Alexander Zverev critique le calendrier ATP : « C’est malheureusement la triste réalité »

Alexander Zverev s’est exprimé avant son entrée en lice au Masters 1000 de Cincinnati. Le n°2 mondial revient sur son statut de champion en Grand Chelem, critique le format des Masters 1000 sur deux semaines et évoque les absences de Jannik Sinner et Carlos Alcaraz ainsi que la longévité de Novak Djokovic.
Alexander Zverev s'est incliné au deuxième tour du Masters 1000 de Montréal (Minas Panagiotakis/Getty Images) Alexander Zverev s'est incliné au deuxième tour du Masters 1000 de Montréal (Minas Panagiotakis/Getty Images)
Alexander Zverev s'est incliné au deuxième tour du Masters 1000 de Montréal (Minas Panagiotakis/Getty Images)

Après un tournoi canadien manqué, Alexander Zverev veut rapidement tourner la page. L’Allemand avait été éliminé dès son entrée en lice au Masters 1000 de Montréal par Tallon Griekspoor (6-7, 6-2, 6-4), qualifiant ensuite cette rencontre de « pire match de la saison ».

Cincinnati représente donc une nouvelle occasion de retrouver des sensations avant le dernier Grand Chelem de l’année.

Zverev veut retrouver son meilleur niveau avant l’US Open

Cette saison a évidemment une saveur particulière pour Alexander Zverev. L’Allemand aborde pour la première fois cette partie de l’année avec le statut de champion en Grand Chelem.

Un accomplissement majeur qui lui a apporté une confiance supplémentaire, sans pour autant bouleverser son approche : « Je ne sais pas si j’ai changé, mais je pense qu’il y a une certaine confiance qui vient avec le fait de gagner un Grand Chelem. Il y a aussi une certaine satisfaction qui accompagne cela. »

Mais Zverev refuse de rester focalisé sur ce succès : « Pour moi, c’est génial, mais c’est désormais un peu dans le passé. Je suis ici pour, je l’espère, bien jouer et obtenir de bons résultats sur dur. »

Son véritable objectif se situe déjà quelques semaines plus loin : « J’essaie de me préparer et de retrouver ma meilleure forme avant l’US Open. C’est là où j’en suis. »

Les absences de Sinner et Alcaraz changent-elles le tournoi ?

Comme au Canada, le tableau de Cincinnati sera privé de plusieurs immenses noms. Jannik Sinner et Carlos Alcaraz ne sont notamment pas présents. Une situation qui pourrait logiquement augmenter les ambitions de Zverev, n°2 mondial et l’un des principaux favoris au titre.

L’Allemand reconnaît que l’absence de Sinner change forcément quelque peu la physionomie du tournoi : « Je pense que ça change un peu les choses, surtout avec Jannik qui n’est pas là. Il a pratiquement remporté tous les Masters auxquels il a participé cette année. »

Mais pas question pour autant de considérer que le chemin vers le titre est désormais ouvert : « Pour moi, cela ne change pas grand-chose. Je veux toujours affronter les meilleurs. Je veux toujours jouer contre les meilleurs. »

Après sa contre-performance à Montréal, sa priorité est surtout ailleurs : « J’espère simplement arriver avec mon tennis, jouer mieux qu’au Canada et nous verrons jusqu’où je peux aller dans ce tournoi. »

« Je n’ai pas bien joué au Canada »

Zverev ne cache d’ailleurs pas ses difficultés depuis son retour sur dur.

