Frances Tiafoe a vécu une soirée qu’il n’est pas près d’oublier. Mené deux sets à zéro par Alex Michelsen, puis à nouveau en difficulté dans la cinquième manche, l’Américain a finalement arraché sa qualification pour les demi-finales de l’US Open après 4h38 de combat (5-7, 3-6, 7-5, 6-3, 7-6(6)). Il affrontera Ben Shelton pour une place en finale.
Après la rencontre, Tiafoe n’a pas cherché à embellir son début de match. Il a reconnu avoir été très loin de son meilleur tennis, avant de profiter d’une ouverture pour retrouver progressivement ses sensations et faire basculer la rencontre.
« J’ai vraiment attendu la dernière minute »
Interrogé sur la différence de niveau entre les premières manches et la fin de la rencontre, Tiafoe a livré une analyse sans détour.
« C’était lent, c’était plat. Je suis très critique envers moi-même. Ce n’était pas bon, disons-le comme ça. Ce n’était pas bon. »
L’Américain estime que le format en cinq sets lui a offert le temps nécessaire pour se reprendre.
« Le format en trois sets gagnants est une bénédiction, parce que vous avez le temps de vous remettre dedans. J’ai vraiment attendu la dernière minute. »
Une fois le momentum retrouvé, il a progressivement réussi à imposer davantage son jeu.
« J’ai finalement réussi à prendre de l’élan, à mettre quelques balles dans le court, à entrer dans les échanges, à me retrouver au filet, à réussir de bons coups pour faire réagir le public. »
Pour Tiafoe, la rencontre illustre parfaitement la manière dont un seul point peut transformer un match de tennis.
« Vous voyez une petite ouverture, vous voyez des tournants. Un point peut faire que, tout à coup, quatre heures plus tard, vous êtes dans un combat, simplement à cause de ce point. Le tennis est un sport unique comme ça. »
« C’était une victoire digne de Braveheart »
Tiafoe ne minimise pas l’importance de ce succès, même s’il a déjà remporté plusieurs grands matchs à New York.
« Le moment est énorme. On ne peut pas le minimiser. Le moment est énorme. J’ai gagné beaucoup de grands matchs ici, j’ai aussi perdu beaucoup de matchs difficiles ici. Ça fait un bien fou d’avoir réussi à gagner celui-là. »
Le scénario rend cette victoire encore plus particulière à ses yeux.
« Et puis la manière dont ça s’est passé. Mené deux sets à zéro, lui qui sert pour le match, moi qui suis mené d’un break au début du cinquième. Il y a eu tellement de moments où j’étais derrière. J’aurais même pu être mené de deux breaks dans le troisième. »
L’Américain a alors utilisé une comparaison particulièrement imagée.
« C’était fou. C’était clairement une victoire digne de Braveheart. Elle se classe assez haut parmi mes plus grandes victoires en Grand Chelem. Je ne sais pas exactement où, mais elle se classe assez haut. »
L’accolade avec Michelsen : « Il pleurait vraiment sur mon épaule »
La fin de la rencontre a également été marquée par une image forte : Alex Michelsen, en larmes dans les bras de son adversaire après être passé si près de sa première demi-finale en Grand Chelem.
Tiafoe a expliqué que leur amitié avait immédiatement pris le dessus sur l’euphorie de la victoire.
« Nous sommes simplement de bons amis. Peut-être que si ça avait été un joueur étranger ou européen, j’aurais eu une réaction immédiate plus importante. Mais j’aime vraiment Alex. Vraiment beaucoup. Je voulais simplement aller le voir et lui taper dans la main. »
Il ne s’attendait toutefois pas à ce que leur accolade dure aussi longtemps.
« Je ne pensais pas que ça allait durer aussi longtemps, mais je comprends le moment. Il pleurait vraiment sur mon épaule. Nous avons échangé quelques mots, et c’est tout. »
De son côté, Michelsen a expliqué en conférence de presse que les paroles personnelles de Tiafoe l’avaient particulièrement touché.
« Vous allez en gagner, vous allez en perdre »
Cette victoire intervient après plusieurs défaites difficiles en Grand Chelem cette saison. Tiafoe assure toutefois ne pas avoir repensé à ces expériences lorsqu’il était en difficulté.
« C’est le tennis, mec. Vous allez en gagner, vous allez en perdre. Je ne pensais pas à ça. Je ne pensais pas au nombre de matchs difficiles que j’avais eus. »
Il reconnaît avoir parfois le sentiment que les choses devaient finir par tourner en sa faveur.
« Si quelque chose me traversait l’esprit, c’était plutôt que j’allais bien finir par avoir de la chance à un moment donné, non ? Parce que j’ai connu ces défaites, mais j’ai aussi gagné beaucoup de grands matchs en Grand Chelem et dans d’autres tournois. »
Son objectif était surtout de rester dans le présent et de ne pas abandonner.
« Je pensais simplement à essayer de rester dans le moment et à continuer à pousser, parce que c’est un quart de finale de Grand Chelem. Il faut tout laisser sur le court. »
Tiafoe assure même qu’il aurait accepté la défaite s’il avait eu le sentiment d’avoir tout donné.
« À la fin, j’étais en paix avec n’importe quel résultat, parce que je lui donnais tout ce que j’avais ce jour-là. Même si ce n’était pas mon meilleur tennis, je lui donnais absolument tout ce que j’avais. »
« Je ne suis plus la personne que j’étais en 2022 ou en 2024 »
Qualifié pour sa troisième demi-finale en Grand Chelem, après celles disputées à l’US Open en 2022 et 2024, Tiafoe estime avoir considérablement évolué depuis ses précédents parcours.
« Je suis simplement une personne différente, de manière générale. Ces deux parcours étaient formidables, ce sont des choses que je chérirai pour toujours, mais je ne suis plus la personne que j’étais quand j’ai atteint une demi-finale en 2022 ou en 2024. »
Il attend désormais de découvrir ce que cette nouvelle version de lui-même sera capable de produire.
« Je ne suis plus cette personne. J’ai hâte de voir ce que le moi d’aujourd’hui fera vendredi. »
Malgré l’euphorie, l’Américain refuse de considérer cette qualification comme un aboutissement.
« J’ai des ambitions plus élevées pour moi-même. Donc oui, c’est formidable. Le tournoi continue. Il y a encore beaucoup de tennis à jouer, beaucoup de sets à disputer et beaucoup d’efforts physiques à fournir. Nous allons profiter de ce moment, mais nous devons continuer. »