de mon niveau. Chaque année, je venais ici en pensant au trophée, mais je n’avais jamais dépassé les quarts de finale. Cette année, je suis arrivé plus affamé, plus ambitieux, et mentalement assez fort pour ne pas écouter les critiques. Réussir ici signifie énormément pour moi. C’est un rêve devenu réalité.
Novak a eu des mots très forts pour toi. Comment juges-tu sa performance ce soir et sur l’ensemble du tournoi ?
Carlos Alcaraz : Ce qu’il fait est une source d’inspiration pour tous les athlètes, pas seulement les joueurs de tennis. Il met son corps, son esprit et toute sa vie au service de ce sport pour jouer encore une finale de Grand Chelem. Beaucoup disaient qu’il ne battrait pas Jannik ou qu’il ne serait plus en finale. Il l’a fait, en jouant un tennis incroyable. S’il maintient ce niveau, il gagnera encore de très grands tournois.
C’est ton premier Grand Chelem sans Juan Carlos Ferrero présent ici. Avais-tu une motivation supplémentaire pour prouver que tu pouvais gagner sans lui ?
Carlos Alcaraz : Pas vraiment, honnêtement. Je suis venu jouer pour moi et pour mon équipe. Je savais tout le travail qu’ils avaient accompli pour me préparer. Je me suis concentré uniquement sur mon jeu, sur moi-même, et c’est tout ce à quoi je pensais pendant le tournoi.
Maintenant que cet objectif majeur est accompli, d’où vient la motivation pour continuer à viser plus haut ?
Carlos Alcaraz : Je déteste perdre. C’est ma principale motivation. Il y a encore des tournois que je veux absolument gagner au moins une fois, comme certains Masters 1000, les ATP Finals ou encore la Coupe Davis pour l’Espagne. Je me fixe de nouveaux objectifs et j’essaierai d’être prêt pour les atteindre.
Peux-tu nous parler de l’échange avec Novak juste après la balle de match ?
Carlos Alcaraz : Il m’a simplement dit félicitations et que je le méritais. Je lui ai dit que c’était toujours un immense plaisir de partager le court avec lui, encore plus en finale de Grand Chelem. Ressentir son aura de l’autre côté du filet est un privilège. C’est une masterclass permanente. Cet échange était avant tout une marque de respect.
As-tu pleinement conscience de l’histoire que tu es en train d’écrire ?
Carlos Alcaraz : J’essaie. Le tennis est magnifique, mais on enchaîne les tournois chaque semaine, et parfois on ne réalise pas ce qu’on accomplit. Cette année, j’ai appris à apprécier chaque instant, pas seulement les trophées, mais aussi les matchs, les victoires, les défaites. C’est un honneur de voir mon nom entrer dans l’histoire du tennis.
Un tatouage par Grand Chelem. Une idée pour celui-ci ?
Carlos Alcaraz : Ce sera un kangourou, c’est sûr. Un petit kangourou. Je ne sais pas encore exactement où, probablement sur la jambe. Il faudra choisir le bon endroit.