Après une saison sur gazon plus longue que celles auxquelles il était habitué, l’Allemand explique avoir eu besoin de davantage de temps pour retrouver ses repères : « Ce n’est pas naturel. C’est également une transition difficile pour moi parce que la balle rebondit beaucoup plus haut. »

Son parcours prolongé sur gazon jusqu’en finale de Wimbledon a également changé ses habitudes : « Je n’avais jamais joué aussi longtemps sur gazon. Je n’avais donc jamais vraiment eu le temps de m’habituer à la surface, ce que j’ai fait cette année. J’ai joué presque deux semaines de plus que d’habitude. »

Le passage au dur nécessite donc quelques ajustements : « Il y a certaines adaptations à faire. Je n’ai pas bien joué au Canada. Je ne me sentais pas bien sur le court au Canada non plus. J’espère donc franchir une étape ici. »

Zverev critique les Masters 1000 sur deux semaines

Alexander Zverev s’est également montré particulièrement intéressant lorsqu’il a été interrogé sur l’évolution du calendrier ATP. Avec les Masters 1000 du Canada et de Cincinnati disputés dans des formats allongés avant l’US Open, les meilleurs joueurs peuvent passer une immense partie de l’été en Amérique du Nord.

Pour Zverev, ce système pousse directement certains joueurs à faire des choix : « Je pense que c’est malheureusement ce que provoquent les tournois sur deux semaines. Surtout lorsqu’un Grand Chelem arrive juste après. »

L’Allemand donne une idée très concrète du problème : « Si vous jouez tout et que vous êtes un joueur de premier plan, vous passez sept semaines ici en Amérique du Nord. C’est assez long. »

Selon lui, ce calendrier explique directement certaines absences observées au Canada ces dernières années : « Je pense que c’est pour cette raison que beaucoup de meilleurs joueurs choisissent de ne pas jouer au Canada depuis plusieurs années. C’est malheureusement la triste réalité. »

Lorsqu’on lui demande comment résoudre le problème, sa réponse est particulièrement directe : « Comme c’était avant. C’est assez simple. »

Zverev se montre ainsi favorable à un retour à un format plus court pour ces Masters 1000. La discussion s’est ensuite déplacée vers l’un des principaux arguments pouvant justifier l’allongement des Masters 1000 : les revenus supplémentaires générés par davantage de journées et un tableau plus important.

Mais Zverev a livré un exemple personnel étonnant pour nuancer cette idée. L’Allemand a remporté le Masters 1000 de Rome une première fois en 2017, avant de soulever de nouveau le trophée sept ans plus tard, en 2024.

Et selon lui, sa prime de champion avait diminué : « J’ai gagné le Masters de Rome en 2017 et je crois que j’avais reçu près d’un million d’euros en le remportant. Je l’ai remporté sept ans plus tard, en 2024, et j’ai reçu 900 000 euros. J’ai donc gagné moins d’argent en remportant le même tournoi sept ans plus tard que sept ans auparavant. »

Zverev impressionné par Djokovic : « Il pourrait rester dans le Top 5 encore plusieurs années »

L’un des passages les plus marquants de cette conférence concerne Novak Djokovic. À 39 ans, le Serbe continue de rivaliser avec les meilleurs joueurs du monde malgré un calendrier désormais beaucoup plus sélectif.

Pour Alexander Zverev, son niveau reste suffisamment élevé pour lui permettre de rester parmi les cinq meilleurs joueurs du monde pendant encore plusieurs saisons s’il le souhaitait réellement : « C’est incroyable. Je pense que Novak, s’il le décidait, pourrait probablement rester dans le Top 5 pendant encore trois ou quatre ans facilement, ou deux ou trois ans facilement. »

L’Allemand va même plus loin : « S’il jouait un calendrier complet et que son objectif était réellement de rester dans le Top 5, il y resterait, parce que son niveau de tennis est tout simplement aussi bon que ça. »

Zverev reconnaît néanmoins que le véritable obstacle se situe désormais davantage dans l’exigence physique des Grands Chelems : « À un moment donné, cela devient difficile de jouer des matchs au meilleur des cinq sets contre les meilleurs, les uns après les autres. »

Selon lui, ce n’est pas nécessairement la capacité de Djokovic à produire un tennis de très haut niveau qui pose problème, mais plutôt celle à répéter ces efforts : « Être sur le court pendant cinq heures ou cinq heures et demie et gagner ce genre de matchs demande un effort incroyable. Mais devoir revenir deux jours plus tard et affronter ensuite le n°1 ou le n°2 mondial, je pense que c’est une tâche difficile à 39 ans. »

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